Covid : la CGT contre la vaccination obligatoire des soignants… après avoir dénoncé l’incapacité du gouvernement à les vacciner

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Au CH de Périgueux, l'idée de la vaccination obligatoire des soignants retourne la CGT (© Google Maps)
Au CH de Périgueux, l’idée de la vaccination obligatoire des soignants retourne la CGT (© Google Maps)

La secrétaire générale de la CGT du centre hospitalier de Périgueux Mary Marietta s’oppose à l’idée que la vaccination puisse devenir obligatoire pour les personnels soignants, annonçait France Bleu Périgord hier vendredi 09 juillet 2021. Fin janvier dernier, la même responsable syndicale s’indignait de l’incapacité du gouvernement à vacciner ceux-ci.

« Incompréhension ». C’était le premier terme que faisait valoir la CGT du centre hospitalier de Périgueux dans un mail expédié à l’agence régionale de santé (ARS) Nouvelle-Aquitaine et à son antenne en Dordogne, le 20 janvier dernier. Entre les discours des décideurs et leur mise en œuvre, il y aurait eu parfois une discordance, cela aurait été selon. « Les pratiques vaccinales divergent d’un établissement à l’autre, d’une région à l’autre ». Le centre hospitalier de Périgueux se serait alors situé dans le camp des établissements où la campagne de vaccination « pénaliserait » ses soignants, qui n’auraient pas été vaccinés. Ce mail expédié en copie à plusieurs personnalités politiques du territoire périgourdin évoquait l’ensemble des soignants. Même si la secrétaire générale du syndicat du centre hospitalier de Périgueux Marietta Mary le commentait alors en introduisant de la nuance. Elle déclarait en effet qu’ « il n’exist(ait) aucune irrégularité » et que les personnes de plus de 50 ans ou qui présentaient des facteurs de comorbidités étaient bien « prioritaires », qu’elles aient travaillé dans les services administratifs ou dans les services de soins, ce qui lui semblait au demeurant tout à fait légitime. « Le vaccin est fait pour tout le personnel ». De quoi surtout, à l’époque, balayer une rumeur qui voulait que les administratifs passent avant leurs collègues soignants.

« La faute au gouvernement -et surtout pas à la direction de l’hôpital »

« Les personnels travaillent en parfaite concertation avec la direction du centre hospitalier de Périgueux ». Fin janvier 2021, pas de querelle interne à l’origine de la colère de la CGT, loin de là, insistait Marietta Mary. Non, c’était au gouvernement que la responsabilité de la campagne de vaccination aurait bel et bien dû incomber. Dans son mail à l’ARS, le syndicat pointait d’ailleurs l’absence de communication du nombre des contaminations Covid dans les rangs de tous les personnels soignants de France.

« Malgré la pluie de consignes, parfois contradictoires, les établissements s’adaptent »

Changements de consignes, contradictoires parfois -quand elles n’étaient pas « incohérentes »- se faisaient « à une telle vitesse qu’il est complexe d’organiser les actions », tempêtait la CGT. Qui rappelait qu’après avoir été informés par les ARS, les établissements de soins étaient missionnés pour les appliquer. L’affaire durait depuis le début de l’épidémie, et tant pis si elle leur donnait le tournis.

« Le centre hospitalier de Périgueux a prouvé sa réactivité et sa créativité »

Au centre hospitalier (CH) de Périgueux, on se serait d’ailleurs plutôt brillamment débrouillé. La CGT soulignait ainsi que l’établissement « a(vait) su prouver sa réactivité et sa créativité en ouvrant un centre de vaccination en une semaine qui devait servir la vaccination des personnels hospitaliers ». Sachant que si « la tâche (était) importante », elle restait surmontable : « la structure était adaptée ».

« En augmentant la cadence de la vaccination, le gouvernement n’a pas pensé qu’elle pénaliserait les hospitaliers »

Sauf que, le gouvernement toujours, confronté à « de vives critiques sur la lenteur de la vaccination a décidé d’accélérer la cadence sans penser qu’elle pénaliserait les hospitaliers ». Total : en Dordogne, poursuivait la CGT dans ce mail de fin janvier, ce changement de braquet aurait dérouté le CH de Périgueux de son cap. « À vouloir trop accélérer, l’établissement n’a pas pu mener sa mission prioritaire, qui était de vacciner ses propres agents ». La CGT se disait atterrée de « constater » qu’en appliquant « des directives qui privilégient la vaccination des personnes âgées de plus de 75 ans, les soignants passent au second plan ». En résumé, le mail évoquait un « délaissement des agents prioritaires ». Pourtant, Marietta Mary avait conjointement certifié que les personnels hospitaliers de plus de 50 ans avaient été vaccinés, de sorte que l’impact de l’impéritie des pouvoirs publics, même regrettable, restait limité à une partie des soignants.

« L’hôpital est seul à vacciner la population, alors même que les soignants ne sont pas vaccinés »

Difficile de tenir le coup, poursuivait en substance le syndicat. Et de rappeler que l’hôpital endossait les tâches, sans les moyens dont il avait besoin. « Comment peut-on accepter que l’hôpital ait la charge totale de vacciner la population, alors même que les soignants ne le sont pas ? ». C’était un sort bien « injuste » qui était fait aux « héros » que la population applaudissait à 20h lors du premier confinement -il n’y avait de nouveau pas de distinction entre les tranches d’âge.

« Tout le personnel de la clinique Francheville est vacciné, alors qu’elle n’accueille pas de patients Covid »

Impossible de généraliser la situation de l’hôpital de Périgueux décrite dans ce mail à ses homologues en France. La preuve était, selon la CGT de l’établissement, à portée de main. « La clinique Francheville a su vacciner l’ensemble de son personnel, sans distinction d’âge, alors même qu’ils n’ont pas de patient Covid ». Avant de citer d’autres cas de « stratégie en faveur (des) agents » dans des territoires éloignés de la Dordogne. Mais pourquoi le CH de Périgueux y échappait donc, s’interrogeait le syndicat. Avant d’appeler l’ARS, qui « d(evait) » garantir « la protection de la santé des personnels des établissements de santé », à « trouver des solutions » pour faire face à la surcharge en soins. « Il est inacceptable de demander à la fois de mettre tout en œuvre pour lutter contre la Covid et d’assurer en parallèle la vaccination de la population ». Cette mission-là ne lui était pas dévolue, martelait la CGT, qui avançait alors une piste pour sortir l’établissement public de la capitale périgourdine d’une situation qu’elle jugeait accablante. « Ne serait-il pas nécessaire de créer, par exemple, des annexes qui pourraient être gérées par des professionnels libéraux ? ».

En janvier, la CGT bataillait pour que les soignants soient tous vaccinés ; moins de 6 mois plus tard, elle s’oppose à ce qu’ils ne puissent pas y échapper

La CGT du CH de Périgueux est-elle audible en s’opposant aujourd’hui à la vaccination obligatoire des personnels soignants, après avoir dénoncé l’incapacité du gouvernement à tous les vacciner, il y a moins de 6 mois ? Aujourd’hui, elle proteste contre la menace d’une contrainte vaccinale au nom de « la liberté ». Sachant que celle-ci est régulièrement appréciée selon son degré d’empiètement sur celle de l’autre. Ensuite, France Bleu Périgord toujours rapporte que le syndicat demande au ministre de la Santé Olivier Véran s’il insinue, en évoquant cette possible mesure, que les soignants sont responsables des contaminations. Une chose paraît sûre : cette obligation vaccinale des soignants semble bien envisagée parce que des contaminations internes aux établissements de soins ont été constatées, invitant à penser qu’elles étaient évitables, et dans un contexte où, qui plus est, le variant Delta explose, ce qui est tout de même  autre chose que d’accuser les soignants de faire tomber malades les patients. Indiquer que des soignants ont contracté le virus en veillant sur la santé de patients contaminés, comme le fait CGT, empêche-t-il d’envisager que l’inverse se produise ? La campagne de vaccination gagnerait beaucoup à emprunter les chemins du « dialogue » et de la « pédagogie », poursuit le syndicat, rapporte encore France Bleu Périgord. Avant de révéler le vrai motif qui, à ses yeux, anime le gouvernement dans cette éventuelle entreprise contraignante pour les soignants : « la finance ». Au total, si la CGT a bien défendu avec ardeur le principe de vacciner tous les personnels soignants fin janvier, elle témoigne d’autant de tempérament pour s’opposer à ce que ceux-ci ne puissent pas y échapper.

Faire évoluer ses avis est un exercice difficile, qui intervient souvent après un long cheminement intérieur. Sauf à changer de pied pour camper dans son couloir, que ce soit celui de la majorité ou celui de l’opposition, bref, sauf à donner le sentiment de glisser d’un point de vue à l’autre au nom de considérations tactiques. Sentiment qui gagne peut-être Mary Marietta. En effet, le leader CGT déclare également en substance à France Bleu Périgord « s’il faut (se faire vacciner), on va le faire ».

1 COMMENTAIRE

  1. Curieusement aucune statistique lisible n’est produite dans cette avalanche d’information et pire encore aucun médecin , et ils sont des milliers, n’a le droit à la parole qui expliquerait clairement les risques encourus dans les deux sens. Cet omerta est quelque peu surprenante dans un pays démocratique oui la presse serait ouverte à l’information. Que se passe t il vraiment ? Les allergiques chroniques à la vaccination seraient ils considérés comme quantité négligeable ?
    Dans quelle direction veut on nous précipiter ? Un faisceau de questions reste sans réponse!

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