Départementales 2021 : Jean-Pierre Bouchard-Céline Relaix, un binôme « zéro condamnation pénale » qui dit « stop aux élus qui attisent les divisions entre les gens »

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Jean-Pierre Bouchard et Céline Relaix (© Territoire Magazines)

Sur le canton Vallée Dordogne, le binôme Jean-Pierre BouchardCéline Relaix défend un contre-modèle à la gouvernance du Département de la Dordogne. Objectif : rétablir un débat public apaisé, d’autant que le sectarisme en cours participe à ses yeux à creuser le déficit du Département, qui appartient déjà, parmi ses homologues, au petit club des plus endettés de France. Un débat public dans l’esprit de l’opinion, qui, après avoir voulu la moralisation de la vie publique, continue à aspirer à une politique qui rime avec éthique. Le binôme Jean-Pierre BouchardCéline Relaix aura notamment face à lui le duo Germinal PeiroPatricia Lafon-Gauthier.

« Nous n’avons aucune animosité à l’égard de Germinal Peiro. Simplement, nous aimerions incarner la tolérance, la démocratie, le respect ». Le binôme Jean-Pierre Bouchard- Céline Relaix refuse de souscrire au « type de comportement» du président sortant, qui brigue un nouveau mandat à la tête du Département. Ses conséquences sont à ses yeux bien trop coûteuses pour les Périgourdins. Au sens propre -donc strictement financier- comme au plan humain. Le Département de la Dordogne figure en effet dans le top très resserré du peloton de ses homologues les plus endettés de France et c’est d’autant plus fâcheux que, le nombre de ses habitants diminuant, l’assiette des contribuables rétrécit mécaniquement ; les divisions entre les habitants du territoire sont exaltées. « Nous n’exprimons pas là une opinion, nous nous contentons de dresser un constat ».

Écurie ? La société civile

« Nous sommes issus de la société civile, et de milieux qui ne sont pas nantis ». Jean-Pierre Bouchard et Céline Relaix font valoir leurs expériences respectives de la gestion des dossiers, qui ont en commun une forte dimension humaine. Jean-Pierre Bouchard est psychologue et criminologue, son expertise est reconnue ; quand Céline Relaix dirige le centre de soins du Buisson-de-Cadouin, dont elle a su augmenter, en moins de 10 ans, les effectifs salariés -passés de 11 à 27- dans le même temps qu’elle a créé un service de médecine générale, et une antenne d’hospitalisation à domicile -en 2014- qui couvre une zone blanche. Du concret, quoi.

« Dans les faits, Germinal Peiro a contribué à diminuer la représentation des territoires ruraux au profit des territoires urbains »

« Germinal Peiro était de la majorité socialiste qui a entrepris de remplacer les conseils généraux par des conseils départementaux. Pour ma part, j’y étais défavorable car c’était un appauvrissement très net de la représentation de la ruralité ». Jean-Pierre Bouchard a un exemple illustrant sous la main… le canton Vallée Dordogne dans lequel il se présente, avec Céline Relaix pour binôme. « C’est la réunion des 4 anciens cantons de Domme, Villefranche-du-Périgord, Saint-Cyprien et Belvès. Il y avait donc au total 4 conseillers généraux qui représentaient ce territoire rural ». C’est incontestable, poursuit le duo, en contribuant au redécoupage des cantons qui accompagnait le passage au conseil « départemental », Germinal Peiro a voulu qu’il n’y ait plus que 2 élus au lieu de 4 pour le défendre, en sachant parfaitement que ce rétrécissement s’opérait au profit des grosses agglomérations. « Parce que si l’on a pu croire qu’en ayant 25 cantons en Dordogne au lieu de 50, on allait effectuer des économies d’échelle, en abaissant le nombre d’élus… eh bien on s’est fourvoyés : il y a toujours 50 élus au conseil départemental… comme du temps du conseil général ». Bref, CQFD, les villes ont accru leur représentation, et les cités rurales ont vu la leur diminuer. Allez ensuite refuser de voir dans le canton Vallée Dordogne « une illustration très simple » de ce mauvais coup à la ruralité.

« En 2015, c’était terriblement étonnant de voir qu’aucun élu n’osait se présenter contre Germinal Peiro »

« J’ai été terriblement étonné qu’aucun élu ne souhaite être candidat face à Germinal Peiro en 2015. Il s’agissait pourtant de faire vivre un principe démocratique normal et nécessaire ». À l’époque, Jean-Pierre Bouchard finit par être en proie à « un problème de conscience », qui le taraude assez pour qu’il décide d’y aller, question de « civisme ». En effet, « une partie des électrices et des électeurs ne pouvaient pas rester orphelins, ne pas être représentés ». Sa réflexion et sa mise en application ont toutefois été chronophages, et il part au scrutin « très tard ». De plus, pour la première fois, il a fallu qu’il cherche un binôme féminin (c’est Marie Praderie) -il suffit d’écouter les candidats pour mesurer la difficulté de cette étape sur le chemin d’une participation électorale. Après un atterrissage sur le fil, le duo fait une campagne « minimaliste », nécessairement « sobre » car il dispose de très peu de moyens. « Les électeurs nous ont amenés au 2nd tour, qui constituait nous semble-t-il une première pour Germinal Peiro sur les cantons concernés -notamment sur celui de Domme, du temps de l’ancien découpage ». Or, face au duo, il y a « un homme politique très installé, qui ne fait que ça, et avec des moyens qui, inversement, sont particulièrement importants ». Avec sa binôme, Jean-Pierre Bouchard s’attache à délivrer un message limpide : « Nous ne mentons pas et nous ne faisons aucune promesse qui pourrait ne jamais voir le jour ». En clair, exit l’électoralisme, la sincérité est le pilier et sert de proue.

« Au terme d’une gestion surprenante, il n’y a plus de sujet Beynac. En revanche, les conséquences financières et humaines sont désastreuses »

« Nous avions alors invité les gens à être très attentifs à leur vote de 2nd tour : voter pour le binôme Germinal Peiro-Brigitte Pistolozzi, c’était… bien différent d’un vote en notre faveur ». Même si Germinal Peiro a abusivement prétendu que Pierre Fabre appelait, au nom du Front de gauche, à reporter ses voix (9,39%) sur son duo, à l’évidence, le message des challengers surprise « a été insuffisamment entendu » -37,84% contre 62,16 % au binôme concurrent. Reste que leur participation au 2nd tour « a fait du bruit ». De son côté, dès qu’il connaît les résultats du second tour, Jean-Pierre Bouchard se met « en retrait ». Il devient délibérément « un observateur de la vie locale ». Mais, le mandat écoulé, il est en mesure de dresser un constat, un strict constat donc. « Au terme d’une gestion surprenante de la part du président du Département, il n’y a plus de sujet Beynac. Le cas de la déviation a été jugé par la plus haute juridiction de France, il est impossible d’y revenir ». En revanche, l’ensemble de la Dordogne garde de profondes cicatrices, , notamment en Périgord noir : l’argent public a été dépensé massivement, y compris pour mettre sur pied des manifestations, et des conflits étonnamment durs ont opposés les gens. Bref, les conséquences de cette gestion « surprenante » sont désastreuses.

« Aucune des 4 personnes qui forment notre ticket n’a fait l’objet de condamnation pénale. C’est un minimum pour représenter nos concitoyens »

« Voir des élus attiser les divisions entre les Périgourdins m’a… déconcerté et profondément attristé ». Avec Céline Relaix, Jean-Pierre Bouchard défend « une gouvernance apaisée, sereine, efficace » du Département. Il est grand temps que le débat public se reprenne en Dordogne, en redevenant « courtois, humain, respectueux, humaniste » au lieu d’être trop souvent réduit à l’entretien délétère des divisions. L’affaire n’a rien de « personnel » : si Jean-Pierre Bouchard s’est déjà présenté au scrutin de 2015, il « ne connaît quasiment pas personnellement Germinal Peiro, mais il connaît son comportement d’homme politique ». Et puis, avec Céline Relaix, il entend aussi rappeler qu’il vaut mieux débattre des compétences du Département -le secteur social, la voirie, les collèges, les EHPAD…- que de cantonner les discussions aux cercles de batailles qui n’existent définitivement plus, et peu importe que l’on ait été pour ou contre ce fichu contournement. Alors, bien sûr que le slogan du premier tract du binôme Germinal Peiro- Patricia Lafon-Gauthier a bien fait sourire Jean-Pierre Bouchard et Céline Relaix. Choisir « La Dordogne unie », revendiquer l’ « absence de sectarisme », le « dialogue » et « le respect de tous », c’était pour le moins… audacieux. « Quand on a engagé une procédure pénale contre un concurrent qui ne pense pas comme soi…et qu’en plus on ne dit pas avoir très nettement perdu… il fallait y penser… Où est le respect de l’autre, la tolérance, l’incarnation de la démocratie et de la transparence dans cette manière de faire ? ». Naturellement, il reviendra aux électeurs de « choisir entre deux binômes aux profils radicalement différents ». Ces électeurs du canton de Vallée Dordogne… qui contribuent à faire l’opinion. Or, celle-ci s’est prononcée en faveur de la moralisation de la vie politique, devenue moralisation de la vie publique, histoire que les élus empruntent plus sûrement le chemin de l’éthique. Au passage, « aucune des quatre personnes » composant le ticket Renouveau Dordogne dans le canton Vallée Dordogne – Jean-Pierre Bouchard-Céline Relaix, leurs suppléants respectifs Antonin Hartz et Marie-Jo Larcher– n’a fait l’objet de condamnation pénale. Un minimum, jugent-ils. « Sinon, comment oserions-nous représenter nos concitoyens qui, eux, dans leur quasi totalité, sont vierges de toute condamnation ? ». En vertu du même principe, « comment ne serions-nous pas légalistes ? » -donc respectueux des décisions de la justice administrative et de la justice pénale.

« Vallée Dordogne est un territoire immense. Des gens vont voter sans avoir vu les candidats avant les élections. C’est très important d’avoir un positionnement sincère »

« Pour nous, il n’y a pas d’affaire personnelle qui tienne, s’il y a des désaccords, il faut dégager un consensus, mais on ne peut pas être centré sur sa personne, on représente la collectivité et l’intérêt général ». Et quelle que soit sa sensibilité politique. « Nous sommes issus de la société civile, notre préoccupation, c’est de chercher comment résoudre les problèmes ». Or, le ticket Jean-Pierre Bouchard-Céline Relaix est convaincu que l’intelligence collective et la diversité des points de vue sont le meilleur moteur pour y parvenir. « Ce n’est pas une lubie, nous avons des expériences concluantes derrière nous, nous ne partons pas d’une page blanche », insiste Céline Relaix. « Contrairement à certains élus qui vivent de la politique, nous sommes dans la vraie vie, comme les électrices et les électeurs ». En tout état de cause, l’immensité du canton Vallée Dordogne « sans grosse agglomération, avec 44 communes », va être une des caractéristiques de la campagne. « Des gens vont voter sans avoir vu les candidats en lice avant les élections. C’est très important d’avoir un positionnement sincère ». Autrement dit, des coups façon un millier de voitures trouvées pour les services d’aide à domicile « à ras les élections quand on aurait pu le faire bien avant », eh bien ça n’entre pas dans la conception que le binôme Renouveau Dordogne a de la chose publique. « Ces voitures, il les fallait, mais depuis longtemps ». Le canton Vallée Dordogne devrait en tout cas se retrouver sous le feu des projecteurs dans ce scrutin des départementales 2021.

3 Commentaires

  1. Une équipe qu’il faut féliciter par son courage face à un système rodé pour s’imposer. Les voitures c’est une affaire curieuse car n’engloberaient elles pas le camion de promotion acheté pour la promotion de la voie de la vallée qui était déjà annulé par la justice ? Encore du gaspillage au frais du contribuable ? Monsieur le président en campagne ayez là courage de sortir vos chiffre puis éventuellement de raccrocher les gants!

  2. Je ne connais pas ces gens, ni d’ailleurs leur électorat. Peut-être risquent-ils d’être un peu trop consensuels. Quant à l’écologie, rien. Mais dans l’immédiat j’ai avant tout envie de me réjouir de voir apparaître une offre politique qui ne confonde pas le champ politique avec un lieu de duels intra-personnels où tous les coups sont permis. Bref, une certaine classe, une éthique et ça fait du bien.

  3. Hormis la nette opposition à la politique actuelle et la mise en évidence d’une absence de condamnation judiciaire des candidats, ces personnes ont-elles un programme politique défini ? On ne lit rien sur d’éventuelles propositions, si ce n’est leur expérience professionnelle qui, me semble-t-il, n’entre pas dans le cadre du mandat qu’ils briguent …
    La Dordogne a besoin d’une opposition claire au clan Peiro qui pourrit depuis trop longtemps la vie sociale et politique locale, mais sans contenu nous n’avancerons pas.

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