Jean-Michel Crassat « un peu inquiet » pour la survie de l’aérodrome de Ribérac

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Période de turbulence pour l’aérodrome de Ribérac (photo d’illustration © lorozco0993 / Pixabay)

A… battoir. Et maintenant A… érodrome ? Rien à voir entre l’un et l’autre, sauf à ce que le second connaisse à son tour le sort du premier. Sachant que l’aérodrome est également la propriété de la Ville (hangar pour abriter avions et ULM, terrains) et qu’elle confie sa gestion -à une association. Cette dernière est aujourd’hui invitée à réduire ses dépenses. Faute d’y réussir, la menace de la fermeture de l’aérodrome est brandie. À savoir si ce choix serait un signal encourageant pour le territoire, qui perdrait de nouveau un équipement.

« Quel est le but de l’opération ? ». C’est la question que le président de l’association gestionnaire de l’aérodrome de Ribérac (AGARJean-Michel Crassat -également à la tête du club aéronautique ribéracois (CAR)- s’est posée en recevant, à une semaine de l’assemblée générale du 27 février 2021, un mail de la Ville. Cette dernière voudrait voir l’AGAR réaliser des économies. Mais après tout, la gestion a ses exigences et Jean-Michel Crassat ne se formaliserait pas de la démarche, même s’il rappelle que « sur le déficit de Ribérac, le coût de l’aérodrome… c’est rien ». Toutefois, il tient d’abord à rester optimiste… avant de confier qu’ « aujourd’hui, on peut s’inquiéter un peu ». Jean-Michel Crassat ignore en effet pourquoi des économies sont réclamées spécialement à l’AGAR. « Quelles sont les autres associations soumises aux mêmes efforts ? Je veux bien en faire… mais pas tout seul ».

« L’aviation, c’est un sport de nantis… » 

« L’aviation, c’est un sport de nantis… ». Sous les mandats de Rémy Terrrienne (maire de 2001 à 2014) la municipalité « le (lui) a(vait) aussi dit », se souvient Jean-Michel Crassat. La prise de l’aérodrome, après la reprise du bastion de Ribérac à la droite ? En pratique, « la Ville peut récupérer les terrains -un petit bout pourrait être vendu ». Le président de l’AGAR et du CAR estime leur surface à environ 20 ha -des terres agricoles- situées sur la commune de Vanxains. « Et la Ville peut récupérer un hangar… ça peut toujours servir… ». Reste qu’il refuse de croire à cette hypothèse funeste, tant elle lui paraît déraisonnable. « L’an dernier, l’aérodrome a eu 50 ans. On fait tout pour le développer. L’ouverture à la circulation aérienne publique a été demandée, on devrait l’obtenir dans un ou deux ans, c’est en bonne voie. Avec un coût nul pour le Ribéracois. Et un pilote qui fait halte ici, c’est un pilote qui va déjeuner au restaurant, qui va prendre un verre… ». Aujourd’hui, le CAR compte plus de 100 adhérents. Mais il n’est pas exclu qu’avec une proportion infinitésimale de Ribéracois parmi eux, les 100 fassent exactement 100 aux yeux de tous : « Juste élue, la nouvelle équipe nous demande des comptes… En nous touchant, ça ne ferait pas de bruit… ». Seule la reconnaissance du bénéfice à disposer d’un aérodrome semble faire un argument qui empêche de se passer d’un service municipal sur le territoire.

« En routine, l’aérodrome coûte 5 800 € par an à la Ville en charges de fonctionnement » (Philippe Chotard, Agir pour Ribérac)

« Nous continuons les discussions ». Cette déclaration du maire de Ribérac Nicolas Platon en conseil municipal, le 17 mars 2021, indique au moins que, si menace de fermeture il y a, on n’en est pas là. Alors, certes, cette année, la Ville doit assumer une dépense exceptionnelle pour l’aérodrome. Et son montant est consistant : 46 800 €, pour la réfection de la toiture du hangar (il abrite avions et ULM) dont elle est propriétaire et qu’elle met à disposition du CAR -la présence d’amiante plombe la facture de ce chantier. Son montant sera toutefois abaissé car il y a une prise en charge assurantielle. Au passage, le chef de file de l’opposition Agir pour Ribérac Philippe Chotard est intervenu à l’assemblée municipale pour souligner que « les travaux (avaient) été engagés sans que le conseil municipal ait été informé ». Mais aussi pour rappeler qu’en routine, « l’aérodrome coûte, par an, 5 800 € à la Ville en charges de fonctionnement ». En clair : pour rappel, il y a des postes de dépenses plus importants où rechercher des économies -« préoccupation naturellement légitime ». Et qui continue au demeurant de valoir pour l’AGAR, surtout si elle est exprimée dans un esprit de conciliation… et, quelque idée qu’on se fasse du pilotage d’avions légers, ses amateurs sont « des acteurs de la vie communale ».  Surtout, pour l’élu d’opposition, « aujourd’hui, on doit consolider l’existant. On veut attirer des entreprises ? Va-t-on leur expliquer qu’on avait un aérodrome… mais qu’on ne l’a plus ? ».

1 COMMENTAIRE

  1. Un aéroclub est aussi une forme de vie dynamique dans une agglomération. Les élus, un peu ouverts, devraient non pas cliver les pilotes dans un aspect sociétal comme la politique les oriente mais au contraire promouvoir cette activité pour attirer des jeunes passionnés et quelque fois démunis. Voila un rôle dynamique non connu des élus, trop attacher à des querelles de clocher.

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