Départementales 2021 : pour Joëlle Huth, « à droite, le problème, c’est qu’il faudrait un chef de file… Or, c’est je t’aime moi non plus qui règne »

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Joëlle Huth
Joëlle Huth (© Territoire Magazines)

Y aura-t-il du Covid-19 à Noël ? Oui. Que papi et mamie se calent dans la cuisine pour manger la bûche, et la magie sera sauve. Il n’y a pas d’empêchement qui ne trouve sa solution. Y aura-t-il des élections départementales en 2021 ? Oui, même s’il reste à arrêter une date en juin, après que le principe de leur report ait semble-t-il fait consensus. Finalement, le fonctionnement démocratique sera sauf. Y aura-t-il un enjeu en Dordogne ? Le conseiller départemental Joëlle Huth, récemment encarté chez Les Républicains, veut le croire. Mais la majorité départementale ne sera, dit-elle, éventuellement renversée que si « la droite ratisse large ». Un mode open grosso modo acquis, qui laisse à penser qu’il n’y a plus qu’à… si, toutefois, « un chef de file » est en mesure de le mettre en musique. Heureusement n’est-ce pas, il n’y a pas d’empêchement qui ne trouve sa solution…

« Je suis un peu désespérée car je pense que, dès le lendemain des sénatoriales 2020, la gauche s’est installée dans les starting-blocks… ». Plus exactement, c’est surtout de voir qu’en miroir, la famille de la droite s’échauffe encore sur la touche du terrain qui accable le conseiller départemental Joëlle Huth. Le 27 septembre dernier, la candidate de la droite et du centre avait cru participer à renverser la table, en se désistant au 2nd tour en faveur du candidat MoDem Jean-Pierre Cubertafon, mieux placé pour coiffer la candidate PCF Marie-Claude Varaillas sur le seuil de la porte du sénat. Si l’affaire a échoué, c’est de peu, et une dynamique a paru s’enclencher en Dordogne, où la gauche règne à peu près partout sans partage, et depuis des lustres. Même si, encore une fois, à l’automne, la démonstration a capoté, elle a été vécue comme un signe encourageant, à même de galvaniser les troupes de la droite et du centre. Las, force est de constater qu’au moment de « se retrouver, dans les semaines qui ont suivi le scrutin », les LR, l’UDI et le centre droit en étaient encore à « lister un par un les cantons gagnables » aux départementales 2021… et à chercher quelle stratégie adopter. Le brainstorming a accouché de « l’idée de ratisser large ». En somme, retour à la case de l’entre-deux tours des sénatoriales. Avec à la clé un questionnement… lumineux : « comment fait-on pour avoir les 13 binômes ? ». À entendre Joëlle Huth, la famille de la droite et du centre fait du surplace. La voilà, la misère, quand, conjointement, la conviction prospère qu’une brèche a été ouverte dans la forteresse de la majorité politique périgourdine. « Le problème, c’est qu’il faudrait un chef de file… », mais entre les leaders potentiels, « c’est je t’aime moi non plus ».

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« Dans ses discours, Germinal Peiro ne jure que par la démocratie, que, dans les faits, il piétine »

« De ses querelles intestines, le PS a fait table rase ». En Dordogne, la gauche aurait le sens de la gagne. À la veille d’une échéance électorale, elle deviendrait même offensive. Il n’y a qu’à se souvenir du spectacle de la candidate EELV aux sénatoriales Marilyne Forgeneuf « manger son chapeau » au 2nd tour. Au contraire, avec une régularité d’horloge, la droite pècherait par indiscipline. « Le souci est là. On a en effet la droite la plus bête du monde ». Avant de se lancer en politique, Joëlle Huth pressentait qu’on ne pouvait pas y compter uniquement sur des alliés. Maintenant, elle a appris qu’on ne peut y compter sur personne, à peu près. Dans son métier, c’est bien simple, c’est tout simplement le schéma opposé. Mais halte, stop au dessaississement. « Je voudrais faire évoluer la majorité du Département… ». Si, malgré les atermoiements tactiques de sa famille, Joëlle Huth reste prête à se bagarrer pour emporter un canton, c’est parce que « le manque de démocratie en Dordogne est criant ». Les « règlements de comptes après-sénatoriales » l’ont encore ulcérée. « Des communes ont eu l’argent pour acheter un tracteur, d’autres en ont été privées ». Verrait-on le chirurgien Huth décider d’opérer un patient selon qu’il dirige une entreprise ou qu’il balaie les rues d’une cité ? « Non, évidemment ». Le défaut patent de démocratie s’accompagnerait, en terre périgourdine, du discours totalement discordant du président du Département Germinal Peiro, qui ne jure que par le culte de celle-ci. En résumé, il idolâtrerait haut et fort ce qu’il piétine en réalité consciencieusement. « Les dés sont pipés ». C’est une raison suffisante pour que Joëlle Huth continue de croire que l’objectif d’ « une large ouverture de la droite et du centre » sera atteint par sa famille politique. De son côté, elle est « en pourparlers » avec le député Jean-Pierre Cubertafon.

« Ce qui compte quand on est aux affaires, c’est d’expliquer ses choix »

« Dans les dossiers que j’ai travaillés, j’ai défendu des solutions utiles pour le territoire ». Son métier de chirurgien conduit souvent Joëlle Huth à se retrouver « devant un problème » en pleine opération. À ce moment-là, « il faut trouver une solution pour le contourner ». Cet impératif de résultat est à ses yeux transposable dans le bain politique, réplication qu’elle appelle « imaginer faire de la politique autrement ». En revanche, quand le chirurgien Huth contourne une difficulté au bloc, il ne s’engage que s’il sait qu’ « il va arriver au bout » de la voie alternative qu’il a choisie. Son métier lui a aussi appris à justifier tous ses arbitrages par écrit pour rendre compte. Pour autant, il ne lui interdit pas d’emprunter l’alternative qui consiste à « ne rien faire », qui peut être la meilleure. En appliquant la méthode dans le bain politique, pour exemple, « vous avez la solution de ne pas faire de déviation de Beynac et de faire passer les camions par la D25, et de remplacer des autobus de 40 élèves par des fourgonnettes de 10 places, qui passent plus facilement dans la traverse du bourg ». Ce qui compte à ses yeux, c’est d’ « expliquer ses choix quand on est aux affaires ».

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« La famille de la droite et du centre a besoin d’une bonne psychothérapie de groupe »

« Dominique Bousquet me dit que c’est très compliqué, qu’il ne sait pas comment faire ». Le surplace chez LR aurait en outre dépassé les frontières de la Dordogne, entravant aussi l’élaboration d’une stratégie parisienne. « Il ne faut pas mettre d’huile sur le feu, mais des messages ont été brouillés ». Total : aujourd’hui, « il est difficile de se raccrocher à un train qui, après être allé de l’avant… est à l’arrêt, avec des wagons qui se détachent ». Joëlle Huth a adhéré à LR avec l’idée que cette dislocation ne pouvait pas advenir. « Je suis déçue car il n’y personne qui me prenne la main pour me guider ». Or, le conseiller départemental Huth est certain que « LR ne peut pas gagner tout seul » et qu’il est urgent de cesser de s’entredéchirer façon cour de récréation comme de « faire fi du passé ». Un profil comme celui de Jonathan Prioleaud -que LR a, en son temps, poussé dehors– lui semble constructif parce qu’il est « clair dans son discours et sans sa tête ». Reste toutefois à croiser les doigts pour que, « comme tout représentant politique », il ne se mette pas à louvoyer. En tout état de cause, « il a gagné Bergerac » et « quand on a ce genre de personne, on ne la lâche pas ». Dans le même temps, Joëlle Huth se demande s’il ne faudrait pas que « des Dominique Bousquet et des Thierry Boidé lâchent un peu prise pour que ça avance ». Autant de questions qui ne la font toujours pas renoncer à croire en la « reconstruction de la droite et du centre » : il suffirait, pour aboutir, de « discuter » collectivement. Rien de mieux en clair qu’une bonne « psychothérapie de groupe ». D’autant qu’aux départementales 2014, les mêmes maux avaient été identifiés : on hésitait entre untel et untel, à l’aulne de rancœurs macérées.

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« Je suis prête à discuter avec des socialistes, à condition qu’ils prennent l’initiative de tendre la main, dans l’intérêt de leur canton »

« Il faut s’entendre autour d’une politique simple et efficace, se rassembler autour d’un projet ». Joëlle Huth a le sentiment d’avoir fait la démonstration que ce rassemblement était possible, en formant un binôme avec l’UDI Thierry Cipierre alors qu’elle n’avait elle-même pas d’étiquette partisane. Jusqu’où pourraient s’envisager ces alliances ? Peut-on imaginer des binômes LR-PS aux départementales 2021 ? « Je ne crois pas que ce soit possible ». Pour un motif principal : « les socialistes votent comme un seul homme pour le PS ». Elle se souvient que les deux conseillers départementaux qui, après la victoire de Emmanuel Macron en 2017, avaient voulu rejoindre les rangs du mouvement En marche ! avaient été priés de se rasseoir sur les bancs socialistes et d’oublier l’idée de pouvoir les quitter. Même si, en revenant sur l’hypothèse d’alliances apparemment grand écart, des binômes LR-PS seraient envisageables… mais à la seule condition que les socialistes « prennent l’initiative » du rapprochement « au nom de l’intérêt de leur canton ». Joëlle Huth est « d’accord pour discuter »… sans parvenir encore à se persuader qu’elle aura un jour l’occasion de le faire. D’autant qu’elle a en tête la fragilité de ces duos électoraux. « Déjà, presque tous les binômes de 2014 ont éclaté en cours de mandat… ».

1 COMMENTAIRE

  1. Un discours très clair qui met les politiciens de droite face à leur responsabilité. Cette femme a le grand mérite d’etre responsable.c’est un exemple pour ces hommes fuyards et regardant sombrer leur département par des hommes socialistes « tous » à ma botte. Quand on pense qu’aucun d’eux n’a le courage de dénoncer un projet personnel du président de département….c’est affligeant. Messieurs les opposants dignes de cette opposition ayez le courage de vous lever, vous unir, prouver votre courage comme cette conseillère qui est volontaire et doit vous servir d’exemple. Le socialisme périgourdin est une cour des miracles qu’il faut affronter sans compromis. Regarder la bassesse d’avoir appuyer une déviation inutile à Beynac pour obtenir une déviation indispensable à sarlat….qui n’est toujours pas réalisée. Ayez un peu d’honneur et suivez Joelle Huth, ça vous fera du bien. La dordogne ne demande que ça. Courage, soyez dignes de vos opinions. C’est votre ouverture,votre ténacité, et votre persuasion qui vous feront gagner.

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