Abattoir de Ribérac : pour Jean-Pierre Cubertafon, le maire Nicolas Platon a « une approche sectariste » et c’est « au détriment des Périgourdins »

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Jean-Pierre Cubertafon (© Territoire Magazines)

Dans un communiqué diffusé ce vendredi 20 novembre 2020, le député ModeM de la 3e circonscription de la Dordogne Jean-Pierre Cubertafon indique son « grand étonnement » dans la conduite du dossier de l’abattoir de Ribérac par le maire de la cité Nicolas Platon, également PD-G de la SEMOP qui gère le site. Le parlementaire du Nontronnais, qui a mouillé la chemise pour attirer l’attention du ministère de l’Agriculture sur la situation alarmante du site, a en effet appris que le premier magistrat avait choisi de réserver l’annonce d’un axe majeur de son projet pour sauver l’abattoir… en prenant soin de le lui taire. En revanche, Nicolas Platon a manifestement voulu rapatrier deux autres parlementaires dans le dossier, qui n’avaient pu jusqu’alors se libérer pour y travailler : les deux nouveaux sénateurs Serge Mérillou (PS) et Marie-Claude Varaillas (PCF). Sous la forme retenue, contenue, policée de son communiqué, on comprend que Jean-Pierre Cubertafon est juste un tantinet ulcéré de constater que les intérêts politiques partisans prévalent en matière d’ « action publique » car ce sera « toujours » au détriment des habitants de la Dordogne.

« Aujourd’hui, par voie de presse, j’apprends, avec un grand étonnement, l’organisation d’une visite de l’abattoir de Ribérac par M. Nicolas Platon, président du conseil d’administration et maire de Ribérac. Cette visite s’est tenue en présence des éleveurs, mais aussi des deux sénateurs de Dordogne ». Non, le député MoDem de la 3e circonscription de la Dordogne ne monte pas dans les tours en apprenant par la bande qu’il a tout bonnement été écarté de cette réunion. Au contraire, il se félicite que les sénateurs Serge Mérillou (PS) et Marie-Claude Varaillas (PCF) aient enfin pu trouver un moment pour « se mobiliser » sur le sujet du devenir du site.

« Le choix du travail en commun a déjà payé dans le cas de l’abattoir de Thiviers »

Toutefois, Jean-Pierre Cubertafon, qui s’est investi dans la recherche d’une solution de sauvetage de l’abattoir de Ribérac, « regrette de ne pas avoir été invité » à cette visite du site car il « aurait eu plaisir » à poursuivre les efforts qu’il a engagés. « Nous aurions pu croiser nos points de vue et préparer nos futures actions communes ». Le député, qui a un peu étudié le dossier, mesure son « importance » pour Ribérac, mais aussi pour « la filière animale périgourdine ». C’est, rappelle-t-il, qu’il planche sur l’émergence d’une issue favorable… « depuis le 17 février 2020 ». Des difficultés préoccupantes avaient en effet éclaté au grand jour quand le groupe Arcadie Sud-Ouest avait annoncé sa réorganisation industrielle. Jean-Pierre Cubertafon s’était rapproché des différents acteurs impliqués (direction, salariés, élus, éleveurs) pour que l’avenir des abattoirs de Ribérac et de Thiviers soit assuré car seul un travail en commun pouvait à ses yeux le permettre. Et… banco à Thiviers, poursuit-il, puisqu’une « solution pérenne » a été trouvée, avec la reprise du site par le groupe Carnivor.

Un projet de presque 1,4 M€ évoqué auprès du ministère de l’Agriculture, qui attend un pré-projet 

Cet exemple ne pouvait, aux yeux du député du Nontronnais, rester isolé, d’autant qu’il avait appris que l’on s’acheminait vers une mise en redressement judiciaire de l’abattoir de Ribérac . Le 16 octobre, indique-t-il dans son communiqué, il a alors proposé au maire de Ribérac Nicolas Platon cette méthode du travail en commun, pour tenter de bâtir un avenir au site local. Il y avait selon lui un moyen qui méritait d’être tenté : « intégrer la modernisation de l’abattoir au plan de relance et à son volet filière animale ».

LIRE AUSSI : Abattoir de Ribérac : Jean-Pierre Cubertafon tend la la main au maire de Ribérac Nicolas Platon (va-t-il la saisir ?)… et Philippe Chotard exclut l’idée « de ne pas tout tenter » 

De fait, le 30 octobre, Nicolas Platon pouvait, en présence du député Cubertafon -qui se réjouissait de le voir « jouer le jeu, montrer plus de motivation »- exposer la situation de l’abattoir de Ribérac au conseiller filières animales santé et bien-être animal Urwana Querrec, mais aussi le projet de salle de découpe qui « pouvait assurer l’avenir » du site -au total et selon plusieurs sources concordantes, c’est d’un investissement de presque 1,4 M€ dont il serait question. Cette réunion avait déjà pu aboutir à une réponse du ministère : oui, le cas de l’abattoir de Ribérac était « éligible » au plan de relance. Cependant, celui-ci exigeait naturellement qu’un pré-projet circonstancié lui soit présenté.

« Malheureusement, il semble que la volonté de continuer ce travail commun et transpartisan autour de l’abattoir de Ribérac ne soit plus d’actualité pour le maire de Ribérac »

« Malheureusement, il semble que la volonté de continuer ce travail commun et transpartisan autour de l’abattoir de Ribérac ne soit plus d’actualité pour M. le maire. Je le regrette bien évidemment : privilégier une approche sectariste de l’action publique se fera toujours au détriment des Périgourdins ». Mais si Jean-Pierre Cubertafon a du mal à encaisser son évincement d’un dossier qu’il a poussé, il réaffirme, en conclusion de son communiqué, que « (sa) mobilisation reste pleine et entière ». Pour garantir un avenir à l’abattoir de Ribérac, on peut toujours le joindre, il décrochera volontiers son téléphone et poursuivra le travail engagé.

« En 2021, l’heure sera à l’expérimentation des abattoirs mobiles… »

« Ne t’inquiète pas, je suis le dossier ». Il se trouve que le député de la 3e circonscription de la Dordogne sortait, ce vendredi 30 octobre, d’une conférence avec le ministre de l’Agriculture. Celui-ci était « parfaitement au courant » de la réappropriation du dossier de l’abattoir de Ribérac par d’autres parlementaires, qui avaient donc cette fois pu trouver du temps de se rendre sur le site de Ribérac. Et, en poursuivant le ministre Julien Denormandie, qui venait de répondre  à sa question orale, pour lui reprocher d’avoir confondu Thiviers et Ribérac, il semble à Jean-Pierre Cubertafon que le sénateur Serge Mérillou, n’a pas été bien pertinent. Toujours est-il qu’aujourd’hui, le ministre de l’Agriculture « s’est délibérément abstenu de commenter » la satellisation du député Jean-Pierre Cubertafon. Mais il faut savoir, ajoute-t-il, que l’heure était à évoquer l’expérimentation des abattoirs mobiles, qui devrait démarrer en 2021…

La truffe du Périgord vers une classification IGP 

Le parlementaire du Nontronnais a, en tout cas, pu aussi mettre le dossier de la truffe du Périgord sur la table du ministre de l’Agriculture et avancer sur la voie de sa classification IGP. Une nouvelle qu’il juge encourageante pour le territoire… et qui n’a pas eu encore le temps de tomber dans la querelle partisane.

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