L’ex-maire de Beynac Alain Passerieux juge « étrange » le silence autour de la présence du SAMU dimanche

Alain Passerieux

L’ancien maire de Beynac Alain Passerieux ne veut pas croire que le parking sur lequel sont intervenus les services médicaux d’urgence ait été aménagé sans autorisation (© territoire-magazines.com)

Le silence qui entoure la présence toujours inexpliquée de deux véhicules du SAMU dimanche, à l’entrée de Beynac, interroge beaucoup l’ancien maire de la commune Alain Passerieux. Il ne comprend pas comment une intervention médicale urgente, qui, de plus, a duré, a pu advenir sans que les gendarmes soient dépêchés, ni que les autorités préfectorales soient informées. D’autant qu’elle est intervenue en plein été. L’ancien premier magistrat refuse de croire qu’il y a un lien entre le statut réglementaire du nouveau parking où les urgentistes ont été dépêchés et l’absence totale de communication autour de l’événement. En effet, étant lui-même à l’origine de l’aménagement de ce terrain en parking, projet qui avait été « validé », Alain Passerieux savait que les travaux ne pourraient s’engager qu’après obtention d’un permis d’aménagement… sachant qu’il faudrait, au préalable, déclasser les terres concernées car elles étaient en zone agricole. Or, cette opération-là était complexifiée par des circonstances administratives liées à l’évolution du cadastre… autrement dit, il était entendu qu’elle prendrait du temps.

« Je ne sais pas si le nouveau parking a été aménagé sans autorisation. Si c’était le cas, ce serait grave… ». C’est l’ancien maire de Beynac Alain Passerieux qui, avec son équipe, avait initié le projet d’aménagement du terrain, et qui l’avait mis dans les starting-blocks. Celui-ci prévoyait le stationnement de 130 véhicules, dans un cadre paysager. « Nous l’avions présenté au sous-préfet et à l’architecte des bâtiments de France et il avait été validé ». Les travaux d’aménagement seraient engagés quand le permis éponyme serait délivré. Toutefois, cette étape nécessitait au préalable le déclassement du terrain concerné, qui était une terre agricole. Or, le plan d’occupation des sols (POS) devait être supplanté par le plan local d’urbanisme intercommunal (PLUI)… une fois qu’il serait élaboré. Ce ficelage du PLUI, qui devait être une affaire entendue à l’automne 2020, avait pris du retard, et la crise sanitaire allait l’accentuer. Total : il « pourrait ne pas être bouclé avant fin 2021». Autant d’éléments qui amènent Alain Passerieux à se demander si le terrain du nouveau parking… ne reste pas aujourd’hui en zone agricole… auquel cas son hypothèse péjorative initiale deviendrait plus difficile à écarter.

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« Il me paraît inconcevable que ce parking ait une autorisation »

« J’avais moi-même demandé s’il était possible de procéder à une modification partielle du POS, mais celle-ci exigeait beaucoup de temps, sachant qu’en plus, une enquête publique s’imposait ». Le préfet de la Dordogne avait, précise Alain Passerieux, « acté » le versement d’une subvention à la commune en 2019 –de la dotation d’équipement des territoires ruraux (DETR) à hauteur de 100 000 €- et le représentant de l’État avait recommencé en 2020. L’équipe municipale de l’époque était par ailleurs sur le point de solliciter d’autres subventions -régionales cette fois- pour faire face à un coût estimé entre 300 000 à 350 000 €. « Mais on ne pouvait pas appuyer sur le bouton sans ce nouveau cadastre ». Pourtant, après que le 1er tour du scrutin  (15 mars 2020) a fait Serge Parre maire de Beynac, l’évolution du projet en cours allait s’accélérer. Fin juillet dernier, le nouveau parking ouvrait, avec un horodateur opérationnel. « Est-ce que la direction départementale des territoires (DDT, un service préfectoral) a délivré une autorisation ? ». Alain Passerieux en doute très fort. « Il me paraît inconcevable que ce parking ait une autorisation ». D’autant que, hormis l’incontournable nécessité de son déclassement, le lieu offre une vue sur le château de Beynac. Une perspective qui avait fait tiquer l’architecte des bâtiments de France (ABF) Xavier Arnold.  « L’ABF s’était montré réticent » au projet d’aménagement, se souvient Alain Passerieux. « Nous lui avions expliqué que c’était malheureusement la seule zone dont nous disposions et nous l’avions assuré que nous serions vigilants ». D’autant qu’en 2019, son équipe municipale avait dû, en raison de l’occupation du terrain de foot de Vézac par des gens du voyage, solliciter une autorisation « ponctuelle » pour que l’endroit serve, cette seule et unique journée… de parking -c’était le 15 août. Transformation éphémère contrainte, qui, s’étant soldée par la présence de près de 400 véhicules, avait alarmé le propriétaire du château de la cité médiévale. Des discussions avaient apaisé la situation et permis que le projet suive son cours. En conservant bien en tête, côté équipe municipale, un autre point de vigilance : le terrain ciblé était inondable. Aussi, ses initiateurs excluaient-ils, dans le cadre de son aménagement durable, tout manquement à anticiper le risque de pollution de la nappe phréatique à la moindre fuite d’essence ou d’huile, sachant qu’elle est ici peu profonde.

Un lieu déjà connu pour un arrangement avec la charte du marché des producteurs

« Pour la petite histoire, nous avions prévu de déplacer le marché de producteurs de Pays (MPP) le long de la Dordogne (il s’est tenu un moment sur le parking de la Balme) et tout le monde était content. Mais, le 25 juin dernier, la nouvelle équipe a décidé qu’il aurait lieu sur l’aire que vous voulions aménager en parking ». Dès le 6 juillet dernier, le premier marché de producteurs s’y est tenu. « Bien que le lieu soit exposé en plein soleil ou qu’il se transforme en bourbier dès qu’il pleut… ». Des producteurs ont au demeurant fait savoir leur mécontentement, selon Alain Passerieux. « On leur a fait dire que s’ils n’étaient pas satisfaits, ils n’avaient qu’à s’en aller ». Sachant que, conjointement, des étals « n’ont rien à faire » sur ce MPP, dont l’accès est régi par une charte consultable à la chambre d’agriculture de la Dordogne. Par exemple, un boulanger est autorisé à y participer… à la seule et unique condition qu’il soit effectivement boulanger, c’est-à-dire qu’il panifie le pain. Qu’un exposant se contente de le cuire… et il reste un commerçant, qui, au demeurant, ne prétend rien d’autre dans la boutique qu’il ouvre de mai à septembre, dans le centre-ville.

Contacté, le maire de Beynac Serge Parre était injoignable.



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2 réponses

  1. Ah notre nouveau maire n est qu’ un pauvre fusible qui va souffrir Passerieux au moins respectait la loi en vrai serviteur honnête de la REPUBLIQUE

  2. Le mot « Parking » me semble un peu présomptueux. C’est surtout un champ tout cabossé, pas délimité. En revanche la mairie n’a pas oublié d’y installer un joli horodateur pour faire casquer les touristes. Faire payer le stationnement dans un champ de patates, c’est fort de café !!

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