Régionales : Isabelle Hyvoz a (toujours) envie d’y aller et merci de dire « stop au copinage »

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Isabelle Hyvoz
Aux régionales 2021, Isabelle Hyvoz souhaite être le n°2 d’une liste conduite en Dordogne par Jonathan Prioleaud (© Territoire Magazines)

Oui, Isabelle Hyvoz est « très intéressée » par le scrutin des régionales 2021, et pourquoi donc en serait-il autrement ? Elle l’était déjà en 2015, et d’une. Elle a emporté haut la main la mairie de Thiviers le 15 mars dernier, et de deux. Le premier magistrat juge en outre qu’il est temps que la droite et le centre se souviennent que sa circonscription -la 3e– existe, observation qui vaut pour deux conseillers régionaux sortants qui ont exprimé leur désir d’être candidats à leur réélection. Isabelle Hyvoz souhaite la 2e place d’une liste que le maire de Bergerac Jonathan Prioleaud conduirait, pour « rassembler autour d’un projet » : sans renier sa famille politique, elle est convaincue que les temps ne sont plus aux étiquettes politiques, et qu’il faut « s’adapter aux électeurs ».

« J’ai été un bon petit soldat ». Isabelle Hyvoz est allée aux élections départementales en 2015, après avoir été la suppléante du candidat aux sénatoriales Jean-Jacques de Peretti l’année précédente, elle a aussi « fait les législatives » en 2017, en avalant plus de 30 000 km en 4 mois de campagne, pendant lesquels elle a assuré plus de 35 réunions publiques, en « se sentant un peu seule dans une circonscription énorme ». Bref, elle a le sentiment d’avoir mouillé la chemise pour sa famille politique (UMP) et elle n’en conçoit aucun regret. Simplement, elle a constaté que la « reconnaissance » des siens n’avait pas toujours été au rendez-vous. Et paraît avoir fini par en tirer la leçon pratique, à partir de 2017.

Candidate aux régionales 2020 au nom de « la logique » et de « l’équité territoriale »

« Il y avait une dynamique de terrain énorme ». En 2017, la course à la députation se présente bien pour Isabelle Hyvoz… jusqu’à ce qu’un concurrent se déclare à une encablure du scrutin. La photo de Jean-Pierre Cubertafon est associée à celle du Président de la République Emmanuel Macron, fraîchement élu. Plus rien ne suffit pour résister à « la vague du mouvement En marche ! », qui déferle sur la France. Isabelle Hyvoz va, dès le soir du 1er tour, appeler à voter pour son concurrent, alors maire de Lanouaille. « C’est un ami de longue date, la combat avait été loyal, je suis centre droit ». En clair, trois cases sur trois sont cochées, elle se décide sans barguigner. Qui sait si l’intérêt que Isabelle Hyvoz avait témoigné deux ans plus tôt pour les Régionales -intérêt resté dans l’œuf- n’y a pas été pour quelque chose. Elle s’interdit dire plus. « Le grand déballage ne grandirait pas ma famille politique. Les Régionales sont toujours le moment de guerres en interne dont on se passerait bien ». Alors que l’heure de les rejouer approche (même si l’éventualité de différer la date du scrutin se profile, dans le contexte de crise sanitaire que la France traverse qui a remisé le sujet, au plan médiatique, au second plan), Isabelle Hyvoz fait avant tout état d’un constat, qui au demeurant valait déjà à l’époque, à une poignée d’années près : « voilà plus de 30 ans que la 3e circonscription n’a pas eu de candidat de la droite et du centre en position éligible ». La « logique » et « l’équité » territoriale plaident bien en faveur de sa candidature aux régionales 2020, c’est aussi simple que ça.

« Aux municipales 2020, pour moi, c’était un peu le jeu de la vérité »

« J’ai pris un peu de recul vis-à-vis de LR ». Pour le dire autrement, Isabelle Hyvoz n’est pas à jour de ses cotisations. Or, elle juge que cette distance a été un ingrédient décisif dans sa victoire aux municipales 2020. « C’est le rassemblement pour ma ville autour d’un projet qui m’occupait, ce n’était pas l’étiquette politique ». Pour la candidate qui emmenait la liste Thiviers Agir ensemble dans la bataille pour la mairie, « c’était un peu le jeu de la vérité ». Elle avait également pour elle l’expérience des affaires locales, en ayant déjà siégé comme adjointe au conseil municipal, et avait été de l’équipe des créateurs de la première communauté de communes. Isabelle Hyvoz est devenue le maire de Thiviers, après que sa liste Thiviers Agir ensemble a emporté les élections au 1er tour le 15 mars 2020, par un score sans appel -73,29% contre 26,71% pour son concurrent le maire sortant Pierre-Yves Couturier, qui conduisait la liste Nous sommes Thiviers. Cette victoire lui fait penser que le rassemblement autour d’un projet est pile ce dont les électeurs ont envie. Plus tard, elle « ne pouvait pas être contre » non plus l’union LR-MoDem aux sénatoriales 2020. « Il y avait une logique à rassembler les forces de droite. Au 1er tour on choisit et au 2nd tour, on élimine ». L’élargissement du paysage de sa famille politique au 2nd round, c’est la ligne que son homologue de Bergerac Jonathan Prioleaud défend. Isabelle Hyvoz veut donc se ranger derrière lui, qui entend être tête de liste en Dordogne. À la place juste après, en numéro 2.

« Dans la 3e circo’, on est un groupe de femmes militantes qui n’ont pas envie de se laisser faire, qui se sont battues pour en arriver là, en donnant une autre image de la politique »

« Il faut faire de la politique autrement : défendre un projet pour rassembler au lieu de défendre une carte politiqueIl faut s’adapter aux électeurs ». Pas question, pour Isabelle Hyvoz, de « renier » la couleur de la bannière -LR- sous laquelle elle a mené « tous ses combats ». Mais aujourd’hui, les faits parlent d’eux-mêmes : « avec Emmanuel Macron, on a vu nombre de personnalités des partis de droite et de gauche disparaître ». Or, en entendant l’évolution de l’électorat comme elle l’a fait à Thiviers, d’autres victoires ont été actées, « à Nontron (Nadine Herman-Bancaud), à Saint-Pardoux-la-Rivière (Sylvie Gouraud), à Excideuil (Marie-Laure Lacoste), à Savignac-les-Églises (Evelyne Roux) ». Des résultats justifiés à ses yeux. « Dans la 3e circonscription, on est un groupe de femmes militantes qui n’ont pas envie de se laisser faire, qui se sont battues pour en arriver là, en donnant une autre image de la politique ». Sachant qu’à ses yeux, « il y a des adjectifs pas trop sympa’ réservés aux femmes politiques », elle assure le vérifier : pour le genre féminin, « ce n’est pas facile depuis 20 ans ». Au point qu’il leur faille « travailler plus » que les hommes.

« Je suis pour la prime aux gagnants (…) et Nathalie Fontaliran et Antoine Audi sont deux beaux perdants  »

« Je suis pour la prime aux gagnants ». Cette condition vient en plus de sa préférence pour « ceux qui rassemblent sur ceux qui divisent ». Avec un commentaire implacable. « Nathalie Fontaliran et Antoine Audi sont deux beaux perdants ». Ceux-ci n’auraient pas pour autant le douloureux privilège de la défaite. « Tous ceux qui ont perdu étaient encartés LR. Les gagnants (aux municipales 2020) ont été ceux qui n’étaient pas encartés ». À Périgueux, « une certaine dynamique » existait derrière Antoine Audi au scrutin de 2014. « Là, ce n’est plus le cas ». Et puis, ni ce perdant-là, ni cette perdante-ci n’auraient une seule fois téléphoné à Isabelle Hyvoz pendant leurs mandats. « Dans la 3e circonscription, ça fait longtemps qu’on ne connaît pas le conseil régional et c’est fort regrettable car on sait qu’il y a des lignes budgétaires à flécher ». Aujourd’hui, le nouveau maire de Thiviers prépare un plan d’investissements importants, avec deux gymnases à réhabiliter. Or, elle « n’a aucun contact ». Total : elle « fait leur travail ». En revanche, elle est en liaison avec Josie Bayle (également adjointe au commerce et à l’artisanat à Bergerac), et Thiviers a eu très récemment la visite du président de la région Nouvelle-Aquitaine Alain Rousset pour le pôle d’excellence cuir. Même observation à propos du programme Petites ville de demain. « Une cité qui a de grosses charges de centralité peut obtenir 40 à 45% d’aides… mais elle ne peut toujours pas autofinancer les 55 à 60% restants, il faut aussi que la Région suive. On a dû louper des choses… » -le recul reste toutefois court : ce programme a été lancé officiellement par le ministre de la Cohésion des territoires Jacqueline Gourault le 1er octobre 2020. Le premier magistrat fait valoir en tout cas que Thiviers est aux portes du parc naturel régional Périgord-Limousin, qui constitue un premier lien de fait avec la grande collectivité. Ce n’est pas le seul motif à entretenir le lien : la ville compte un lycée, une gare et parie sur le tourisme… trois thèmes qui relèvent de ses compétences.

« On ne parle que de Beynac. À Thiviers, on a 300 camions/jour 12 mois sur 12 »

« Je suis une élue du nord Dordogne qui a aussi des problèmes de déviation ». L’augmentation de la zone d’exploitation de la carrière de Thiviers est en cours, alors que son exploitation génère déjà « un trafic de 300 camions/jour dans la ville… et 12 mois sur 12 ». C’est dire qu’ici aussi, « on réfléchit à une déviation, à une solution ». C’est un type d’aménagement qui occupe fort la Dordogne, pointe Isabelle Hyvoz, sachant que « forcer le destin à Beynac n’était peut-être pas une bonne méthode… ». Toujours est-il qu’ « on ne parle que de Beynac ». Plus largement au demeurant, le maire de Thiviers estime qu’ « il y a une fixation sur le sud du département ». De quoi lui faire poser une question : « entre Lascaux et Beynac, que reste-t-il au Département ? C’est que nous avons des collèges et des routes… ».

« À gauche, à un moment donné, on se range derrière un chef de file et, ça, la droite ne sait pas le faire »

« C’est une ligne de conduite claire, juste, que l’on n’a plus aujourd’hui, dont on a besoin. C’est pourquoi je ne suis pas à jour de mes cotisations chez LR ». D’ailleurs, merci d’indiquer combien pèse LR en Dordogne aujourd’hui. Un phénomène qui, si, ici, n’est pas une singularité, aurait quand même ses explications locales. « Il y a un problème de passé qui est assez lourd ». Pour autant, Isabelle Hyvoz est d’avis qu’ « il ne faut pas refaire l’histoire, et être au contraire plus tournés vers l’avenir, être attentifs à nos concitoyens au-delà de nos militants ». Sachant que le parti périgourdin serait « éclaté en son milieu », rejetant d’un côté le centre droit, et de l’autre « une droite plus dure »… sans qu’une passerelle ne soit encore tendue entre les deux camps. Comme Jonathan Prioleaud, même si le maire de Thiviers glisse un « pourquoi pas » qui pourrait s’interpréter comme une réserve, n’exclut pas l’idée qu’avec des LR cohabitent « des gens de la gauche ». En tout état de cause, impossible à ses yeux de « rester dans son couloir et les élections municipales l’ont prouvé ». D’autant qu’elle est certaine que « les gens en ont assez (des esprits partisans) » et qu’il n’y a pas de temps à perdre quand « rien n’est simple dans les communes, dans les Départements, à la Région ». Sans compter quand l’histoire démontre qu’ « à gauche, à un moment donné, on se range derrière un chef de file, quand, ça, la droite ne sait pas le faire ».

LIRE AUSSI : Antoine Audi : « Alain Rousset n’est pas flambant neuf et Germinal Peiro ne fera pas demi-tour dans l’impasse »

« Il faut peut-être que chacun parte de son côté aux Régionales 2021, pour être plus clairs. Mais il faut fixer les règles du jeu du second tour »

« Il faut peut-être que chacun parte de son côté aux Régionales 2021, pour être plus clairs. Mais il faut fixer les règles du jeu du second tour ». Cette stratégie serait d’ailleurs en train de se déplier avec le MoDem. Jonathan Prioleaud a, de son côté, confirmé avoir parlé avec Geneviève Darrieussecq, l’ancien maire de Mont-de-Marsan, tête de liste déclarée de la majorité présidentielle. Le ministre chargé de la Mémoire et des Anciens combattants a téléphoné au maire de Bergerac. La stratégie LR-MoDem a d’ailleurs « déjà été expérimentée au scrutin des régionales ». Et Antoine Audi, qui a fait part de ses aspirations ? Et Nathalie Fonatliran, qui a aussi avancé ses pions ?. « Ils ont leur place à partir du 5e rang. Comme nous avant, on tourne, chacun son tour ». Oui, la majorité de la Nouvelle-Aquitaine pourrait basculer. « Les écologistes partent seuls, donc ça affaiblit le président Alain Rousset sur sa politique environnementale. Et les écologistes y vont après avoir fait tomber Bordeaux ». Sans compter des « faiblesses dans la gouvernance actuelle ». Parmi lesquelles un président qui a tout l’air de décider seul, plus globalement une méthode qui paraît « un peu monolithique », une « usure » aussi qui donne à croire que « ça ronronne », alors que « les gens ont besoin de fraîcheur ». Il y aurait bel et bien une chance de renverser la table. Mais à condition, pour sélectionner les candidats qui vont s’y atteler, d’ « essayer des règles du jeu justes, équitables et fiables, qui ne tiennent pas compte des copinages et qui soient applicables à tous ». Isabelle Hyvoz insiste. « C’est par ses combats, ses convictions, son engagement et pas par son carnet d’adresses qu’on progresse ».

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