Départementales 2021 : pour le binôme Jérémy Pierre-Nadal-Émilie Labrot, « on ne confie pas la santé à une entreprise privée »

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Ticket de la majorité départementale avec Germinal Peiro sur le canton Isle Manoire avec, au centre, le binôme Jérémy Pierre-Nadal et Émilie Labrot, et les suppléants Gilles Nedoncelle et Evelyne Pommier (DR)

Cap sur le canton Isle Manoire, où Jérémy Pierre-Nadal et Émilie Labrot forment le binôme qui porte les couleurs de « la majorité départementale avec Germinal Peiro ». Il est socialiste, elle est sympathisante PS, et ensemble, ils saluent « l’humanisme » de leur chef de file. L’élu d’opposition de Boulazac Isle Manoire repart aux départementales, elle fait ses premiers pas politiques à Sanilhac, en siégeant dans la majorité depuis les municipales 2020. D’une seule voix, ils priorisent la santé, la cohabitation harmonieuse entre les générations, l’accès équitable au numérique (accès pour tous et sur l’ensemble du territoire), l’appropriation de ses outils, une restauration collective simple et saine. D’une seule voix, ils disent non à l’hypothèse de déviation Est (de Périgueux) dont le projet de tracé passe par Bassillac– après que le président du Département de la Dordogne sortant Germinal Peiro les a « entendus ».

« Il n’y en a pas un qui porte plus notre projet que l’autre ». Jérémy Pierre-Nadal et Émilie Labrot revendiquent former une « véritable » équipe dans la bataille des départementales 2021 sur le canton Isle Manoire, autrement dit un team qui met sur un strict pied d’égalité l’élu de Boulazac, déjà expérimenté en politique, et l’élue de Sanilhac, qui s’est engagée au moment des municipales 2020. Le binôme qui part sous les couleurs de « la majorité départementale avec Germinal Peiro » défend la poursuite d’un objectif : « bien vivre ensemble en Périgord ». Il veut s’inscrire dans les pas de son chef de file, en apportant une touche de nouvelles propositions. Refusant de renoncer aux grands thèmes de sa feuille de route, même s’ils sont communs à des duos concurrents. Le binôme Jérémy Pierre-Nadal-Émilie Labrot trouvera notamment (*) sur la route de son élection le binôme PCF Jacques Auzou-Marie-Claude Varaillas -le premier est le maire historique de Boulazac Isle Manoire, la seconde a été élue sénateur en septembre dernier.

« La santé est notre priorité, mais nous refusons d’en faire un business, comme Jacques Auzou l’entend, à Boulazac Isle Manoire »

« La santé est notre priorité ». Et, encore une fois, qu’importe si c’est aussi celle d’autres duos de candidats, voire de… « tous » dans cette bataille des départementales 2021. Cette préoccupation commune s’avère somme toute logique quand la pénurie de médecins éreinte les habitants des territoires ruraux notamment, et la Dordogne est, hélas, à ce titre gâtée. « C’est un sujet complexe, il n’y a pas de formule magique ». Le duo de la majorité départementale, favorable au développement des centres de santé, souligne « un point de décalage assez fort » avec la vision de l’offre de santé de Jacques Auzou, qui, dans la ville de Boulazac dont il est le premier magistrat, « fait de la santé un business ». C’est dire que le projet de maison de santé XXL annoncé « à 20 jours du scrutin » par celui qui était, en 2020, alors de candidat à sa réélection n’entre pas dans la conception des équipiers Jérémy Pierre-Nadal et Émilie Labrot, sans compter que « le permis de construire n’est pas encore signé ». Ou bien le projet « ne verra jamais le jour », ou bien il est si coûteux qu’ « il y aura un impact sur le prix de la consultation ». Or, cette répercussion-là relèverait d’une vision « libérale » et, pour un équipier d’un binôme PCF, elle apparaît « paradoxale ». Pour sa part, le duo Jérémy Pierre-Nadal-Émilie Labrot est farouchement opposé à la perspective de « confier la santé à une entreprise privée ».

« Nous devons une attention particulière à nos Aînés »

« Nous devons une attention particulière à nos Aînés, qu’une société civilisée ne peut pas abandonner ». Il se trouve que le scrutin des départementales est précisément le moment de rappeler que « le Département accompagne la population, des tranches d’âges les plus jeunes à celles qui sont les plus âgées ». Or, à l’époque à laquelle « trois ou quatre générations se côtoient dans le pays tout entier », pas question d’en laisser à l’écart. Si la priorité va au maintien à domicile des plus âgés d’entre nous, le binôme de la majorité départementale voudrait se pencher sur la période entre la vie chez soi et l’entrée en EHPAD. « On se félicite de la résidence Lou Cantou à Boulazac, mais il en faut d’autres ». C’est vers des solutions du type « maisons partagées, résidences sénior » que le binôme Jérémy Pierre-Nadal-Émilie Labrot croit tenir une piste sérieuse. Reste qu’il arrive que ni rester chez soi, ni vivre dans une structure intermédiaire ne corresponde à la réalité de la dépendance d’une personne âgée. Aussi, le binôme a-t-il « reformulé la proposition d’installer un EHPAD à Boulazac » pour que la proximité avec les entourages soit maintenue.

« Faire raccrocher les habitants à l’usage des outils numériques »

« Prioriser la santé, l’attention à nos Aînés n’exclut bien sûr pas que nous tenions à encourager le maintien des jeunes gens sur le territoire ». Un des moyens pour y parvenir consiste, pour le binôme Jérémy Pierre-Nadal-Émilie Labrot, à « continuer à investir dans le numérique ». Il s’agit déjà que « le réseau coure sur l’ensemble du territoire ». Conjointement, le duo propose une aide aux municipalités afin qu’elles puissent être en capacité de contribuer à faire raccrocher les habitants mal à l’aise, voire perdus quand il faut utiliser les outils numériques, surtout maintenant que les démarches administratives courantes s’effectuent quasiment toutes en ligne. Ce soutien irait aussi aux associations qui œuvrent à ce rattrapage. Évoquer le secteur numérique, c’est aussi bien sûr parler développement économique. Cette fois, il est en revanche temps, aux yeux du binôme de la majorité départementale en lice sur le canton Isle Manoire, de « sortir du modèle économique des zones commerciales ». Le choc de la crise sanitaire , avec l’expérience éprouvante qu’elle a imposée au pays, pourrait au moins révéler la nécessité d’un « changement de logiciel ». Ainsi, les notions de production locale, de consommation locale, qui « semblaient parfois farfelues il y a quelques années » ont surmonté leur période de discrédit. Ces nouvelles directions impliquent les agriculteurs, dont le binôme entend favoriser l’installation ou veiller au maintien. « En matière de sport, loisirs et culture, si nous sommes élus, nous poursuivrons l’action du Département ». Avec le souci qu’aucune cité ne soit oubliée, même si elle est éloignée de la ville centre, à l’exemple de Saint-Geyrac ou de La Douze.

« Si les habitants du territoire que la déviation de Beynac concerne reconduisent les élus en place, c’est qu’ils soutiennent ce projet »

« Pour nous, l’hypothèse de déviation Est par Bassillac, c’est non ». Cette position n’a pas empêché que le président sortant du Département retienne la candidature du binôme de la majorité départementale, qui apprécie son « sens du dialogue », mais aussi sa « manière de gouverner », en opposition avec son prédécesseur (Bernard Cazeau). C’est la seule déviation sur laquelle Jérémy Pierre-Nadal s’exprime, quand c’est une autre qui occupe depuis un moment et très majoritairement le débat public. Top départ d’une partition solo, à laquelle celle de Émilie Labrot fera ensuite écho. « Je n’ai pas d’avis à avoir sur Beynac. Si les habitants du territoire qu’elle concerne reconduisent les élus en place, c’est qu’ils soutiennent ce projet de contournement ». Dit autrement, « les échéances électorales permettent aussi indirectement de se positionner clairement sur ce projet ». À aucun moment, la décision du Conseil d’État qui s’est prononcé définitivement contre celui-ci, n’est évoquée par le binôme masculin, il est également passé sous silence par son homologue féminin. Sur la même longueur d’ondes que Jérémy Pierre-Nadal, l’élue de Sanilhac ajoute que « les décisions ont été prises par les élus locaux et ceux du Département », précisant encore que « Jacques Auzou est vice-président aux routes », laissant à entendre que ses compétences sont une caution dans l’appréciation de la pertinence du projet -pourtant donc définitivement stoppé. Et puis, il n’y a pas que la déviation de Beynac dans la vie périgourdine à la fin. « On ne fait que stigmatiser ce contournement, alors qu’on dit peu que le département de la Dordogne a été retenu dans un appel à projets européen pour être pilote en matière de cantines bio, permettant de bien manger, de manger sainement ». Grâce au modèle doublement éco-certifié (dont une distinction internationale) de Marsaneix (commune fusionnée avec Sanilhac en janvier 2017), reproduit au collège de Belvès et à la cité scolaire Alcide Dusolier de Nontron. « Or, il a fallu que les agents du Départements apprennent à faire évoluer leur métier ». Une cuisine saine et simple, qui privilégie les produits locaux, c’est « la petite graine préférée » de l’élue de Sanilhac, qui tire son chapeau au chef d’équipe de la restauration collective Jean-Marc Mouillac, « devenu maître formateur de tous les cantiniers ».

« Ne pas vouloir connaître les informations, c’est le libre-choix de chacun, d’autant qu’on a accès à tout »

« Ne pas vouloir connaître les informations, c’est le libre-choix de chacun, d’autant qu’on a accès à tout ». Place à la petite partition solo de Émilie Labrot, qui rappelle qu’elle est nouvellement engagée dans la vie publique locale. « Les Français se désintéressent de la politique mais ils ne se demandent pas comment ils bénéficient de routes entretenues, comment le RSA ou l’APA tombent (autant de compétences dévolues aux Départements) ». Aussi veut-elle « ré-intéresser les gens à la vie de la cité ». Voilà pourquoi la question de la transparence de la gouvernance du Département de la Dordogne, dont les candidats qui aspirent à une alternance critiquent vigoureusement les carences, doit, selon la candidate, être reformulée. En se demandant comment ré-aimanter une population boudeuse de l’action publique. De son côté, Émilie Labrot aspire à « davantage de concertation ». Le remède vaudrait pour les agents territoriaux. « La discorde use les équipes ». Dans le même temps, l’élue pointe que ladite concertation… existe déjà au Département. L’exemple de l’opposition à la déviation Est sur le canton Isle Manoire du binôme qu’elle forme avec Jérémy Pierre-Nadal est de nouveau convoqué : « Germinal Peiro nous a entendus ». Enfin, autre « petite graine » de l’élue de Sanilhac : le respect de la biodiversité. « La nature est bien défendue en Dordogne, je prône un équilibre entre pêcheurs, chasseurs et randonneurs ; je souhaite que l’on sache qui fait quoi et comment ». Émilie Labrot s’est engagée dans la vie publique car « beaucoup de choses n’évoluent pas » et qu’elle juge cet immobilisme dommageable, en pensant à ses enfants.

(*) Sont également en lice sur le canton Isle Manoire les deux binômes suivants : Yves Dupont-Julie Jennet pour le Rassemblement national (RN) et Bernard Cassignol-Valérie Martial pour La république en marche (LREM).

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