« Vers un zéro médecin à Ribérac d’ici 1 ou 2 ans maximum… et, M. le maire, vous n’avez rien fait pour l’empêcher »

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Philippe Chotard, qui , avec Amandine Chevallier et Philippe Rallion, alerte une nouvelle fois le maire de Ribérac Nicolas Platon, avait mis la création d’une maison de santé faisant appel à des médecins salariés au coeur du programme d’Agir pour Ribérac pendant les municipales 2020 (© Territoire Magazines)

Un post Facebook, daté du 05 juillet 2021. Un post Facebook qui, en rappelant les faits, est assassin. En publiant un courrier au maire de Ribérac Nicolas Platon, les élus du groupe d’opposition Agir pour Ribérac ont retourné les sangs des habitants de la cité et de la communauté de communes du Périgord ribéracois (CCPR). Ils y décrivent le scénario catastrophe auquel ceux-ci sont fortement exposés : l’absence quasi-totale de médecin généraliste, d’ici un ou deux ans maximum. Et pointent la responsabilité du premier magistrat, également vice-président de la CCPR.

Au plan médical, la ville de Ribérac est cette fois au bord du précipice. Le docteur Bernard Picard vient de cesser son activité, après que, face au surgissement de la crise sanitaire, il a une ultime fois retardé son départ à la retraite. Or, plusieurs de ses homologues devraient eux aussi s’en aller, et à brève échéance –« dans les mois qui viennent ». Total : Ribérac pourrait -et cette hypothèse est hélas diaboliquement sérieuse- ne presque plus avoir de médecin généraliste d’ici un an, « deux ans tout au plus ». Ce n’est pas tout : ce scénario-catastrophe devrait se déplier sur l’ensemble de la communauté de communes du Périgord ribéracois (CCPR). Or, si les élus ont été prévenus du danger, ils n’ont pas levé le petit doigt. C’est le constat que dressent les conseillers municipaux du groupe d’opposition Agir pour Ribérac Philippe Chotard, Amandine Chevalier, Philippe Rallion et qui motivent leur courrier au maire de Ribérac Nicolas Platon, également vice-président de la CCPR. En publiant cette lettre sur leur page Facebook (elle est dans son intégralité ICI), ils ont retourné les sangs de la population. Oui, il y avait urgence à empêcher le déroulement ce mauvais film et il se déplie pourtant, alors que les élus ont été alertés de la gravité de la situation. Ce n’est pas faire un procès d’intention que constater dans le même temps qu’ils ne s’en sont pas émus… concrètement, bref, qu’ils sont restés bras croisés.

« Depuis près de 10 ans, les élus ont témoigné une défiance constante aux médecins de Ribérac, qui ont été tenus à l’écart de la réflexion qui s’imposait »

L’urgence à agir ne date pas d’hier, poursuit le trio d’opposants. Voilà près de 10 ans que les médecins de Ribérac ont sonné l’alerte et ils ont fait des propositions pour que des solutions soient trouvées, de sorte d’éviter cette catastrophe. Mais « une défiance constante les a tenus à l’écart » de la réflexion qui s’imposait. Pendant la campagne des municipales 2020, la liste Agir pour Ribérac que Philippe Chotard emmenait avait mis la question de cette pénurie de médecins généralistes au cœur de son programme.

Avant qu’il soit élu maire, Nicolas Platon, qui conduisait la liste Ribérac pour tous, avait d’ailleurs lui-même évoqué le sujet, comme ici ou .

« L’inaction des élus engage leur responsabilité dans cette situation dangereuse pour les habitants de Ribérac et des communes voisines »

Aujourd’hui que Nicolas Platon est à la tête de la ville de Ribérac, qu’il occupe une fonction de vice-président à la CCPR, qu’a-t-il fait en un an ? « Rien ». Or, l’ « inaction » des élus engage leur responsabilité dans cette situation dangereuse pour les habitants de Ribérac et des communes voisines.

Alors, non pas que la question du manque de médecins soit simple à résoudre, poursuit le trio. Reste qu’en se privant, un an durant, de volonté à aboutir et de prise d’initiatives concrètes, « les deux conditions » nécessaires pour y parvenir, il n’y avait aucune chance de venir à bout de ce problème crucial.

Pourtant, les opposants rappellent qu’une réponse adaptée au territoire existe et ils l’avaient prônée pendant la campagne des municipales 2020, déjà : « créer une maison de santé faisant appel à des médecins salariés (…) en complément d’une offre libérale notoirement insuffisante ».

« La création d’une maison de santé faisant appel à des médecins salariés aurait été une réponse, sans augmentation d’impôts à la clé »

Une réponse qui aurait pu être apportée au niveau de la ville de Ribérac… et d’autres cités l’ont précisément appliquée. Et oui, sans davantage d’impôts. Une réponse qui aurait été plus opportune encore si elle avait été apportée au niveau de la CCPR, un degré d’exécution « légitime » aux yeux des élus d’Agir pour Ribérac. Alors certes, il aurait fallu que la CCPR consente à agir ainsi. Reste que ce n’est toujours pas Nicolas Platon qui lui a soufflé d’en avoir l’idée.

Le courrier des opposants prend alors le tour d’un ultime appel à la raison avant la bascule dans le drame. « Au regard de la gravité extrême de la situation, nous vous demandons de prendre enfin l’initiative de cette maison de santé faisant appel à des médecins salariés ». Question de sécurité des habitants, question de maintien des plus âgés d’entre eux sur le territoire, question d’attractivité : quelles nouvelles populations auraient l’idée de venir s’installer dans une terre sans médecin généraliste ? Sachant que Ribérac aurait tant besoin de ce nouveau souffle, qui conditionne par ailleurs le maintien des écoles.

« Prendre des mesures concrètes au lieu de s’en tenir aux promesses sans lendemain »

Oui, il est impératif de témoigner de détermination plutôt que de ne rien faire du tout ; de prendre des mesures concrètes au lieu de s’en tenir aux « promesses sans lendemain ».

Et, au passage, merci Monsieur le maire, de donner des nouvelles du médecin qui devait arriver le 1er mai, c’est qu’il en a été beaucoup, beaucoup fait état… Le trio d’Agir pour Ribérac, pour sa part, avait « dénoncé en son temps l’improvisation autour de ce dossier et l’opacité de son instruction ».

En conclusion, Philippe Chotard, Amandine Chevalier et Philippe Rallion rappellent, qu’ « en matière médicale », ils « attendent de pouvoir soutenir un projet prenant enfin en compte la mesure du problème ».

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