Germinal Peiro fustige les « châtelains » devant Olivier Véran, qui inaugurait une maison de santé à Lanouaille

Olivier Véran Germinal Peiro

Conformément au protocole, le ministre Olivier Véran s’est exprimé après Germinal Peiro (© territoire-magazines.com)

 À l’invitation du député (MoDem) Jean-Pierre Cubertafon, le ministre des Solidarités et de la Santé Olivier Véran est venu inaugurer la maison de santé de Lanouaille ce vendredi 07 août. Occasion toute naturelle, pour le président du Département de la Dordogne Germinal Peiro, de défendre la politique de santé de la collectivité… mais aussi d’évoquer… le projet de déviation de Beynac, définitivement stoppé. Sans le nommer, sans s’attarder, non plus, Germinal Peiro a juste pris le temps de dénoncer un « retour à l’Ancien Régime » sur les terres périgourdines, en fustigeant « les châtelains ».

Donnant-Donnant, c’est l’angle que, tout à coup, le président du Département de la Dordogne Germinal Peiro a emprunté ce vendredi 7 août 2020 pour s’adresser au ministre des Solidarités et de la Santé Olivier Véran, venu inaugurer la maison de santé de Lanouaille, à l’invitation du député MoDem de la 3e circonscription Jean-Pierre Cubertafon. Olivier Véran s’est ainsi entendu dire que l’État était redevable d’un soutien aux collectivités, qui s’étaient décarcassées et se décarcasseraient, c’était sûr, pour le soutenir dans la lutte contre la crise sanitaire de la Covid-19 – dans ses manquements en matière de fourniture de masques au personnel soignant pour être précis, que le ministre convienne que le job avait été fait. En effet, Germinal Peiro énumérait les grands axes de la politique de santé du Département quand, soudain, il a expliqué comment l’État pouvait renvoyer l’ascenseur aux collectivités… ici, en terres périgourdines. Sans jamais nommer le projet de déviation de Beynac définitivement stoppé puisque, « avec le ministre », ils en avaient parlé « à titre privé » pas plus tard qu’ « il y a 2 jours ». Le président Peiro s’est donc contenté de lui rappeler devant témoins que, sur ce « sujet marquant en Dordogne », la population avait l’impression que « la République (était) en danger », et que celui-ci venait des « gens des grandes fortunes », les « châtelains ». Toutefois, la digression du président Peiro est restée contenue dans le temps.

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Reconnaissance du ventre 

« Vous pouvez compter sur les collectivités ».  Côté lutte contre le nouveau coronavirus, que le ministre de la Santé Olivier Véran trouve matière à réassurance : le patron du Département de la Dordogne a garanti que les collectivités allaient continuer à venir en appui de l’État. « Au cours de la crise du Covid », leur « présence » a été bien utile n’est-ce pas -il se trouve qu’elle est au demeurant « mesurable » et, en Dordogne, le préfet Frédéric Perissat… « a pu » le faire. « Y compris quand l’État avait des difficultés à fournir des masques au personnel soignant » : qu’en termes feutrés le président du Département de la Dordogne a souligné des manquements de l’État souvent pointés. De là à en déduire qu’on n’en parle plus… te-te.

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« Monsieur le ministre , les Périgourdins ont l’impression que République est en danger »

« En retour… ». Pour ne pas faire plus de cas de cet effort, Germinal Peiro a tout de même semblé poser une condition au ministre Véran. « Aujourd’hui, nous attendons le soutien de l’État », a-t-il poursuivi. En matière de santé ?  Bien sûr, bien sûr… mais reste qu’il y une autre affaire qui nous occupe hic et nunc : « le sujet qui est marquant en Dordogne ». À vrai dire un « projet », déjà évoqué en l’occurrence entre vous et moi, « à titre privé ». Car, Monsieur le ministre, « la population de la Dordogne a l’impression que la République est en danger ». C’est qu’ici, « on n’est pas dans Le Nouveau monde, on n’est même pas dans l’Ancien monde… », non, Monsieur le ministre, disons-le tout net, dans « cette affaire-là, on est revenu à l’Ancien Régime ». Pourquoi ? -c’est que, souvenez-vous, le public n’a pas connaissance de notre conversation. « Parce que les gens des grandes fortunes, les châtelains, ont aujourd’hui plus de pouvoir que les élus du Département ». Au demeurant, « plus de pouvoir que les élus locaux » en général. Et que le ministre de la Santé se figure bien, qu’il réalise que cette inversion de la logique affecte aussi… « les services de l’État… et le gouvernement » lui-même. Et encore « le Premier ministre » (Édouard Philippe) qui « s’(était) engagé ». À aucun moment, Germinal Peiro n’a parlé de « contournement de Beynac », il n’allait pas se répéter auprès d’un interlocuteur qui « savait » parfaitement de quoi il retournait. « Je vous ai remis des documents », d’ailleurs -que le public sache qu’il n’y avait pas eu que des mots dans cet échange entre nous. Et le président Peiro a refermé la parenthèse pour reprendre le fil de son discours santé, sans que le ministre se soit manifesté.



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3 replies

  1. Tel Caton l’Ancien qui ponctuait chacun de ses discours d’un delenda Carthago (Il faut détruire Carthage), M. Peiro, ne perd pas une occasion de conclure les siens d’un : il faut construire la déviation de Beynac !

  2. On peut déplorer l’irresponsabilité d’un Président de Département qui, au lieu de faciliter la transition de son territoire vers un modèle de société plus vertueux sur le plan environnemental, est tout à l’opposé en train de vouloir convaincre la population périgourdine de se rallier à un projet d’un autre temps, complètement à rebours de l’Histoire. Si peu respectueux de la biodiversité et des paysages qu’il a été arrêté par les tribunaux. Ce faisant, il n’a aucun scrupule à utiliser tous les moyens médiatiques et financiers à sa disposition pour manipuler les esprits en faveur de la déviation : plaquettes publicitaires, visites touristiques du chantier, manifestations…, aux frais de son département bien entendu.

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