Sénatoriales : Joëlle Huth, la candidate de la droite (encartée LR) à la parole libre

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Joëlle Huth
Joëlle Huth (© Territoire Magazines)

La conseillère départementale Joëlle Huth est l’unique candidate DVD aux élections sénatoriales 2020 en Dordogne. Le parti Les Républicains (LR) la soutient et elle a officiellement intégré ses rangs, en y prenant sa carte. Mais elle est surtout partisane… du « travail en commun » pour l’intérêt supérieur du territoire. Si elle est élue, Joëlle Huth entend jouer le rôle de « régulateur » entre « l’État mal en point » et « le Département PS tout-puissant en Dordogne ». Dans le même temps, elle revient sur le traitement que l’UDI lui a réservée, en début de campagne : Thierry Cipierre est servi.

« Je n’aime pas ce qui est fadasse, lisse et j’aime la transparence ». C’est la première raison qui explique que la conseillère départementale Joëlle Huth ait eu envie d’aller aux élections sénatoriales. « Porter un discours d’opposition à l’assemblée du Département de la Dordogne, c’est compliqué… ». D’abord parce que le rapport des forces y est très déséquilibré. « On n’est que 12 élus sur 50 ». L’autre motif à complication tient, poursuit-elle, au chef de l’exécutif de la collectivité. « Le président Germinal Peiro tient tout le monde par les subventions ». Or, Joëlle Huth a le sentiment de bénéficier d’un gros atout : être libre pour de bon. « Le président Peiro n’a pas de prise sur moi ». Le chirurgien n’attend pas après le Département pour travailler -et, au passage, l’observation vaut pour la fonction de sénateur qu’elle brigue. Joëlle Huth aurait ainsi volontiers fait valoir plus souvent les divergences de son groupe (Le Rassemblement de la Dordogne) avec la majorité si on ne lui avait pas demandé de garder ce qu’elle avait à dire pour une autre fois. À l’entendre, le calcul ou la stratégie politique et Joëlle Huth… ça ne matche pas.

« Le bon moment pour y aller »

« J’ai pensé que c’était peut-être le moment ». La deuxième raison de la candidature de Joëlle Huth tient aux circonstances. La crise du Covid-19 devrait durer « encore un an »… et la santé rester par conséquent un sujet prédominant. Or, c’est son sujet, puisqu’elle est médecin spécialiste. Ensuite, la possibilité qu’une candidature de droite transforme l’essai est, dit-elle, augmentée à ce scrutin puisqu’aucun des deux sénateurs de la Dordogne ne repart. Enfin, le temps n’a jamais été aussi opportun pour la candidature d’une femme, c’est un fait. Auparavant, elle avait apprécié que Xavier Darcos et Jean-Paul Daudou lui disent qu’elle pouvait « être utile » sans penser à sa qualité de femme et de médecin. Ce ne serait pas donc éprouver le sens du calcul ou de la stratégie politique que de ressentir l’air du temps.

« J’ai pris ma carte chez LR »

« J’ai pris ma carte chez LR ». C’est tout simple, Joëlle Huth s’est officiellement engagée « par respect pour un groupe qui (l)’a soutenue ». Elle a aussi pu mesurer combien il était difficile de faire la compétition sénatoriale toute seule, ce serait à ce titre un marqueur de cette élection. Toutefois, c’est avec son projet à elle qu’elle a fait campagne. La feuille de route qu’elle défend pour le territoire se fonde sur trois priorités, qu’il est impératif de comprendre comme interdépendantes.

Six propositions pour pallier le manque cruel de médecins en Dordogne

Il y a la priorité de la santé, avec une désertification médicale qui pénalise terriblement les habitants de la Dordogne. Joëlle Huth a arrêté 6 propositions pour pallier le manque de médecins : aller rencontrer les internes dans leur faculté bordelaise, en leur rappelant qu’ils peuvent bénéficier d’une bourse de 1 200 € par mois ; développer la télémédecine et elle e été de ceux qui ont poussé la solution de télémédecine connectée du Dr Vincent Lacoste, la « valise médicale », qui en a, depuis, fait évoluer une deuxième, beaucoup moins onéreuse : le « sac à dos médical » à destination des infirmiers libéraux ; privilégier la maîtrise de stage parce que les internes sont beaucoup plus enclins à s’installer sur le territoire où ils ont effectué ce chemin de compagnonnage ; réviser le classement des zones franches (zones franches urbaines et zones de revitalisation urbaine) qui impliquent que les nouveaux médecins bénéficient d’une aide de 50 000 € pendant deux ans ; préférer des médecins salariés « avec des contrats béton » qui les obligent… et « qui sont signés avant qu’ils n’arrivent, ce qui n’est pas toujours le cas aujourd’hui » ; augmenter le nombre de médecins coordonnateurs dans les EHPAD, dont le gouvernement a récemment découvert qu’ils étaient insuffisamment médicalisés. « En Dordogne, 30% des EHPAD sont médicalisés… ». De plus, ces médecins coordonnateurs « doivent avoir le droit de prescrire ». Joëlle Huth a par ailleurs calculé qu’il y avait au moins deux EHPAD dans chaque communauté de communes. De quoi lui suggérer l’idée que les habitants des intercommunalités « pourraient consulter chez ces professionnels » -ce qui, en outre, profiterait à la trésorerie de ces établissements.

Des intercommunalités dont la composition est déséquilibrée

« Il faut redonner de l’autonomie aux communes ». Pour illustrer le déséquilibre de leur représentation dans les intercommunalités, Joëlle Huth cite l’exemple de Paunat, cité d’environ 300 âmes à plus de 40 km du Grand Périgueux. « Son maire dispose d’une voix à l’agglo… il ne peut rien faire ! ».

Redonner confiance au milieu rural, dont c’est le moment

« Il faut redonner confiance au milieu rural ». Joëlle Huth voit des aides potentielles pour les 3 lycées agricoles, et est favorable à l’instauration du tutorat. Le confinement, dit-elle, a permis de remettre au centre des préoccupations de l’opinion le besoin de mieux manger, de manger bio, de recourir aux circuits courts : c’est, là encore, une occasion à ne pas laisser passer. Sans compter qu’à l’heure où de nouvelles mesures restrictives de la la vie en commun, liées à l’épidémie de SARS-CoV-2, ont été programmées par le gouvernement, « les gens vont être contents de s’échapper des grandes villes »… et la Dordogne pourrait être leur terre de destination. Reste que « encore faut-il du numérique » -et de remercier, en passant, Bernard Cazeau, « qui a préféré tout miser sur le tourisme » au lieu de s’en préoccuper. Sachant -oui, tous les axes de défense du territoire qu’elle propose sont interdépendants- qu’il faut s’atteler conjointement à ce que le réseau routier, les transports publics… soient à niveau. « La Dordogne, on y vient pour son bon air, parce que c’est beau, que l’on y mange bien… mais, sans wifi, c’est impossible de s’y installer ». En clair, sans cette condition numérique, pas de nouvelle entreprise… et pas de télémédecine mobile.

Prête à « mettre un coup de boule » pour travailler ensemble

« Il faut que tout le monde travaille ensemble ». Une conception de la chose publique que Joëlle Huth n’a pas nouvellement dégainé, juste en prévision des sénatoriales. « J’ai porté le dossier de la 1e année de médecine à Périgueux (PACES) avec les médecins, l’ARS, le PS, le PC, le Département, le Grand Périgueux… ». Alors, c’est vrai, précise la candidate, « il fallait mettre un coup de boule ».

« Être un élément d’équilibre entre l’État mal en point et le Département PS tout-puissant en Dordogne »

« Entre l’État qui est mal en point et le Département PS qui est tout-puissant en Dordogne, si j’étais élue au sénat, ça pourrait amener un élément d’équilibre ». C’est pour tendre une passerelle, endosser le rôle de « régulateur » entre la Chambre haute et le territoire que Joëlle Huth voudrait être élue. Pour occuper le rôle aussi de « caillou dans la chaussure ».

Volée de bois vert pour Thierry Cipierre

« Thierry Cipierre a agi par jalousie, il ne me croyait pas capable d’aller jusqu’au bout ». L’origine du fait que l’UDI a débranché la candidate Joëlle Huth après qu’elle ait fait consensus tiendrait à la volonté du LR Antoine Audi, qui s’était en effet opposé à ce qu’elle soit adoubée. Dans le même temps, la candidate a le sentiment que « c’est l’UDI qui a parlé plutôt que Thierry Cipierre ». Autrement dit, le maire de Couloumieix-Chamiers aurait été contraint de faire le sale boulot… sans que cette exécution ne trouble son état d’esprit pour autant. Reste qu’elle a aussi toujours en travers ses propos pointant son absentéisme à l’assemblée départementale. Alors elle a décroché son téléphone. « Moi, j’ai porté 32 dossiers, et toi (Thierry Cipierre), 29 ». Elle a aussi pointé que « quand (elle) travaille pour le Département, elle ne travaille pas pour (sa) commune ». Ce n’est pas toute la mise au point avec Thierry Cipierre… Après vérification, Joëlle Huth a compté, et elle peut affirmer qu’elle a siégé « à 67% du temps » à la commission permanente, alors que quand elle a accepté d’en être, « les réunions avaient lieu le lundi matin » : le médecin faisait alors une croix sur ses consultations. « Sauf que le président Peiro les a déplacées l’après-midi ». Total : à chaque réunion, Joëlle Huth a cette fois perdu « une demi-journée de bloc opératoire »… et la clinique dans laquelle elle exerce, « également ». Mais… non, la candidate n’en pas fini avec cette remise des points sur les « i ». Que Thierry Cipierre lui reproche d’avoir navigué « à droite, à gauche » n’est pas davantage passé. Jusqu’à très récemment, elle n’était pas encartée, et d’une. « Toi (Thierry Cipierre), à Coulounieix, tu as eu le soutien de LR et de LREM… Jean-Pierre Cubertafon dit même que c’est lui qui a gagné Coulounieix. Quand toi, tu aides Antoine Audi, qui est LR ». Bref, bref, bref, Thierry Cipierre aurait été bien inspiré de balayer devant sa porte avant de savonner la planche de Joëlle Huth, qui glisse une dernière précision, puisque son engagement au 1er tour des municipales 2020 à Périgueux lui a été également reproché. « Patrick Palem n’est pas encarté LREM ».

« Les élections sénatoriales devraient être territoriales au lieu d’être si politiques » 

« Des amis PS m’ont aidée à disposer de barnums dimanche ». Il n’échappe à personne que Joëlle Huth fait état de sympathies qu’elle a dans le camp politique auquel elle s’oppose, une incidente glissée pour sa valeur symbolique : en Dordogne, on ne copine pas aussi naturellement avec des adversaires idéologiques. Après le 1er tour, les grands électeurs devraient avoir à se prononcer encore, lors un second tour, et la candidate DVD a prévu un buffet « à l’air libre », en raison de la situation sanitaire. En regrettant que « les sénatoriales soient des élections trop politiques, quand elles devraient être plutôt territoriales », elle souhaite que les intéressés retiendront qu’elle « peut porter les dossiers des maires de toutes les étiquettes ».

1 COMMENTAIRE

  1. Ça c’est vraiment une volonté de changer cette communauté qui dort sous le couvert des promesses PS. C’est super de booster une candidate qui n’a pas froid aux yeux… le hommes candidats… prenez en de la graine. Bref, chère candidate avancez  » sabre au clair  » courage. C’est bon

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