Périgueux : la cérémonie « épurée » du 11 novembre 2020 tient le symbole de la reconnaissance à bout de bras

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11 novembre 2020
Les corps constitués, ce 11 novembre 2020, à Périgueux (© Territoire Magazines)

Confinement et cérémonie ne vont pas bien ensemble. Si le gouvernement a jugé impératif de sauver les commémorations de l’armistice du 11 novembre 1918, c’est à la condition qu’elles se déroulent en comité restreint et sans public. À Périgueux, le préfet de la Dordogne et les représentants des corps constitués ont dû, comme partout ailleurs en France, porter seuls le symbole de la mémoire de la Nation aux Poilus et à l’ensemble des soldats morts pour la France, notamment au cours d’opérations extérieures.

Sur l’esplanade du souvenir, à Périgueux, le préfet de la Dordogne Frédéric Perissat et les représentants des corps constitués ont fait comme si cette cérémonie du 11 novembre 2020 ressemblait à toutes les autres qui se sont tenues, presque chaque année depuis la fin de la Grande Guerre. Et force est de constater que faire reposer la charge de témoigner le souvenir ému de la Nation aux bataillons d’hommes tombés pour la défendre pendant le conflit de 1914-1918 ou bien qui en sont ressortis entaillés à jamais, ainsi qu’à tous ceux qui continuent, notamment sur les théâtres des opérations extérieures (depuis la loi du 28 février 2012), sur une poignée d’épaules, était une sacrée charge. En plein confinement lié à la crise sanitaire du nouveau coronavirus, ils ont dû faire symbole seuls, en se passant du concours du regard de la population. Même le nombre des participants officiels habituels avait été réduit.

Jean-Claude Valbousquet est venu pour l’Union français des associations de combattants et de victimes de guerres (UFAC) qu’il préside, sachant qu’il est aussi le président des cheminots Anciens Combattants et vice-président départemental de l’Office national des Anciens Combattants (ONAC).  Serge Rajaud est venu pour les Fils des Morts pour la France, association créée en 1927.

Deux porte-drapeaux ce 11 novembre 2020, à la cérémonie commémorative de l’Armistice de la Grande Guerre (© Territoire Magazines)

Régis Lauseille est venu comme porte-drapeau des Fils des Morts pour la France.

Nicolas Dumon est venu comme porte-drapeau de l’UFAC. « C’est exceptionnel. Logiquement, je porte celui de la Légion d’honneur ».

Le colonel Louis Pauty, qui est le commandant du groupement des gendarmerie de la Dordogne, et le lieutenant-colonel Arnaud Dartencet, qui est le délégué militaire départemental, encadrent la rangée des représentants des corps constitués, au milieu desquels le préfet de la Dordogne Frédéric Perissat est positionné. On y voit le conseiller départemental (et vice-président de la collectivité) Mireille Bordes, qui est là pour le président du Département Germinal Peiro, le député de la 1ère circonscription Philippe Chassaing, le sénateur Marie-Claude Varaillas, le maire de Périgueux Delphine Labails.

Trois orateurs se succèdent au micro : Jean-Claude Valbousquet, qui rappelle les nombres effarants des soldats français tombés au champ d’honneur (1,4 million), les autres 740 000 mille ressortis vivants de l’enfer de la Grande Guerre… mais invalides, les milliers qui ont été blessés. Autant d’hommes qui se sont sacrifiés pour « un idéal de paix, de liberté et de fraternité ». Autant d’hommes « morts pour la France », auxquels la Nation rend hommage, sachant donc que, depuis 2012, elle célèbre le même jour le souvenir de toutes les victimes d’actes de guerre, et c’est ce qui a permis d’inclure celui des soldats tués en opérations extérieures. Le président de l’UFAC conclut son bref discours en rappelant qu’ « en 2020, l’UFAC estime que la situation internationale rend le rôle des Nations Unies plus important que jamais ».

C’est ensuite le préfet Perissat qui a lu la lettre du ministre des Anciens Combattants Geneviève Darrieussecq, qui rappelle que 2020 est le centième anniversaire de la création d’une tombe au Soldat inconnu, où il est inhumé le 28 janvier 1921 à l’abri des voûtes de l’Arc de triomphe -depuis 1923, indique également le ministre délégué aux Armées, on ravive jour et nuit la flamme qui veille sur lui car on n’éteint jamais son souvenir. Ce soldat porte en réalité le nom de tous ses frères de peine morts pendant la Première guerre mondiale.

Le lieutenant-colonel Dartencet a égrené la liste des noms des hommes qui ont péri en opérations extérieures depuis le 11 novembre 2019. À l’énoncé de chacun de leurs noms, un « mort pour la France » a résonné sur l’esplanade du souvenir.

Maurice Genevoix, le « porte étendard de millions de frères d’armes », a écrit le ministre Darrieussecq est entré au Panthéon ce 11 novembre 2020. « C’est justice » commente tout simplement Jean-Claude Valbousquet.

1 COMMENTAIRE

  1. Il est dommage que le Président du Département se fasse représenter pour une cérémonie du souvenir si importante mondialement. Le respect des vivants à l’égard de ceux qui ont perdu la vie pour sauver leur pays ne doit être entaché sous aucun prétexte.

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