Municipales à Ribérac : Philippe Chotard « va continuer à construire au lieu de démolir »

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Philippe Chotard emmène la liste Agir pour Ribérac (© territoire-magazines.com)

À Ribérac, le déconfinement a coïncidé avec le lancement de la campagne du second tour des municipales, même si, officiellement, elle débute le 15 juin. Chaque jour qui passe creuse les différences entre les trois candidats en lice –Patrice FavardNicolas PlatonPhilippe Chotard. Sur le fond des programmes, dans la forme choisie pour les défendre. Sachant qu’entre les deux tours, la gestion de la crise sanitaire liée au nouveau coronavirus est aussi un sujet de débat actif. La parole est aujourd’hui à Philippe Chotard.

« Nous voulons une campagne projets contre projets. Nous ne suivrons pas nos deux concurrents sur le terrain des invectives ». Philippe Chotard, qui emmène la liste Agir Pour Ribérac comprend que le maire sortant Patrice Favard, qui conduit la liste Continuons ensemble pour Ribérac et Nicolas Platon, qui est à la tête de la liste Ribérac, l’avenir avec vous, trouvent leur intérêt à éviter le débat autour des programmes. La stratégie leur sert à « masquer un bilan catastrophique, l’absence de propositions ou la question de leur statut personnel ». La tension que ses deux concurrents ont récemment manifestée sur les pages Facebook de leurs listes respectives traduit à ses yeux qu’« ils ont peur ». La multiplication des « insinuations » relève au demeurant des « mêmes méthodes, qui ont fait long feu », sachant que ces deux candidats ont aussi en commun d’être « intervenus sur les mêmes sujets », s’accordant même sur le « choix de leurs cibles » : les membres de la liste Agir pour Ribérac, qu’ils considèrent donc « dangereux ». Pour Philippe Chotard, « ce n’est pas respectueux des citoyens, ce n’est pas respectueux de la démocratie ». En tout état de cause, aucun des deux candidats « ne (l)’empêchera de faire campagne », exercice pendant lequel « on est respectueux et on ne parle pas qu’à ses amis ».

« Patrice Favard et Nicolas Platon veulent gagner… mais pour quoi faire ? »

« La question première pour Patrice Favard et Nicolas Platon, c’est de gagner et de faire gagner leur camp… mais pour quoi faire ? ». Philippe Chotard cherche toujours « la réalité des propositions » de ses deux concurrents, leur « volonté à changer le cours des choses » à Ribérac. Mettre en avant des « problèmes dans l’air du temps » ne fait pas un programme. « Combien de fois la municipalité de Rémy Terrienne, la municipalité de Patrice Favard ont racheté des locaux vacants dans le centre-ville pour accueillir un nouveau commerce ou pour créer un nouveau logement ? », Philippe Chotard pose une nouvelle fois la question… et l’absence de réponse de Patrice Favard et de Nicolas Platon lui semble… parlante. « Vouloir réserver ses prés-carrés » ne fait pas un programme.

« Le pôle santé privé : une bonne idée, mais qui ne répond pas à la pénurie de médecins »

« Les deux médecins membres de notre équipe sont accusés d’être responsables de la désertification médicale ». Il a fallu que l’un d’eux, le Dr Bernard Picard, notablement mis en cause, rappelle qu’il avait tiré la sonnette d’alarme publiquement, il y a huit ans. « La communauté de communes du Pays ribéracois (CCPR) n’a alors rien voulu faire, et le Département ne s’est pas jamais ému de la situation »- merci de regarder la réalité en face. Aussi Philippe Chotard juge-t-il audacieux que Nicolas Platon défende aujourd’hui l’idée d’une maison départementale de santé, d’autant que la récente (septembre 2019) implication de la collectivité à Excideuil s’est traduite par l’installation d’un seul médecin. Par ailleurs, si Philippe Chotard tire son chapeau aux investisseurs privés à l’origine du pôle santé privé, « projet voté à l’unanimité par le conseil municipal », qu’il estime « une bonne idée »… il souligne que ce pôle n’est pas non plus, quoi qu’en dise Patrice Favard, la solution à la pénurie de médecins. « Il y a tromperie quand on maintient le contraire ». L’expérience de Chancelade démontre qu’ « aucun médecin supplémentaire » n’a encore rejoint son pôle santé, depuis l’ouverture en avril 2019. Aujourd’hui, « les jeunes médecins rechignent à exercer en libéral, qui plus est en zone rurale ». Il n’est pas pour autant question de « critiquer la Ville, qui a décidé qu’elle allait accompagner le projet ». En revanche, « le mérite de l’initiative ne revient pas à Patrice Favard, mais aux investisseurs ». Las, le projet « a été survendu ». Ainsi, le nouveau généraliste dont le maire avait annoncé l’arrivée à Ribérac au 1er juillet exercera finalement à temps partiel, en partageant son temps avec Brantôme. Or, après avoir compté 10 médecins il y a 10 ans, Ribérac n’en a plus que 5 aujourd’hui, dont trois ont plus de 65 ans. C’est de « 6 ou 7 médecins salariés » dont la cité a besoin, sans oublier la population alentour. Avec son équipe de la liste Agir pour Ribérac, Philippe Chotard soutient le projet d’une maison communale de santé car « c’est à la Ville de dégager une solution » à la pénurie de généralistes, au risque qu’elle s’aggrave. Mais « rien n’interdit au Département de participer à son financement – la majorité de ses homologues investissent d’ailleurs dans ce type de projets. La CCPR n’est pas davantage empêchée… ».

« Nicolas Platon défend les intérêts du Département, ce n’est pas défendre ceux des habitants de la commune »

« En assénant des contre-vérités sur le projet de déviation, Nicolas Platon est contre l’équipe municipale de Rémy Terrienne, qui le soutenait, fût-ce mollement en pratique ». Bravo encore pour la cohérence du candidat en tête de la liste Ribérac, l’avenir avec vous… « Il faut aussi cesser de clamer que ce projet coûte 25 M€ » -d’autant que Nicolas Platon serait bien placé pour savoir qu’il relaie une contre-vérité. « Depuis le début de la campagne, il s’aventure à avancer son chiffrage, qui subit une inflation inexplicable ». Que le candidat en tête de la liste Ribérac, l’avenir avec vous explique également comment détourner les poids-lourds du centre-ville pourrait bien nuire à l’activité de ses commerces. Enfin, non, l’étude d’impact ne reste pas non plus à entreprendre, comme il le prétend : elle a déjà été réalisée et elle a démontré que la déviation ne provoquerait aucune atteinte patrimoniale ou environnementale –« des préoccupations qui, certes, n’occupent pas nécessairement le Département », au vu d’un autre dossier qui le mobilise. « Nicolas Platon défend les intérêts du Département, ce n’est pas défendre ceux des habitants de la commune ».

« Le conseil municipal n’est pas un directoire »

« Patrice Favard n’a pas le temps de faire campagne, comme si se présenter devant les électeurs n’était pas essentiel ». De quoi, selon Philippe Chotard « poser une question démocratique ». Le candidat qui conduit la liste Continuons ensemble pour Ribérac a précisé qu’il renonçait aux réunions publiques, qu’il renonçait au porte-à-porte. En bref, « Patrice Favard ne sait pas ce que c’est que d’informer ». Il n’a d’ailleurs pas jugé bon de convoquer un seul conseil municipal depuis le 24 février, quand celui-ci « sert déjà précisément à partager l’information ». Sauf que, pointe Philippe Chotard, le maire sortant candidat à un deuxième mandat considère qu’ « il est inutile d’écouter ». Pour préciser les orientations budgétaires, un conseil municipal serait pourtant bienvenu. En février, Philippe Chotard se souvient de « déclarations d’intention extrêmement générales » : un peu court… « Elles méritent d’être précisées avec l’opposition ». La tenue d’un conseil municipal aurait également « permis de délivrer des informations sur l’abattoir » – au passage, des élus siègent au conseil d’administration de la SEMOP… Pour mémoire, il y a 27 personnes élues à l’assemblée municipale : « ce n’est pas un directoire ». Alors que chacun sait qu’on est plus efficace à plusieurs, « Patrice Favard veut travailler seul ». Mais… « personne n’a la vérité révélée ». Le caractère inédit de la crise sanitaire impliquait d’autant plus qu’on se concerte.

« Patrice Favard a déçu ses soutiens, Nicolas Platon se réclame guère des siens »

« Un chef doit cheffer ». Ce principe, Patrice Favard le fait sien, et il est, pour Philippe Chotard, révélateur d’ « un goût pour le pouvoir personnel inquiétant ». Bien sûr qu’il faut décider… mais après avoir respecté d’autres points de vue que le sien. Bien sûr que le maire doit s’occuper de la crise sanitaire… « mais il a une équipe ». En clair, comment peut-il se soustraire au débat démocratique ? À moins de le considérer « accessoire »… En 2014, relève Philippe Chotard, « on a voulu espérer une alternative avec Patrice Favard » ; en 2020, il reste quatre personnes de son équipe en position éligible. « Tous les autres sont partis ou ont refusé cette position ». C’est dire si le maire sortant candidat à sa succession « s’est coupé de ceux qui l’ont sollicité pour être élu ». Après avoir travaillé avec lui, ces derniers « ont vite pris leur distance ». De sorte qu’ « un profond malaise s’est installé pendant 6 ans ». De son côté, le candidat Nicolas Platon « ne se réclame pas beaucoup des municipalités de Rémy Terrienne ». Le candidat à la tête de Ribérac, l’avenir avec vous « n’a pas de projet, sauf la cité scolaire, mais il ne l’argumente pas ». Or, qu’est-ce qui pourrait justifier pareille réalisation quand les effectifs scolaires diminuent ? Qu’est-ce qui expliquerait qu’on sacrifie des écoles ribéracoises « parfaitement entretenues », de l’avis même du vice-président aux affaires scolaires à la CCPR Rémy Terrienne ?

« Pendant cette campagne, je vais continuer à construire au lieu de démolir »

« Nicolas Platon ne répond pas aux questions qu’on lui pose ». Ce dernier a récemment annoncé dans un post publié sur la page Facebook de sa liste qu’il ne donnerait pas l’information demandée sur son statut -le fameux arrêté –  et, avec son équipe, Philippe Chotard en a pris acte,  jugeant « choquant » pareil manque de transparence. « Ce sont donc ceux qui sont susceptibles de voter pour lui qu’il ne veut pas informer ». Celui-là même qui a récemment évoqué le « mépris de classe » dont il aurait fait l’objet de la part des membres de la liste Agir pour Ribéracles qualifie de « béotiens » en matière de chose publique. « Je veux bien comparer mes origines avec celles de Nicolas Platon ». Philippe Chotard assume « ne croire qu’au mérite ». Il n’est pas « particulièrement fier » de son parcours dans la fonction publique qu’il a choisie, mais il « n’en est pas  honteux non plus ». Il a « correctement gagné sa vie, mais sans jamais aller s’enrichir dans des entreprises privées ».  D’ici au second tour, Philippe Chotard va continuer à expliquer le projet « pour tous les citoyens » qu’avec la liste Agir pour Ribérac, il a la volonté de mettre en œuvre. « À la différence de nos concurrents, nos propositions ne sont pas des propositions de circonstances » et leur concrétisation s’accompagnera d’un « autre état d’esprit » que celui qui, à ses yeux, immobilise Ribérac. Philippe Chotard ne veut pas connaître un maire « qui continue de travailler au Département » ou bien un maire « qui a le goût du pouvoir personnel ». Les Ribéracois sont fondés, insiste-t-il, à avoir un maire « qui les écoute, qui les reçoive, qui serve leurs intérêts plutôt que ceux du Département ». Pendant cette campagne de second tour, Philippe Chotard va « continuer à construire au lieu de démolir ».

« Ribérac n’a pas besoin qu’on gère le déclin »

« Une commune qui n’investit plus dépérit ». Ce n’est pas une « gestion vertueuse » que Patrice Favard aurait pratiqué pendant son mandat, et loin s’en faut : « il a stoppé l’investissement », voilà tout. Ribérac se situe ainsi à la moitié du niveau d’investissement des communes de sa strate. Or, « le budget de la Ville n’est pas celui d’une cité de 500 habitants ». Philippe Chotard rappelle à cet effet qu’ « en France, les collectivités locales représentent 60% de l’investissement public » -ce qui, dernièrement, n’a d’ailleurs pas échappé au gouvernement. Avancer que l’on redoute une baisse de la dotation des communes aurait un premier objectif : « faire peur ». Or, « sur quel os l’État pourrait bien venir ronger ? ». Patrice Favard chercherait toujours à faire oublier son inaction pendant 6 ans. « Une politique municipale ne se résume pas à baisser la dette ». Alors, oui, au terme de 6 nouvelles années, celle-ci aura encore diminué… mais pour quels services à la population ? Ribérac n’a pas besoin qu’ « on gère le déclin ». Au contraire, et le rôle des collectivités locales consiste à « donner l’impulsion au travers d’investissements bien choisis qui renforcent l’attractivité de la commune ».

« Je ne sais pas ce qu’est une campagne électorale sans voir les gens. Il ne faut pas avoir peur des citoyens »

« Que les citoyens ne se fassent pas voler les élections, qu’ils se donnent le moyen de choisir en toute connaissance de cause ». Philippe Chotard estime que « Ribérac a trop souffert et depuis longtemps des manœuvres dilatoires ». Non, martèle-t-il, les Ribéracois se sont pas condamnés aux échanges stériles, qui remplaceraient un débat sur les projets des candidats. « Les idées politiques sont respectables, et elles doivent se retrouver dans la politique nationale ». Mais pour prendre les rênes d’une ville, il lui semble qu’il vaut mieux « une équipe qui a des valeurs communes et des engagements clairs » et qui « associe les citoyens pendant les 6 années de la mandature ». Philippe Chotard insiste sur son attachement au « Printemps de la démocratie », une saison qu’il a détaillée dans un post Facebook. Et il « ne sait pas ce qu’est une campagne électorale sans voir les gens », sauf à vouloir la vider de son sens. « Il ne faut pas avoir peur des citoyens ». Aussi s’apprête-t-il à reprendre le porte-à-porte et à organiser une ou plusieurs réunion(s) publique(s). « Elles ne sont pas interdites ».



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