Traverse de Beynac :  un courrier dont il faudrait mieux, par prudence, taire l’existence 

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Portion du cheminement piéton dans la traverse de Beynac (© Google maps)

Depuis le 16 novembre 2020, des travaux sont engagés dans la traverse de Beynac. L’affaire du revêtement-qui-ne-se-faisait-pas, en raison d’un contentieux entre le Département de la Dordogne et la cité s’est en effet éteinte avec l’élection du maire Serge Parre, le 15 mars dernier -extinction tout à trac qui avait surpris son prédécesseur Alain Passerieux : malgré le renfort de la justice administrative, il avait lanterné après la pose du fichu revêtement, 3 ans durant. Toujours est-il que la réfection de la RD 703 est cette fois en cours. À savoir pourquoi la Ville s’acquitte, en contrepartie, de la réalisation d’une « zone pavée » et de l’abaissement du muret qui sépare le flux des véhicules de la rivière Dordogne… Ce second objectif municipal a fait réagir l’architecte concepteur de l’aménagement de la traverse destiné à fluidifier la circulation et qui a été achevé en 2017. Dans un courrier à Serge Parre du 20 novembre 2020, il lui fait part de ses « importantes réserves »… au point de lui « déconseiller » cet écrêtement. Pourtant, contre toute attente, Gérard Lancereau invite aujourd’hui à oublier cette lettre… par prudence.

Quand il a été informé du projet d’abaissement du muret qui sépare le flux des véhicules de la rivière Dordogne, l’architecte Gérard Lancereau a écrit au maire de Beynac Serge Parre. Concepteur de l’aménagement de la traverse de Beynac (chantier achevé mi-juin 2017), le professionnel a fait part de ses « importantes réserves » au premier magistrat dans un courrier daté du 20 novembre. Celles-ci concernent « la voirie de la promenade » et elles sont de trois ordres : « architectural et paysager », « réglementaire », mais aussi « technique ».

LIRE AUSSI : Beynac : les travaux de revêtement de la traverse sont en cours, mais pourquoi a-t-il fallu attendre 3 ans ?

« Impossible de s’exonérer d’une autorisation de travaux et de la validation de l’architecte des bâtiments de France »

Au plan « architectural et paysager », le concepteur du projet de l’aménagement de la traverse de Beynac rappelle que l’architecte des bâtiments de France (ABF) Xavier Arnold avait « insisté » pour éviter que le muret ait un aspect « trop continu » et fasse « l’effet d’un parapet routier ». Son appréciation avait été prise en compte, et c’est pourquoi le muret a été dressé à des hauteurs différentes. Par ailleurs, l’architecte Lancereau pointe « l’importance » de la modification à laquelle la municipalité de Beynac entend procéder. En résumé, on ne décide pas d’araser ce muret sans prévoir, au préalable, une déclaration de travaux, et d’Une. Ensuite, il convient que l’ABF rende « un avis conforme ».

« Pour rappel, le projet de la Ville est soumis à des règles de génie civil »

Au plan « réglementaire », l’architecte se réfère alors à la norme génie civil, qui précise que la modification de la hauteur de pareil ouvrage impose une autre modification, d’ordre technique. Modification dont on peut de se demander si elle a été anticipée par la ville de Beynac.

Au plan « technique », poursuit l’auteur de ce courrier, l’arasement du muret doit être entrepris après qu’ « une note de calcul a été validée par (notre) bureau d’études techniques SCE », sachant que la conséquence de cet écrêtement est susceptible de faire surgir d’autres difficultés, dont la résolution pourrait gâcher l’esthétique dudit muret.

« Je vous déconseille d’entreprendre un projet qui paraît fort aventureux »

La conclusion de la missive se passe de circonlocutions : Gérard Lancereau « déconseille » à Serge Parre d’exécuter un projet « qui paraît fort aventureux ». Et de préciser que, par-dessus le marché, le jeu n’en vaut pas la chandelle car la hauteur à laquelle le muret avait été conçu était « un point fort » du projet d’aménagement de la traverse, qui conjuguait la possibilité d’avoir une vue sur la rivière Dordogne, « la bonne séparation entre la promenade basse et la voirie », une « bonne sécurisation » de la déambulation des piétons.

LIRE AUSSI : Bernard Cazeau : le chantier de Beynac n’est pas démonté car « personne ne dit rien, les gens ont peur en Dordogne »

« Faire très attention »

Aujourd’hui, de courroux de l’architecte Gérard Lancereau, il semble n’y avoir jamais eu. S’il ne nie pas une seconde l’existence de son courrier, il le présente comme… une réponse à une sollicitation de l’équipe municipale de Serge Parre, soucieuse de recueillir son avis sur le remaniement d’un projet qu’il a conçu. Ce n’est pas du tout le sentiment que la lecture de cette lettre inspire. Et puis lui, Gérard Lancereau, contrarié ? Certainement pas. « Moi, je n’ai pas d’opposition de principe… Si la commune veut détruire mon ouvrage, elle le détruit ». D’autant qu’ « aujourd’hui, elle est propriétaire ». Dans le même temps pourtant, le professionnel convient qu’ « il y a une question de propriété intellectuelle ». Avant de souligner « la courtoisie avec laquelle la municipalité de Beynac lui a répondu »… et donc de convenir cette fois qu’elle n’a pas eu besoin de lui demander son avis pour qu’il le donne, et retient que « maintenant, la municipalité est avertie »… Aussi, poursuit-il… à quoi bon évoquer le contenu de sa missive ? C’est qu’à ses yeux, autour de Beynac, la tension est bien vive…  « Moi, je m’en fiche, je suis à 400 km… ». Et d’inviter à « faire très attention ». À quoi ?

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