Sénatoriales en Dordogne : Thierry Cipierre raconte comment Joëlle Huth a compliqué sa campagne… avant de la commencer

Thierry Cipierre

Thierry Cipierre (DR).

Thierry Cipierre, qui est son binôme au Département de la Dordogne, constate que la candidate aux élections sénatoriales Joëlle Huth a fait preuve, « surtout dans une campagne très politique », d’ « un manque de maturité » en annonçant des soutiens partisans… qui ne lui étaient pas encore acquis. Une erreur qui, au sein de l’UDI (déjà), a été celle de trop, après des slaloms idéologiques « subits » qui passaient de plus en plus mal, au fil du temps. Le tollé a été tel que les instances parisiennes s’en sont mêlées. Total : Joëlle Huth doit faire sans l’investiture centriste. Reste à savoir si ce clash va avoir un effet domino sur Les Républicains (LR), dans les rangs desquels il semble au maire de Coulounieix-Chamiers que d’aucuns grognent aussi beaucoup.

En annonçant « en primeur » à son entourage sa candidature aux sénatoriales avec le soutien de LR et de l’UDI, la conseillère départementale Joëlle Huth a rongé la patience de l’UDI périgourdine jusqu’à la corde. Le maire UDI de Coulounieix-Chamiers Thierry Cipierre, qui est son binôme au conseil départemental de la Dordogne, a été bombardé de messages courroucés : la candidate était mal inspirée d’être si pressée compte-tenu de l’ « incohérence » politique qu’on lui connaissait… et, cette fois, c’en était trop. Conforté par Paris, le bureau départemental UDI allait fissa faire savoir qu’il n’accordait pas son soutien à la candidate. Au passage, les mêmes causes pourraient avoir les mêmes effets chez LR. Pourtant, leur patron en Dordogne Dominique Bousquet a jusqu’à présent démenti qu’il y ait un problème Joëlle Huth, indiquant simplement que « tout n’était pas finalisé » la concernant : son suppléant restait à trouver. À savoir si cette quête va maintenant s’avérer aussi facile qu’il semblait le penser lundi.

« Paris m’a téléphoné pour me demander qui était cette candidate »

« J’ai assuré Joëlle Huth de mon soutien personnel… et elle a écrit qu’elle avait le soutien de l’UDI ». Pour Thierry Cipierre, après la réunion LR-DVD-UDI destinée, le 1er août dernier, à réfléchir à de possibles tickets pour les élections sénatoriales, son binôme Joëlle Huth a donc péché par extrapolation. De quoi faire savoir haut et fort à son parti qu’il n’est lui-même pour rien dans les déductions de la candidate et laisser conjointement entendre à cette dernière, qu’au plan personnel, elle reste une amie -ce qu’il indiquera plus tard, au demeurant. Toujours est-il que, dans les rangs de l’UDI, l’empressement de Joëlle Huth a libéré la parole. On a aussitôt ficelé un récapitulatif à Thierry Cipierre : en 2014, Joëlle Huth s’était opposée au candidat officiel de l’UMP Antoine Audi aux municipales de Périgueux -en soutenant le candidat de droite dissident Jean-Paul Daudou– puis celle-ci avait, aux cantonales de 2015, couru (en binôme avec lui) sous la bannière UDI… avant de se positionner sur la liste LREM-MoDem de Patrick Palem au 1er tour des municipales 2020 de Périgueux. La colère a monté jusqu’aux instances du parti à Paris, d’où l’on a téléphoné au premier magistrat de Coulounieix-Chamiers. « Qui est cette candidate ? ». Avant d’arrêter qu’il n’était pas question de lui accorder l’investiture. Ça tombait bien, au bureau départemental, l’hypothèse d’un soutien était déjà écartée.

Fâcheuse impression d’opportunisme

« Joëlle Huth n’a pas de ligne directrice. Une fois, elle soutient LR, une autre, LREM… ». Sachant qu’entretemps, le chirurgien Huth a donc aussi trouvé le moyen de s’afficher UDI. Thierry Cipierre a le sentiment que, pour ces sénatoriales, « la déchirure de Périgueux était trop fraîche »… pour que les mémoires continuent de somnoler en apprenant cette audace de trop. Et puis, les revirements de Joëlle Huth sont toujours « subits ». L’impression qu’avant tout, celle-ci cherche une écurie qui serve son ambition personnelle, est devenue prégnante -Thierry Cipierre ne prononce pas lui-même le terme d’opportunisme. Et si, pour ces élections sénatoriales, Joëlle Huth s’était contentée d’aller trop vite en besogne… mais non, avant son annonce précipitée, il y avait eu de fâcheuses remontées du terrain : une tentative de sollicitation de l’investiture LREM -démentie par Christophe Najem– dont Thierry Cipierre assure « ne rien savoir » mais aussi un « appel à voter pour certaines personnes PS… et elles ne sont pas difficiles à identifier puisqu’il n’y en a que deux », autrement dit l’écho de manœuvres destinées à nouer à bas bruit des accords avec des adversaires en vue du scrutin du 27 septembre – manœuvres présumées qu’il ne commente pas. En revanche, Thierry Cipierre constate que ces rumeurs persistantes avaient miné le chemin de Joëlle Huth vers le Sénat en compagnonnage avec le parti centriste, avant qu’elle avertisse son entourage « en primeur » de sa candidature aux sénatoriales et dans quelles conditions.

« De plus, au conseil départemental, Joëlle Huth a brillé par son absence… »

« De plus, au conseil départemental, Joëlle Huth a brillé par son absence… ». Dès l’instant que la soupape a sauté, tous ceux qui, à l’UDI, n’étaient pas sûrs que Joëlle Huth soit la candidate derrière laquelle se ranger, se sont mis à justifier leur hésitation… et cet absentéisme au Département a alourdi son passif idéologique. Sa précipitation inadaptée à une élection notablement « politique », qui dénote qu’ « il lui manque une certaine forme de maturité », après le défaut de cohérence dans son positionnement, qui peine de plus en plus à passer pour une simple aspiration à l’ « indépendance », et la carence en responsabilité politique ont alors assez naturellement formé des obstacles insurmontables pour que l’UDI adoube la candidate, résume Thierry Cipierre.

« Le MoDem fait partie du Centre »

« Je ne voudrais pas parler à la place des LR, mais c’est possible que, de leur côté, la candidature de Joëlle Huth ne fasse pas l’unanimité… ». D’aucuns, à Périgueux, ont déjà manifesté leur opposition, poursuit Thierry Cipierre. « Avant d’annoncer tout ce qu’elle a annoncé, Joëlle Huth aurait dû bâtir une équipe, elle aurait dû rencontrer des gens LR à Périgueux, ménager des susceptibilités… ». Quoique, « personnellement », Thierry Cipierre l’ait soutenu, il n’a pu faire qu’acter que, dans les rangs des siens, « ça n’est pas passé ». Mais alors… où vont aller les votes UDI le 27 septembre ? « L’UDI laisse le choix à ses adhérents de voter comme ils veulent ». Sachant, ajoute-t-il, que « chez nous, on ne votera pas à gauche -ni PS, ni PC ». Entendu… mais ne peut-on pas, chez les Centristes, donner sa voix… au MoDem ? « Le MoDem fait partie du Centre ». En clair, oui, on peut. Et il n’a échappé à personne que le MoDem a un candidat aux sénatoriales en Dordogne : le député de la 3ecirconscription Jean-Pierre Cubertafon. En annonçant sa candidature à son entourage, Joëlle Huth calculait pour sa part que le parlementaire du Nontronnais avait le seul soutien de LREM.



Catégories :politique, senatoriales2020

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