Ribérac : sur le projet de nouvelle cité scolaire, c’est toujours non pour les élus de l’équipe de Philippe Chotard

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Philippe Chotard
Philippe Chotard et ses co-listiers ont toujours été opposés au projet de nouvelle cité scolaire de Nicolas Platon (© territoire-magazines.com)

Construire une toute nouvelle cité scolaire était le projet-phare du programme du candidat Nicolas Platon pendant la campagne des municipales 2020. Maintenant que celui-ci est devenu le maire de Ribérac, des signes laissant entendre que le premier magistrat passe à l’action sont envoyés. Reste que les élus d’opposition issus de la liste Agir pour Ribérac qu’emmenait Philippe Chotard dans la course à l’hôtel de Ville, continuent à chercher la nécessité de cette réalisation d’ampleur… en vain.

À Ribérac aussi, les mêmes causes produisent les mêmes effets et, aujourd’hui, les élus de l’équipe de Philippe Chotard font de nouveau valoir les motifs à s’opposer à la construction d’une nouvelle cité scolaire –projet que Nicolas Platon avait finalement préféré appeler « nouveau groupe scolaire ». Avec cette fois semble-t-il, en plus, un sentiment d’urgence. En effet, Philippe Chotard, qui a emmené la liste Agir pour Ribérac a compris la récente organisation d’une visite (à laquelle il a participé) des écoles Jules Ferry et des Beauvières (le 11 août) par la commission des affaires scolaires comme une tentative de « démonstration » du bien-fondé de ce projet de réalisation XXL… bref, comme le premier pas de l’équipe municipale en place sur la voie de sa concrétisation.

« Nous réaffirmons que ce projet est inutile et coûteux »

« Il n’y a aucun problème de sécurité ». Dans le cas contraire, les élus issus de la liste Agir pour Ribérac ne lèveraient « bien sûr » pas le petit doigt pour contester le projet de cité scolaire sur lequel le maire de Ribérac Nicolas Platon se penche dès son début de mandat -promptitude qui peut s’expliquer par la place centrale que cette réalisation occupait dans son programme de candidat en tête de la liste Ribérac, l’avenir avec vous. Pendant la campagne, ce projet s’était souvent retrouvé au cœur des débats, le maire sortant Patrice Favard, numéro Un de la liste Continuons ensemble pour Ribérac le remettant également en cause. Si, « en revanche, il existe des problèmes de confort, de commodité, il est légitime de chercher à les résoudre… mais il y a d’autres solutions que d’ériger un bâtiment neuf ». Dans un post Facebook, Philippe Chotard rappelle à cet effet, qu’avec ses co-listiers, ils avaient prévu de répondre à ces problèmes-là… et comment ils envisageaient de s’y prendre : « végétaliser la cour, moderniser des sanitaires, améliorer des performances thermiques des classes, de l’isolation phonique du restaurant, agrandir le parking de Jules Ferry… ». Or, l’élu se demande comment un projet « de 5 à 6 millions d’euros » peut être envisagé sans même avoir pris la peine de « chiffrer la réhabilitation des bâtiments existants ». Sans que ce projet corresponde en outre à une attente des familles et des enseignants : leur « grande majorité » tiennent aux écoles telles qu’elles existent aujourd’hui, dit-il. Total : « nous réaffirmons que ce projet est inutile et coûteux ».

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« Rémy Terrienne a-t-il soutenu publiquement ce projet ? Non… »

« Je n’ai jamais entendu Rémy Terrienne soutenir publiquement ce projet ». L’idée de construire une toute nouvelle cité scolaire sous-entend, insiste Philippe Chotard, que Rémy Terrienne, ancien premier magistrat de Ribérac et président de la communauté de communes du Pays ribéracois (CCPR) pendant deux mandats (2001-2014), avant qu’il devienne, un mandat supplémentaire, le vice-président en charge des affaires scolaires à la CCPR, ait manqué de mener « les travaux de gros entretien, de mise aux normes ou d’extension » des bâtiments scolaires existants -auquel cas, « il conviendrait qu’il s’en explique »…

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« Même en étant aidée, la Ville hériterait d’une facture insupportable »

« Le co-financement de la Région et du Département ne sont pas acquis ». Philippe Chotard se souvient que Nicolas Platon avait fini, pendant la campagne, par apporter cette précision de taille, en évoquant son projet-phare. Sauf que, poursuit l’élu d’opposition, en admettant que ces collectivités suivent, la commune resterait tout de même avec « au moins 50% » du montant de l’investissement à assurer. Et, selon Philippe Chotard, la fragilité de sa situation financière rendrait l’affaire « insupportable ». Avant de reprendre un autre argument qu’il avait également exposé pendant la campagne : ce projet de nouvelle cité scolaire impliquerait de voir le centre-ville se vider encore, de ses écoles cette fois, alors que leur situation met aujourd’hui les enfants à deux pas des équipements sportifs et culturels. Sachant que lesdits bâtiments, qui ont une valeur patrimoniale, deviendraient inévitablement des friches… quand il y en a déjà trop à Ribérac, entre l’ancien hôtel de Ville, l’ancien théâtre et l’ancien palais de justice. Par ailleurs, l’époque n’est plus à s’affranchir des « considérations urbaines, environnementales et patrimoniales ». Désormais, souligne Philippe Chotard, on ne bâtit de nouvelles écoles que si l’on bâtit des nouveaux quartiers, ou le jour où les enfants sont devenus si nombreux qu’il n’y a plus assez de place pour les accueillir. De plus, ce projet passerait, et c’est un fait nouveau, par la désertion de l’école Jacques Prévert, autrement dit c’est un 3e bâtiment qui se viderait quand on en était resté à deux. En effet, l’équipe municipale « souhaite convaincre la CCPR de déplacer le centre de loisirs sur le site de la nouvelle cité scolaire ». De la place, dans le centre-ville déjà en mal d’attractivité, il en serait décidément beaucoup fait… et les poids-lourds, eux, gagneraient du confort à y circuler, pointe Philippe Chotard. Car, dans le même temps, « la municipalité renonce à demander au Département la réalisation d’une déviation ». Avant de conclure en substance qu’ « en déplaçant les enfants plutôt que les camions », l’équipe de Nicolas Platon « prend le problème à l’envers ».

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