Municipales à Ribérac : selon un soutien de Nicolas Platon, il y aurait des sujets tabous

Rémy Terrienne

Le 15 mars, lors du premier tour, Rémy Terrienne avait volontiers accepté d’être photographié (© territoire-magazines.com)

À Ribérac, sur la page Facebook Ribérac pour tous du groupe de l’opposition municipale dont il est le chef de file, Rémy Terrienne a publié un post en soutien au candidat aux municipales Nicolas Platon, après que la question du statut de ce dernier a été évoquée ici, le 18 juin. Il fustige le mauvais traitement qui serait réservé à celui qui conduit la liste Ribérac, l’avenir avec vous face à Patrice Favard, maire sortant à la tête de Continuons ensemble pour Ribérac et à Philippe Chotard, qui emmène la liste Agir pour Ribérac. Libre à Rémy Terrienne de vouloir le faire croire, l’intérêt de son post est… ailleurs. Dans la prudence qu’il manifeste vis-à-vis de celui qu’il soutient ; puis dans sa définition de ce qu’est un sujet pour les journalistes.

À Ribérac, le chef de file de l’opposition Rémy Terrienne, ancien maire de la cité, a apporté son soutien au candidat Nicolas Platon, après la publication d’un papier (ICI) qui pointait que la prestation de celui qui conduit la liste Ribérac, l’avenir avec vous sur le plateau de France 3 Nouvelle-Aquitaine, lors d’un débat le 17 juin, laissait entière la question de son statut vis-à-vis du code électoral -statut pour lequel l’avis d’un professeur agrégé en droit public avait été sollicité.

Rémy Terrienne publie régulièrement des posts Facebook et chacun peut constater qu’il choisit ses mots, qu’il en pèse le sens. Retour sur le contenu de celui du 18 juin.

Le chef de file de l’opposition municipale se plaint que Nicolas Platon ait « dû se justifier » sur « la parfaite légalité de sa candidature » sur le plateau de France 3 Nouvelle-Aquitaine, mercredi 17 juin, « document à l’appui ».

Au moins Nicolas Platon avait-il anticipé le fait d’être questionné sur son statut : il avait en effet emmené avec lui un document pour l’évoquer, dans le but d’éteindre une interrogation ancienne. Les deux autres candidats qui participaient à ce débat étaient-ils eux-mêmes mis au courant des thèmes qui seraient abordés ?

Par ailleurs, personne, précisément, n’a vu le « document » en question. Il n’y a aucune raison de douter qu’il ne s’agisse pas, comme l’a indiqué Nicolas Platon, de son contrat et de l’avenant, signé « le 16 juillet 2019 » (quoique l’intéressé mentionnera le 13 juillet 2019 dans un post du 18 juin), qui notifie le changement de sa situation dans les temps réglementaires. Reste qu’il se trouve, selon le juriste sollicité, que ce changement devrait faire l’objet d’un acte public – qui, à ce jour, reste introuvable.

Prudence de Rémy Terrienne

Rémy Terrienne rappelle ensuite les règles du code électoral afférant au statut de Nicolas Platon, avant d’indiquer que l’intéressé « prétend » les avoir respectées.

Si le chef de file de l’opposition soutient Nicolas Platon, il fait toutefois preuve de prudence, en laissant au candidat la responsabilité de ses déclarations.

Il serait infondé de redemander une réponse qu’on vous a longtemps promise

Puis Rémy Terrienne demande « pourquoi s’acharner aussi grossièrement » dès lors que seul le tribunal administratif (TA) serait amené à juger des « incompatibilités ou des inéligibilités (…) dans le cadre d’un éventuel recours ? ».

Sur l’idée d’« acharnement », il serait donc infondé de redemander une réponse qu’on vous a longtemps promise.

Ensuite, un sujet de perplexité deviendrait un vrai sujet… après que la justice soit passée. C’est vrai qu’aucun journaliste n’a jamais fait un sujet d’une seule question juridique ayant trait à une personnalité publique – François Fillon pourrait en témoigner, après Jérôme Cahuzac, Édouard Balladur, Aquilino Morelle, Thomas Thévenoud, Richard Ferrand… À moins qu’il y ait une taille de territoire à partir de laquelle la vie publique concerne la population ? Auquel cas, le candidat à la mairie d’Orléans Serge Grouard pourra lui aussi donner son point de vue, ou bien l’ancienne présidente de Région Ségolène Royal, ou encore le maire de Béziers Robert Ménard.

Le TA, seul à pouvoir apprécier… donc il faudrait taire la question sur laquelle il pourrait se pencher

Bien sûr que, si un recours devait être déposé, le TA serait le seul à pouvoir l’apprécier. Est-ce une bonne raison pour taire le la question qui pourrait le motiver ? -l’absence d’une réponse de Nicolas Platon en mesure de clore la question. 

« Lui faudrait-il produire davantage de documents que les autres candidats ? », demande ensuite Rémy Terrienne, qui, pour évoquer le cas du statut de Nicolas Platon… cherche à déplacer l’intérêt sur ses concurrents.

En effet, non, un seul document pourrait suffire -celui qui acte son changement de fonction- un document « public », a même précisé Nicolas Platon… et il reste donc introuvable.

Pour rappel, le candidat qui conduit la liste Ribérac, l’avenir avec vous est le seul des trois candidats en lice dont le statut professionnel amène une question -et ce sont ses réponses variables qui amènent à la reposer. Faut-il rappeler au demeurant qu’une question ne vaut pas accusation ?

Rôle des services préfectoraux : Rémy Terrienne contre l’avis d’un juriste

Le chef de file de l’opposition avance également que « seuls les services préfectoraux sont chargés de vérifier les dossiers des candidats à une élection ». Dans le papier que le chef de file de l’opposition estime à charge, le professeur agrégé en droit public sollicité a précisément indiqué… que non. La conformité des documents n’est pas de leur ressort, ils enregistrent leur existence, sans préjuger de la validité de leur contenu. C’est dire si affirmer que « cela a été fait » est aller vite en besogne.

Définition du « reste »

Pour désigner ce qui pourrait être contesté par voie de recours, Rémy Terrienne évoque « le reste » : voilà pour la considération en laquelle il tient la question de la régularité d’une candidature dans un scrutin, pour lequel ceux qui s’y présentent en appellent à la confiance des électeurs.

Il ne manquerait plus que les journalistes cherchent à informer

Avant que le chef de file de l’opposition tranche : si les adversaires de Nicolas Platon sont interdits de lui demander si son statut est régulier vis-à-vis du code électoral, les journalistes « encore moins » -moins faire que rien, c’est très peu… En somme, il ne manquerait plus que les journalistes cherchent à informer. Pourtant, Rémy Terrienne propose un sujet sur lequel se pencher – la « domiciliation » ou « l’assujettissement à l’impôt sur la commune de Ribérac » -question dont il pense qu’elle pourrait ne jamais avoir été posée aux deux autres candidats… formule précautionneuse bienvenue puisque celle-ci a déjà été posée à l’ensemble des candidats et qu’ils y ont, tous les trois, répondu. Faut-il comprendre que les journalistes peuvent à la rigueur informer si et seulement si le chef de l’opposition municipale leur désigne un sujet acceptable à aborder ? Impossible, tant ce dernier fait savoir à quel point il tient à l’indépendance des journalistes… dont il se met à douter quand il n’apprécie pas qu’ils choisissent librement les thèmes de leurs papiers.



Catégories :municipales2020

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