Un an de Covid-19 en Nouvelle-Aquitaine : pour le courtier Gaël Gros « les entreprises constatent qu’elles ont traversé la crise sans trop de dommage »

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Gaël Gros entouré de ses deux collaboratrices Marie Bappel (à g.) et Virginie Celle (à dr) (© Petite Souris Photographie)

Gaël Gros est courtier en Dordogne et en Gironde. Un an après le choc du premier confinement lié à l’épidémie de Covid-19, il indique « constater » qu’outre le soutien financier dont elles ont pu bénéficier, les entreprises ont su élaborer des stratégies pour résister, malgré l’épreuve d’un deuxième confinement. La crise sanitaire n’aurait donc pas stoppé net les affaires. La preuve par le bulletin de santé de sa société CEPP (crédits entreprises professionnels particuliers), qui a réalisé « une excellente fin d’année 2020, même historique en termes de nouvelles demandes et de projets ».

Métier ? « Facilitateur de crédits ». Issu du secteur bancaire, où il a travaillé plus de 10 ans, le courtier Gaël Gros est aussi administrateur à la chambre nationale des conseils-experts financiers-crédits, branche associative d’un millier de spécialistes du crédit, créée en 2011 par la chambre nationale des conseils-experts financiers (CNCEF). Mi-avril 2020, il avait livré son analyse des réponses des professionnels et des particuliers au surgissement de la crise sanitaire. C’était alors plutôt le sort des premiers qui le préoccupait. Pour sa propre activité, Gaël Gros évoquait « une chute du 10e étage », même si, en enregistrant de nouveaux projets d’investissements… et pendant le premier confinement, il trouvait matière à espérer que l’économie tienne bon. Aujourd’hui, après un an de crise sanitaire, Gaël Gros semble conforté dans son diagnostic.

« La fin d’année 2020 a été historique, en termes de nouvelles demandes et de projets »

« On ne pensait pas qu’on s’en sortirait comme ça ». Au sein de sa société CEPP, située à Notre-Dame-de-Sanilhac, près de Périgueux, mais aussi à Bordeaux, on souffle. Depuis un moment, même. « Le deuxième confinement a été moins compliqué que le premier ». S’il a dû composer avec « un peu de ralentissement dans le traitement des dossiers », lié à la sur-prudence que les banquiers manifestaient, Gaël Gros a continué à travailler grosso modo au même rythme que dans un monde sans Covid-19. « La fin d’année 2020 a été excellente… historique même, en termes de nouvelles demandes et de projets ». Si, en se positionnant somme toute plus en amont dans l’élaboration d’un financement, le courtier a pu bénéficier d’un glissement des clients, qui, en d’autres temps, se seraient adressés directement à des banquiers, ce record-là s’expliquerait bien davantage par la conjoncture.  « Il y a eu de l’apport, des projets cohérents ». Et « dans tous types d’activités » : industrie et commerce (surtout avec vente à emporter). Mis le secteur de la restauration à part, où « le tempo a été un peu tendu… et le demeure », on continuerait ainsi à croire en l’avenir. D’ailleurs, la société CEPP paraît conserver la cadence enclenchée l’an dernier. « Aujourd’hui encore, beaucoup de projets nous arrivent » : investissements locatifs, achats de résidences principales -les achats de résidences secondaires ont un peu marqué le pas- rachats de parts, réfection de murs (c’est-à-dire aménagement mobilier).

#utilité des réseaux sociaux et #solidarité entrepreneuriale

« Les entreprises constatent qu’elles ont traversé la crise sans trop de dommage ». Le courtier voit plusieurs explications à cette limitation notable de la casse. « Elles ont énormément travaillé sur les charges ». En clair, elles ont diminué leurs dépenses, principalement en publicité et en évènements, et a fortiori, en personnel, comme en carburant. « Les dirigeants ont aussi consenti des efforts sur leur niveau de rémunération ». Par ailleurs, mécaniquement, « en consommant moins, ceux-ci ont moins dépensé à titre personnel ». Voilà pour une première stratégie, défensive, en somme. Le courtier néo-aquitain en identifie une autre, cette fois offensive, mise en œuvre par les entreprises de toutes les tailles. « Elles se sont rendues plus visibles sur les réseaux sociaux. Pour capter les gens, mais aussi peut-être pour les rassurer ». Un troisième phénomène a encore retenu l’attention de Gaël Gros. « La force de la solidarité entre entrepreneurs a compté ». À l’entendre, ils se sont notablement entraidés. « Ils ont échangé des conseils, des réflexions en termes de stratégie, des recommandations ». Le courtier insiste sur le poids de cette dimension dans la capacité à tenir bon que les entreprises ont pu témoigner dans l’épreuve.

Qu’est-ce qu’on fait des PGE ? 

« Pour les banques, ça a été très compliqué avec le dispositif des prêts garantis par l’État (PGE). Et toute l’année 2020 ». Si le mois de septembre leur a permis de respirer, le second confinement décrété fin octobre les a de nouveau sur-mobilisées. « Cette fois, les délais de décision ont été plus longs ». Gaël Gros indique que les banques ont tranché « au cas par cas », et recense les conditions qu’elles ont fait valoir : des accords de nouveaux prêts, sous réserve que les PGE soient totalement soldés,  partiellement soldés ou conservés. Dans ce dernier cadre, « les emprunteurs peuvent s’en servir pour investir ». Certes, précise-t-il, « les banques n’aiment pas trop car le PGE est destiné à combler une perte de chiffre d’affaires ». En revanche, pour sa part, il estime que cette redirection se défend et qu’ « on ne peut pas leur jeter la pierre » -c’est bien parce qu’on rentre moins de recettes qu’on est aussi empêché d’investir ou que l’on est bien inspiré de le faire. Par ailleurs, « si les entreprises veulent investir avec du matériel pour créer de l’emploi, ça marche avec les régions » -donc, ici, avec la collectivité de Nouvelle-Aquitaine. « Il y a eu pas mal d’argent (de distribué) ».

« Aujourd’hui, c’est bluffant de voir l’argent aussi peu cher »

Certes, PGE donc, mais aussi dispositif de chômage partiel : selon Gaël Gros, l’État a amorti les effets délétères de la crise sanitaire. Mais il y a encore un autre élément déterminant de soutien à l’économie, qui perdure. « Ce qui est bluffant, c’est de voir aujourd’hui comment l’argent n’est pas cher ». Un prêt professionnel se contracte ainsi « à moins de 1% sur 15 ans », signe, dit-il, de la mobilisation sonnante et trébuchante de l’Europe. « Alors, oui, les banques sont un peu plus regardantes ». Avant de donner leur feu vert, elles s’inquiètent de savoir si « le client peut mettre de l’apport », et/ou de savoir « si le dirigeant a une capacité d’apport au cas où la rentabilité de son projet tarde un peu », voire, elles exigent une garantie hypothécaire et une caution.

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