Opposition Agir pour Ribérac : le Département « envisagerait » le rachat des bâtiments de l’abattoir… et alors ? (timing opportun mis à part)  

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L'avenir de l'abattoir était absent de l'ordre du jour du conseil municipal de Ribérac, le 17 mars (© Google Maps)
Agir pour Ribérac avait invité le sujet de l’abattoir à l’ordre du jour du conseil municipal de Ribérac du 17 mars 2021 (© Google Maps)

Au conseil municipal du 17 mars 2021, le chef de file du groupe d’opposition Agir pour Ribérac Philippe Chotard a invité plusieurs sujets à enjeu pour la cité de Ribérac : ils ne se trouvaient pas à l’ordre du jour. En premier lieu, mercredi dernier, il a précisément évoqué… l’avenir de l’abattoir. Moyen d’apprendre notamment que le comité de pilotage destiné à y réfléchir, dont la constitution avait été annoncée il y a un mois, ne s’était pas réuni une seule fois. Hier 19 mars 2021, le Département de la Dordogne a fait savoir qu’il pourrait racheter les bâtiments du site. « … et alors ? » réagit en substance le groupe de Philippe Chotard, que le timing de cette annonce, au demeurant bien « floue », interroge. Et son questionnement ne s’arrête pas là. Il publie un post Facebook ce samedi 20 mars 2021 dans lequel il dit pourquoi et en quoi.

« Nous avons découvert que le comité de pilotage destiné à réfléchir à un avenir pour l’abattoir de Ribérac ne s’était pas réuni une seule fois depuis l’annonce de sa constitution mi-février ». Les élus du groupe Agir pour Ribérac, qui avaient demandé à être associés à cette réflexion, s’étonnaient fort qu’en un mois, aucune convocation ne leur ait été adressée… ils en connaissent le motif depuis ce conseil municipal de Ribérac du 17 mars 2021. Or, « pour Agir pour Ribérac, l’abattoir était le sujet numéro Un ». Numéro Un par son importance, numéro Un parce que ses élus défendent toujours l’idée que le temps joue contre l’émergence d’une solution. Pendant cette assemblée municipale, les opposants ont aussi pu constater que leur divergence avec le maire Nicolas Platon dépassait la question du calendrier. « Celui-ci a répondu en substance que la balle était dans le camp des éleveurs, dont on attendait le projet, et qu’alors, les collectivités verraient ». Or, le porte-parole de Agir pour Ribérac l’a dit, c’est, selon le trio, se tromper de levier. « Les conditions d’organisation de la profession ne lui permettent pas d’apporter un projet clé en main ». Sachant en outre que la piste déjà évoquée de la création d’un atelier de découpe ne fait pas l’unanimité en son sein. « S’en remettre à la profession et se ranger en deuxième ligne, c’est adopter une position peu propice à un redémarrage de l’abattoir ». Au contraire, avait poursuivi le porte-parole Philippe Chotard, « il revient aux acteurs publics d’organiser la transition, le passage de témoin aux acteurs privés », surtout dans un contexte économique bouleversé par la crise sanitaire. À attendre ce qui ne viendra pas, « dans 6 mois, tout le monde aura oublié (qu’il existait un abattoir à Ribérac), les éleveurs auront fait le choix d’autres lieux d’abattage ».

Engagement… ou promesse ? 

Deux jours plus tard (donc hier vendredi 19 mars 2021), le Département de la Dordogne a fait savoir qu’il réfléchi(ssait) à intervenir en faveur de l’abattoir. Une nouvelle qui « réjouira » Agir pour Ribérac, voilà comment le post Facebook intitulé Promesse ou engagement ? commence. C’est qu’il s’agit en somme d’un sacré changement de pied : le groupe d’opposition souligne que la collectivité a, jusqu’à ce jour, précisément… refusé de s’engager dans la résolution de ce dossier.

LIRE AUSSI : L’opposition Agir pour Ribérac écrit des propositions pour un avenir de l’abattoir et rappelle qu’il y a sur-urgence 

Difficile ensuite pour les élus de Agir pour Ribérac de s’abstenir de pointer que cette annonce tombe à pic : les élections départementales se tiennent dans 3 mois n’est-ce pas. Difficile, encore, d’oublier de relever qu’elle laisse supposer que « rien n’a encore été décidé ». Et de ne pas pointer que la réflexion de la collectivité se conjugue à ce stade au conditionnel.

Un transfert de propriété… et alors ?

Et puis… en quoi consisterait cette intervention de la collectivité, au fait ? Dans le rachat des bâtiments de l’abattoir. Autrement dit, dans le transfert de la propriété d’un acteur public à un autre acteur public. « … et alors ? », demande en substance Agir pour Ribérac, qui assène « la question de l’avenir de l’abattoir reste entière ». Le maire de Ribérac a d’ailleurs bien confirmé en conseil municipal le 17 mars que « les acteurs publics attend(aient) que les éleveurs leur présentent un projet de gestion purement privé » et le chef de file de Agir pour Ribérac avait donc alors dit pourquoi ce n’était pas, aux yeux de son groupe, prendre les choses dans le bon sens. Dans leur post, les élus le répètent, et en mode direct : le résultat de « pareille attitude », au regard de l’état de la profession, est que « l’avenir de l’abattoir est aujourd’hui compromis ».

La crainte d’un coup de com’ 

Agir pour Ribérac continue de défendre la création d’ « un syndicat mixte regroupant le Département et les intercommunalités concernées ». Option qui offrirait un temps de respiration à la profession « pour proposer un autre mode de gestion, avec, un outil assaini et redressé » cette fois. « C’est sur ce terrain que nous attendons l’intervention du Département et non, nous le craignons, sur celui qui pourrait ne relever que de la communication et des annonces pré-électorales ».

(*) Philippe Chotard, Philippe Rallion, Amandine Chevalier.

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