Action publique : Périgord d’Avenir fait la place à « une réflexion indépendante » en Dordogne (et vous êtes les bienvenus)

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Clément Tonon et Jean-Pierre Cubertafon lancent Périgord d'Avenir
Clément Tonon, aujourd’hui auditeur au Conseil d’État et conseiller municipal aux Eyzies, et Jean-Pierre Cubertafon lancent Périgord d’Avenir (© Territoire Magazines)

Et si, à l’égal des grands think tanks parisiens, les citoyens de la France des territoires faisaient remonter leur réflexion pour alimenter le débat public national ? C’est le pari que font le député de la 3e circonscription Jean-Pierre Cubertafon et le conseiller municipal des Eyzies -par ailleurs auditeur au Conseil d’État- Clément Tonon, qui invitent les Périgourdins, au sein de Périgord d’Avenir, à faire part de leurs idées pour tracter le territoire, mais aussi à discuter des expériences qui marchent ailleurs et qui pourraient valoir ici. Tous ceux qui font la Dordogne sont les bienvenus, du moment qu’ils préfèrent agir au service de la vie en commun plutôt que servir des intérêts de clans. Pour le duo de ses initiateurs, la Dordogne a ainsi l’opportunité de mener sur son territoire « une réflexion indépendante », qui, ferait enfin respirer le débat public.

« En Dordogne, il n’y a pas de place pour une réflexion indépendante ». Et merci de ne pas voir dans ce « constat » qui vaut pour « les trois dernières années » un scud à l’adresse de quiconque. Aussi merci encore de retenir qu’après avoir dénoncé, dans un passé récent, un responsable au verrouillage du débat politique en Périgord, le député MoDem Jean-Pierre Cubertafon reste cohérent, mais qu’il se concentre désormais sur la résolution du mal. Voilà pourquoi, avec son ancien aide de camp pendant la campagne des sénatoriales 2020 Clément Tonon, il lance Périgord d’Avenir, une « agora apolitique », sur laquelle « les gens de gauche, de droite, du centre », qu’ils fassent la Dordogne en étant « chefs d’entreprise, gens de culture, représentants associatifs, citoyens engagés… » ou citoyens tout-court, vont pouvoir se parler, confronter des idées et/ou des solutions en mesure de tracter le territoire, leur objectif commun. Le binôme Jean-Pierre Cubertafon-Clément Tonon fait donc le pari que le décloisonnement -des chapelles idéologiques, des conditions, des préoccupations professionnelles ou associatives- permettra de « mener à bien » des projets, de concrétiser des réflexions, qui, plus souvent qu’à leur tour, sont au contraire voués à patiner ou à s’enliser quand chacun reste à courir dans son couloir, occupé à en défendre les limites.

Le caractère « révolutionnaire » de Périgord d’Avenir, c’est sa concrétisation 

« Aujourd’hui, la production d’idées est le fait de partis politiques ou de grands think tanks parisiens, qui sont d’ailleurs destinés à éclairer les décisions des leaders nationaux ». Total, souligne Clément Tonon : les acteurs du territoire sont bien, bien éloignés de ces lieux de réflexion. Périgord d’Avenir a été précisément pensé pour servir à combler « le fossé » qui coupe la capitale de son immense périphérie. Cette fois, la circulation des idées s’inverse : au lieu qu’elles ruissellent comme aujourd’hui, elles vont également remonter du terrain, « irriguant » au passage le débat national. Si l’aspiration à ce renversement du courant est connue, reste que sa mise en application reste très rare. En clair, dans la France des territoires, on proteste… mais on ne fait pas. Pourtant, la réalisation de l’intention est simple. Périgord d’Avenir fonde ainsi son fonctionnement sur « le mélange des profils » des participants, sur leur sens de l’efficacité -pas question de « réinventer l’eau chaude » si des idées ont montré leur pertinence ailleurs qu’en Dordogne ou dans des rapports circonstanciés- et sur leur détermination à « se retrousser les manches ». Le caractère « révolutionnaire » de Périgord d’Avenir ne tient pas à sa conception, mais au passage à l’acte.

Tous ceux qui privilégient l’intérêt du territoire sont invités, s’ils ôtent leur casaque à l’entrée

Périgord d’Avenir veut devenir un laboratoire de la chose publique en Dordogne, cet ensemble de décisions qui concernent la vie en commun de ses habitants. On peut contribuer à ses travaux quand on le souhaite, pour le temps de son choix : pas question de carte d’adhésion, de cotisation, Périgord d’Avenir est délibérément conçu sans armature -ce n’est même pas une association- on pourrait peut-être définir parler de volonté incarnée. Tous ceux qui privilégient l’intérêt du territoire sont invités à rejoindre ce cercle, dès l’instant qu’ils ôtent leur casaque à l’entrée. Condition qui s’applique au député Jean-Pierre Cubertafon, le premier. Le parlementaire entend ainsi apporter la preuve du caractère transpartisan de ce think tank périgourdin, au sein duquel il a déjà prévu de refuser toute responsabilité organisationnelle une fois le lancement opéré, pour se fondre dans l’ensemble des contributeurs.

Des « grands témoins » sollicités

Le premier rendez-vous (en visioconférence pour cause de Covid) aura lieu mardi 23 février, à 18h. L’invité sera le maire d’Angers Christophe Béchu, président de La République des maires, qui fera part des réponses apportées sur le terrain à la crise sanitaire, et, conséquemment, il parlera de sa conception de l’action publique locale. Christophe Béchu inaugurera ainsi une série d’invitations de grands témoins, qui peuvent se prévaloir d’avoir mis en place des actions concrètes qui servent l’intérêt de l’ensemble de la population d’un territoire, et revêtent ainsi un caractère réplicable, voire exemplaire. Si la date du deuxième rendez-vous reste à arrêter précisément, il est toutefois déjà fixé au printemps, et le deuxième grand témoin est connu. Il s’agit de Jean-Louis Chaussade, d’ailleurs d’origine périgourdine, surtout connu pour avoir été très longtemps le directeur général de Suez. Il évoquera « l’économie circulaire à l’horizon 2040 », après « avoir récemment remis au ministre de la transition écolologique Barbara Pompili un rapport sur le traitement des déchets » -sujet éminemment sensible en Dordogne. Le nom du troisième grand témoin reste tu, mais il devrait « créer la surprise ».

« On avait compris que Périgord d’Avenir allait prendre… mais c’est mieux que ça »

« Nous avions compté sur une cinquantaine de participants à la première visioconférence de Périgord d’Avenir… et nous avons déjà plus de 100 personnes inscrites ». L’enthousiasme rencontré est tel qu’il a surpris le duo de ses initiateurs lui-même, même si, « en rencontrant les élus pendant la campagne des sénatoriales, (il) a(vait) compris que ce projet allait prendre ». Il apparaît aujourd’hui que ceux-ci ont pu se faire l’écho de leurs administrés. En effet, « la plupart des gens qui ont répondu à la première invitation n’ont jamais fait de politique ». Le binôme Jean-Pierre Cubertafon-Clément Tonon rappelle à cet effet que Périgord d’Avenir est conçu comme un lieu où les participants « se sentent libres de leurs paroles », et où ils font valoir leurs expériences de citoyens, quelle que soit la tranche d’âge à laquelle ils appartiennent… et tant mieux-tant mieux si le think tank périgourdin permet aux jeunes gens en rupture avec la chose publique de s’y intéresser enfin -la seule dénomination du cercle le prévoit.

Avant même le rendez-vous inaugural, Périgord d’Avenir est une initiative qui aurait déjà retenu toute l’attention des parlementaires de l’Assemblée nationale.

Pour participer, contacter perigord.davenir@gmail.com ou rejoindre le groupe Facebook https://www.facebook.com/groups/192294269247382/

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