Régionales 2021 : Nicolas Florian convoque Jacques Chirac et invite la sécurité dans le projet de la Droite et du Centre

-

à la une Régionales 2021 : Nicolas Florian convoque Jacques Chirac et invite la...

Nicolas Florian (© Éric Barrière)

En présentant les 12 têtes des listes départementales, leur leader Nicolas Florian, qui emmène la Droite et le Centre à la bataille des régionales 2021 en Nouvelle-Aquitaine, a paru, jeudi 06 mai 2021, s’attacher à définir son positionnement politique à l’heure où les lignes de démarcation partisanes s’estompent. Avec Jacques Chirac pour boussole, Nicolas Florian a notamment annoncé que la sécurité serait aussi au cœur des priorités de la campagne de la Droite et du Centre menée par 12 élus de proximité. Avant de prendre le temps de répondre (ou pas) à des questions qui ne figuraient pas à l’ordre du jour -et la Dordogne était cette fois au menu.

Depuis Sarran (Corrèze), Nicolas Florian a officialisé, hier jeudi 06 mai, sa candidature et celles des 12 numéro Un départementaux pour la bataille des régionales 2021 (voir liste ci-dessous). Très exactement depuis l’enceinte du musée dédié à Jacques Chirac. Il a mené son allocution tambour battant, rappelant encore le souvenir du pilier de la droite pour égrener les idées-clés du programme de la Droite et du Centre. Logiquement, Jacques Chirac a été désigné la « boussole » du team qui part à l’assaut de la région Nouvelle-Aquitaine. À ceux qui ne l’auraient pas pointé, Nicolas Florian a signalé qu’il avait préféré s’exprimer loin son épicentre, précisément parce qu’il n’y a pas que Bordeaux dans la vie de la Région -et que l’on peut être ici et ailleurs, d’autres précisément ont su conjuguer enracinement et charge des plus hautes fonctions à Paris, suivez mon regard.

« L’alternance démocratique est une aspiration. Quand on est aux commandes depuis 25 ans, on a vision différente, et c’est bien naturel »

« L’alternance est une aspiration démocratique, quand on est aux commandes depuis 25 ans, on a une vision différente et c’est bien naturel ». C’était, en termes patelins, désigner le principal adversaire de la liste de la Droite et du Centre, le président PS sortant Alain Rousset. En sous-entendant que si le pouvoir, ça use quand sa durée confine à l’éternité, Nicolas Florian a surtout déploré clairement sa conséquence : l’évidage de sa vocation à desserrer le débat politique. Vouloir une représentation démocratique à l’assemblée régionale est d’autant plus justifié dans « la période charnière » actuelle, encore empêtrée dans la crise sanitaire du covid, qui a surgi après le mouvement des Gilets jaunes, précisément « marqué » en Nouvelle-Aquitaine. Or, ces derniers ont exprimé « un sentiment d’abandon », que « la fracture territoriale » avait largement alimenté -raréfaction des services publics, enclavement… et la droite et le centre font de la réduction de cette fracture-là qui est aussi sociale, une priorité. Dans le contexte de sortie de crise(s), l’urgence est en tout cas à « fédérer » – pour rappel, a glissé Nicolas Florian, la boussole Jacques Chirac était parvenu à le faire. Et en cessant déjà, ici, de qualifier la Nouvelle-Aquitaine de « nouvelle région fruit d’une fusion » puisque c’est en réalité « une addition », ah, il est temps de se souvenir que « faire de la politique, c’est se situer au-dessus de l’administration ».

« La gestion de la crise sanitaire par le gouvernement et LREM a été chaotique. Sans les maires, il ne se serait rien passé »

« Il faut donner un nouveau souffle dans l’appréhension de la politique ». Finie, les décisions qui tombent depuis Bordeaux et exclusivement depuis Bordeaux. Nicolas Florian veut, en contractualisant avec les Départements, créer des maisons de région. Rapprocher la prise de décisions de ceux qui sont en responsabilité sur les territoires qu’elles concernent. Comment ne pas être convaincu de la nécessité de leur donner les rênes, surtout après avoir constaté « la gestion chaotique » de la crise sanitaire par le gouvernement et LREM, dont « l’impréparation » a été patente : « sans les maires, il ne se serait rien passé » –merci d’avoir en tête l’exemple du premier magistrat d’Arcachon Yves Foulon qui « s’est débrouillé tout seul » pour mettre en place « ce qui a dû être le premier centre de vaccination anti-Covid en France ». D’ailleurs, Nicolas Florian souligne que « toutes les têtes des listes régionales dans les départements sont engagés dans des conseils municipaux (ou l’ont été, comme Pascal Coste) ».

« Faire du développement économique… mais pour créer des emplois »

« L’aéronautique, l’agriculture… c’est la Nouvelle-Aquitaine, bien sûr… mais il y a aussi les petites entreprises… et, dans le tissu économique, elles pèsent 85% ». Autrement dit, si Nicolas Florian convient que depuis 2015 et la loi NOTRe, la Région doit être « le chef de file », la partition ne s’exécute pas en solo. Boss, oui, mais boss avec les territoires.  Et, précision de taille, « faire du développement économique, oui… mais c’est pour créer de l’emploi ». Suivant le même principe, la liste de la Droite et du Centre qu’il emmène entend que « le contrat État-Région, ce ne (soit) pas l’État qui décide tout seul ». À ce sujet, bravo au président (PS) de la région Occitanie Carole Delga et au maire (LR) de Toulouse Jean-Luc Moudenc, qui « ont secoué Jean Castex » pour relancer le projet de TGV Bordeaux-Toulouse, dont « le président Alain Rousset ne s’est pas occupé ».

« La France n’a pas vocation à être un pays de métropoles, il faut aussi des villes et des villages »

« La France n’a pas vocation à être un pays de métropoles, il faut aussi des villes et des villages ». C’est pourquoi, dans le cœur du programme de la liste de la Droite et du Centre autour de Nicolas Florian, il y a aussi la route, le rail et le haut débit -bref, les moyens du désenclavement. Avec la prévision de 100% du territoire néo-aquitain à même de pouvoir échanger des data à grande vitesse d’ici à 2024 ou 2025. En pariant sur les transports à hydrogène, cette « carte bancaire des échanges commerciaux qui constitue une révolution ». En « passant du TER au RER ». L’aménagement du territoire entre bien également dans les priorités de la liste de la Droite et du Centre. Sans oublier un autre mode de transport, pour relier les habitants entre eux : la bienveillance. « Je veux une dynamique humaine ».

« La Région n’a pas de compétence en matière de sécurité… donc il faudrait ne rien faire ? Pas question ! »

« L’autorité est au cœur de notre projet ». Au moment où des drames d’Avignon (un fonctionnaire de police abattu pendant un contrôle de trafic de stupéfiants) et de Mérignac (une femme tuée par son ex-compagnon) suscitent de l’émoi dans tout le pays, Nicolas Florian s’étonne qu’ « on (ait) l’air de découvrir que c’est aussi un problème en Nouvelle-Aquitaine ». Que les choses soient claires, « un délinquant n’est un sauvageon, un délinquant est un délinquant ». Alors, on lui opposera bien sûr que la sécurité ne relève pas des compétences de la Région. Non, non en effet… mais « est-ce à dire qu’on ne fera rien ? ». Et hop, il faudrait circuler ? Eh bien pas question, donc. « On proposera un pacte régional de sécurité ». Au programme : vidéosurveillance dans les trains régionaux et présence humaine ; programme qui vaut pour les lycées car « la jeunesse ne doit pas avoir peur de l’avenir ». Président de la région Nouvelle-Aquitaine, Nicolas Florian « mettra des moyens financiers pour ceux qui veulent s’équiper contre ce fléau ».

Guillaume Guérin pour entretenir l’espoir de la remontada

« On est lucides, on n’est pas donnés favoris… mais Jacques Chirac non plus ne l’était pas en 1995 ». Avec ses équipiers, Nicolas Florian ont 6 semaines pour effectuer la remontada. C’est alors que le secrétaire adjoint des Républicains Guillaume Guérin, « le fidèleet c’est une vertu cardinale en politique », avait pointé le leader de la liste régionale) »  a endossé le costume d’entraîneur de l’équipe de la Droite et du Centre. « Le paysage politique de la Nouvelle-Aquitaine, c’est un brouillard à couper au couteau ». Dans lequel, selon les derniers sondages, les électeurs doutent bien plus qu’on veut le dire de sa réélection. « Alain Rousset est, de tous les présidents de région sortants de droite et de gauche, le plus faiblement crédité ». Seul un électeur sur 4 aurait l’intention de voter pour lui au 1er tour. C’est dire s’il faut garder en mémoire que « tout peut se passer ». D’autant que quand les scrutins connaissent une faible participation -c’est ce qui est annoncé- « il y a beaucoup de surprises ». Alors, merci au « monde rural » de ne pas « perdre » de bulletins en votant Rassemblement national -et ledit monde est vaste : la Nouvelle-Aquitaine est la 1ère région agricole d’Europe. « Alain Rousset sera obligé de passer sous les fourches caudines des Verts pour gagner -les écologistes du sapin mort et des enfants privés d’avion, en résumé- la liste LREM est de pique et de carreau ». Et il y aurait encore un élément à repérer dans un horizon où le président sortant serait reconduit. « Le routier est notre priorité. Or, si Alain Rousset est réélu avec les Verts, il n’y aura aucun nouveau projet routier ». Mais que les électeurs comprennent bien : c’est compliqué de penser le nouveau monde quand on n’est pas neuf –« sans rien reprocher à l’homme », c’est pour le coup que ça va de soi mais que ça va mieux en le disant. Avant de ponctuer, en guise de haut les cœurs, par une expression fameuse de Nicolas Sarkozy pour décrire la campagne qui s’engage. « On va à fond et après, on accélère ».

Questions hors ordre du jour du rendez-vous de Sarran

Insistance de Geneviève Darrieussecq ?

En Dordogne, l’ancien président de LR Dordogne Dominique Bousquet avait avancé que le ministre des Anciens combattants Geneviève Darrieussecq, qui conduit la liste de la majorité présidentielle en Nouvelle-Aquitaine, avait insisté pour faire liste commune avec la liste de la Droite et du Centre, dès le 1er tour. Nicolas Florian, qui, après l’épisode des municipales 2020 à Bordeaux, venait déjà de confirmer qu’il était opposé à toute alliance avec LREM et apparentés, stabylote son étonnement. « Ça n’existe pas, on n’est pas en PACA. C’est du fantasme absolu ». Auquel cas, Dominique Bousquet ne dirait pas la vérité… « Ou bien il joue à se faire peur… ou à se rassurer, je l’ignore ». À se faire peur… à lui ? « … ou à d’autres ». Nicolas Florian ne livre aucun nom.

Défection sur le fil du numéro 2 de Jonathan Prioleaud en Dordogne

L’élue régionale sortante Nathalie Fontaliran a renoncé, mercredi 05 mai, nuitamment, à la 2e place qu’elle avait décroché sur la liste régionale en Dordogne de Jonathan Prioleaud. S’il n’y a pas du tout lieu de douter des « raisons familiales » que celle-ci a avancées, en tombant à la veille de la présentation officielle de l’ensemble des listes départementales de la Droite et du Centre, la nouvelle a inévitablement fait du tintamarre… Que Nicolas Florian n’a semble-t-il pas entendu puisque Nathalie Fontaliran lui « avait téléphoné le week-end dernier (1er et 02 mai) ». Et d’envoyer un petit message chaleureux à celle-ci. « Je la remercie de son engagement ».

Réponse aux 165 associations écologistes opposées au développement de l’éolien

Elles sont 165 associations écologistes opposées au développement de l’éolien en Nouvelle-Aquitaine à avoir demandé aux candidats aux régionales de se positionner clairement sur ce sujet… Mais précisément, Nicolas Florian, qui « a rencontré des anti-éoliens à Blaye » a déjà affiché sa position, en signant, le 19 avril 2021, une tribune dans Le Monde pour demander « un moratoire absolu et immédiat pour tout nouveau projet éolien terrestre ».

Paris-Bordeaux : vers le train à la place de l’avion ?

Les liaisons aériennes Paris-Bordeaux sont en passe de disparaître, si la loi Climat reste en l’état après son passage au sénat… Nicolas Florian est contre la suppression de toutes les navettes aériennes reliant Bordeaux à Orly, dès lors qu’il existe une alternative ferroviaire de 2h30. Il plaide pour « un juste milieu, c’est-à-dire le maintien d’une à deux navettes quotidiennes en pendulaire ». En soulignant que l’isolation des logements par exemple fournit autrement matière à protéger l’environnement.

Le Mouvement de la ruralité et Jean Lassalle

Nicolas Florian estime que le député de la 4e circonscription des Pyrénées-Atlantiques -venu mi-septembre 2020 en Dordogne en soutien de Germinal Peiro pour contester l’arrêt définitif du contournement de Beynac– est plutôt à sa place en apportant son soutien à la liste du Mouvement de la ruralité, conduite par le conseiller régional sortant Eddie Puyjalon : Jean Lassalle s’érige en « défenseur des territoires », n’est-ce pas. Il retient plutôt que la liste est créditée ce 06 mai de 2% d’intentions de votes… Et convient qu’elle comporte des ex LR. « Mais, il y a des ex tout ».

Nicolas Florian a refusé catégoriquement de s’exprimer sur la perquisition menée mardi 04 mai à la Région –laissons le PNF travailler, pour résumer- concédant simplement que « le calendrier judiciaire était nécessairement fâcheux ». Et de se souvenir qu’il est arrivé que « d’autres candidats sur d’autres élections en (aient) pâti ».

12 têtes de liste, 207 candidats

Présentation à Sarran des 12 têtes des listes départementales de la Droite et du Centre autour de Nicolas Florian (© Éric Barrière)

Les 12 têtes de liste de la droite et du centre avec Nicolas Florian, qui réunissent 207 candidats, sont Thomas Chevalerias (Charente) « collaborateur du sénateur (centriste) François Bonneau, revenu au pays après des études à Paris et qui sait conduire une moissonneuse batteuse »,  David Labiche (Charente-Maritime) « adjoint à Châtelaillon, ancien fleuriste devenu agent territorial » Cyril Victor (Creuse) « maire de Gouzon depuis 2008 dans le plus petit département de la région mais le dialogue se fait d’égal à égal entre les territoires », Pascal Coste (Corrèze) « éleveur et producteur de châtaignes, président du Département, qui a une grande force de travail… et le seul à tenter de joindre Nicolas Florian depuis sa voiture à 6h30 »,  Armelle Cassin (Deux-Sèvres) « maire d’Argentonnay, conseiller régional sortant, vice-président de communauté de communes », Jonathan Prioleaud (Dordogne) « jeune maire de Bergerac, ancien responsable des jeunes de l’UMP, qui compose avec sa vie professionnelle », Yves Foulon (Gironde) « l’enfant du bassin, maire d’Arcachon, président du syndicat intercommunal du bassin d’Arcachon -SIBA », Guillaume Guérin (Haute-Vienne) « fidèle en politique, président de la métropole de Limoges, qui motive, cajole, oriente et fait preuve de maturité malgré son jeune âge », Arnaud Tauzin (Landes) « éleveur de volailles qu’il livre aux plus grands chefs de Paris, ancien conseiller régional, maire depuis 2014 » , Marie Costes (Lot-et-Garonne) « professeur de maths, maire de Saint-Front-sur- Lémance », Maider Arostéguy (Pyrénées-Atlantiques) « issue d’une famille bien connue, maire  de Biarritz » et Ronan Nédélec (Vienne) « ancien entraîneur de foot, aujourd’hui président du stade poitevin hockey club – c’est son premier engagement en politique ».

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Dernières Actualités

Départementales 2021 : plainte déposée contre Muriel Gervaux-Boissière, binôme de Adib Benfeddoul soutenu par la majorité présidentielle (canton de Bergerac 1)

Muriel Gervaux-Boissière est le binôme de Adib Benfeddoul sur le canton de Bergerac 1 pour le scrutin des départementales...

The Sunday Times voit dans un projet éolien en Dordogne un symbole du style de gouvernance d’Emmanuel Macron (et en France, c’est campagne électorale)...

À une semaine des scrutins des départementales 2021 et des régionales 2021, The Sunday Times s’est emparé de l’exemple...

Départementales 2021 (Bergerac 1) : Muriel Gervaux-Boissière, « interdite » d’expliquer son métier, va « prévenir » le ministre Éric Dupond-Moretti

Sur le canton de Bergerac 1, Muriel Gervaux-Boissière forme binôme avec Adib Benfeddoul. Le duo se lance dans la...

Départementales 2021 : Philippe Chotard et Muriel Morlion pour « une gestion plus sobre et plus respectueuse de l’argent public »

Sur le canton de Ribérac, le binôme sans étiquette Philippe Chotard et Muriel Morlion part aux départementales 2021 sous la...

Départementales 2021 : pour le binôme Jérémy Pierre-Nadal-Émilie Labrot, « on ne confie pas la santé à une entreprise privée »

Cap sur le canton Isle Manoire, où Jérémy Pierre-Nadal et Émilie Labrot forment le binôme qui porte les couleurs...

Sur le même sujet

Quand, pour avoir le soutien de Jean Lassalle, Germinal Peiro prévoyait la dispense de ses contingences matérielles

Pour avoir le soutien du député de la 4e circonscription des Pyrénées-Atlantiques Jean Lassalle au rassemblement citoyen organisé pour...

Joëlle Huth écœurée par la politique en Dordogne : « Thierry Boidé nous disait toujours qu’il était trop tôt pour critiquer la politique de Germinal Peiro »

Élue au Département de la Dordogne, Joëlle Huth a renoncé à briguer un nouveau mandat. La politique telle qu’elle...

Régionales 2021 : tête de liste du Mouvement de la ruralité en Dordogne, que va faire Thierry Boidé du soutien de Jean Lassalle à Germinal...

Thierry Boidé emmène donc la liste du Mouvement de la ruralité en Dordogne dans la bataille des régionales 2021,...

Régionales, départementales, Basile Fanier, déviation de Beynac : Dominique Bousquet à cœur ouvert (et saignant)

Dominique Bousquet repart aux départementales 2021, et toujours avec Francine Bourra, le nouveau maire du Lardin… bref, la nouveauté est...

A la une