Municipales à Ribérac : pour Nicolas Platon « offrir ses services pour aller voter pour les électeurs, c’est de l’indécence »

Nicolas Platon

Nicolas Platon, candidat qui emmène la liste Ribérac, l’avenir avec vous (© territoire-magazines.com)

À Ribérac, le déconfinement a coïncidé avec le lancement de la campagne du second tour des municipales, même si, officiellement, elle débute le 15 juin. Chaque jour qui passe creuse les différences entre les trois candidats en lice –Patrice FavardNicolas PlatonPhilippe Chotard. Sur le fond des programmes, dans la forme choisie pour les défendre. Sachant qu’entre les deux tours, la gestion de la crise sanitaire liée au nouveau coronavirus est aussi un sujet de débat actif. La parole est aujourd’hui à Nicolas Platon.

« Au premier tour, les personnes âgées se sont déplacées, peut-être davantage que les jeunes. La droite traditionnelle s’est mobilisée ». Nicolas Platon, qui emmène la liste Ribérac, l’avenir avec vous, voit dans le faible taux de participation (54%) du premier tour une réserve de voix en sa faveur au 2nd. En ayant viré en tête le 15 mars – 11 voix devant Patrice Favard, qui emmène la liste Continuons ensemble pour Ribérac, qui « n’a pas bénéficié de la prime au sortant »- il est très tenté de croire que la victoire sera au rendez-vous, le 28 juin. D’autant qu’il « comprend » qu’il y a « un retrait » de son autre concurrent Philippe Chotard, en tête de la liste Agir pour Ribérac, qu’il s’applique à ne pas appeler par son nom, préférant le désigner comme  « le candidat LREM ». Tandis qu’il pointe que « depuis le 8 mai (cérémonie dont l’organisation a été fort controversée), les informations de la liste de Patrice Favard apparaissent indifféremment sur la page Facebook de la mairie et sur celle de sa liste ». Nicolas Platon s’étonne qu’ « aucun contact » n’ait été établi entre les trois candidats pendant un entre-deux tours « immense » pour cause de crise sanitaire de Covid-19. « On aurait pu attendre autre chose… ». Plus précisément, si Philippe Chotard joue la 2e manche, c’est, à ses yeux, pour le « faire battre ».

« Offrir ses services à la population pour aller voter, c’est de l’indécence et de l’irrespect »

« Je ne suis pas de ceux qui brandissent le CERFA de procuration. Dire « Si vous voulez, je vais voter pour vous », c’est de l’indécence et de l’irrespect ». Nicolas Platon reconnaît dans le même temps une pratique « très LREM dans le nouveau monde ». Pour ceux qui en douteraient encore, c’est « l’offre de services » de Philippe Chotard qui retourne les sangs du candidat Platon. « Inciter les gens à aller voter, on le fait tous. Mais, cette fois, on est au-delà ». La tête de liste de Ribérac, l’avenir avec vous « n’a jamais vu ça ». De deux choses l’une, poursuit-il, ou bien c’est le signe d’un désespoir complet ou bien c’est le signe d’un gros abus. Si l’équipe de Nicolas Platon parlera aussi procuration aux citoyens, elle ne « leur proposera pas d’aller voter pour eux ». Le candidat prend son exemple personnel. « Je ne donnerai pas de procurations aux membres de ma famille et à leurs conjoints ».

« Nous n’avons pas témoigné d’agressivité pendant le confinement car ne sommes pas élus, nous n’avons pas les mêmes moyens »

« Ce n’est pas très compliqué de sortir du confinement. On a tous souffert ». Fin mai, Nicolas Platon avait déjà le sentiment que « le souci de la politique reviendra(it) facilement ». Du côté de son équipe, « il n’y a pas eu d’agressivité pendant le confinement car on n’est pas élus, on n’a pas les mêmes moyens ». Pour la campagne de ce second tour, il s’agira de rappeler son projet -ce qui a commencé sur la page Facebook de sa liste- et d’adapter les enseignements du confinement à ses propositions : mobilité, circuits courts, transition écologique, liens intergénérationnels… « qu’un de nos concurrents a d’ailleurs repris » – sans citer le chapardeur. Cette campagne finale, dans laquelle « deux listes de droite nous accusent d’être de dangereux gauchistes », Nicolas Platon, qui, lui, « ne considère pas ses adversaires comme dangereux », la sent plutôt bien, tout en espérant que « les gens ne soient pas lassés ».

« M. le praticien avance aujourd’hui que la maison de santé communale est LA solution… mais il aurait pu le proposer depuis des lunes ! »

« Je ne pense pas qu’il y ait une recette à la désertification médicale. Ce praticien ne travaille que maintenant sur le projet de maison médicale communale, qui oblige la commune à investir ». Sans nommer le colistier de Philippe Chotard, Nicolas Platon évoque un des posts publiés sur la page Facebook de la liste Agir pour Ribérac. « Est-ce qu’il y a des intérêts financiers particuliers et des spéculations financières dans ce projet ? ». En utilisant la forme interrogative, Nicolas Platon laisse une place au doute. Qu’on comprenne, c’est la seule logique qui impose sa perplexité. « Dire que ce projet est LA solution aujourd’hui… » ne tiendrait pas debout en somme parce qu’ « il aurait pu le proposer depuis des lunes ». Quand son projet à lui (une maison de santé départementale) se concrétiserait pas « un transfert départemental » -en clair, c’est le Département qui assumerait son coût. Que Patrice Favard soit attaqué faute d’avoir fait quoi que ce soit pendant 6 ans, voilà encore un effet de la logique. En revanche, « les médecins en place » seraient fort mal placés pour se charger de monter au front. « Ils n’ont rien fait non plus ». En clair, on serait dans le cas de l’hôpital qui se moque de la charité. « Moi, j’attends le nouveau médecin annoncé au pôle santé, voire un deuxième. J’espère que cette annonce est réelle… à si peu de temps du scrutin ». Pourtant, Nicolas Platon « soutient ce projet de pôle santé. Même si le partenariat public-privé est quelque peu douteux ». À quoi rime en effet de « laisser filer 50 000 € » des finances communales quand le projet vaut 1,8 M€ ? Décidément, il y a encore matière à s’interroger, sur l’utilité de « ces gouttes d’argent public » dans un océan de fonds privés, cette fois. Nicolas Platon voudrait avoir connaissance du « fléchage financier ». Surtout, il se demande si « le soutien moral de la Ville » n’aurait pas suffi. En tout état de cause, l’ouverture du pôle santé advient à un moment sensible, à défaut qu’une inauguration soit encore programmée. Heureusement, le candidat Platon se souvient qu’il a viré en tête au premier tour.

« Nous n’attendrons pas le procès pour reparler de Toutifaut »

« Pour la vente des anciens Haras de Toutifaut, chez nous, il y a des recours ». À commencer par celui de Nicolas Platon au nom de sa liste Ribérac, l’avenir avec vous et en sa qualité de citoyen et contribuable de Ribérac. S’il ne fournit pas les dates et les motifs -fond, forme- qui lui sont demandés pour l’ensemble de ces contestations, il indique que le sien -formulé donc au nom de sa liste porte uniquement sur le fait que la commune souhaite vendre des terrains à 10 centimes le m2 quand le prix moyen est de 10 € -il rappelle que rien n’est fait. « C’est une affaire lourde de conséquences, sachant qu’il y en plus la retranscription tronquée des votes ». L’acheteur n’est pas mis en cause. Nicolas Platon évoque ensuite l’existence d’un autre recours, déposé par l’association Solidarité ribéracoise (qui utilisait la grange située dans la propriété). « L’association a reçu les conclusions de l’avocat de la mairie ». On comprend en tout cas que l’instruction, sur laquelle il s’interdit tout commentaire, a beaucoup avancé. « Si j’étais totalement paranoïaque, je dirais qu’on veut faire payer quelque chose à la présidente de l’association qui est sur notre liste ». Le candidat ne l’est pas, mais il y a tout de même matière à le questionner.  Ensuite, poursuit-il, l’ex-maire de Ribérac Rémy Terrienne a aussi déposé le sien, avec une « bonne partie » des élus du conseil municipal. Qu’on retienne surtout que la liste Ribérac, l’avenir avec vous « n’attendra pas le procès pour reparler de Toutifaut ». Au vu du nombre de recours évoqué, ce sont même des procès qui s’annoncent (le tribunal administratif n’a toujours pas communiqué la liste exhaustive et les motifs des recours).

« Que la liste de M. Chotard sache que je ne suis pas kamikaze : je ne m’engagerai dans mon projet de cité scolaire que s’il est financé pour moitié » 

« Monsieur le praticien annonce que mon projet de cité scolaire coûte 6 M€ ! En faisant croire que les écoles ne coûtent rien aux citoyens ribéracois ». Comme si la seule transition énergétique par exemple s’assurait gratuitement, illustre Nicolas Platon. Ledit praticien avance cette somme « à grands coups de louche ». Surtout, ce colistier de Philippe Chotard ose s’en effrayer alors que le candidat qui emmène la liste Agir pour Ribérac « sait » que son programme prévoit le « projet de déviation à 25 M€ ». Voyons, que cette équipe se mette en tête que Nicolas Platon « n’est pas kamikaze ». Son projet de cité scolaire, il ne l’engagera que s’il est accompagné, à hauteur de la moitié : Département et Région seront en appui.

« La nouvelle collecte des déchets, c’est plus cher et plus loin. Le SMD3 doit prendre ses responsabilités »

« Dans le cadre de la mise en place de la redevance incitative, on n’a aucune information sur le déploiement des containers, dont on ignore également où ils seront implantés ». S’il est élu maire de Ribérac, Nicolas Platon demandera à ce que tous les citoyens soient mis au courant. « Le SMD3syndicat mixte départemental des déchets de la Dordogne– doit prendre ses responsabilités ». Et, insiste-t-il, dès cette année 2020, qui a vocation à être pédagogique. Passer de 4 000 points de collecte à 400 mérite, à ses yeux, des explications. À ce jour, Nicolas Platon a vu des vidéos qui dénonçaient le caractère bruyant de leur levée, qui peut en outre s’opérer à une heure matinale. Si les sacs noirs ne sont pas encore distribués à Ribérac, il juge que cette refonte du mode d’organisation de la collecte et de la tarification est une affaire qui se mène « à huis-clos ». Il entend qu’ « un interlocuteur du SMD3 tienne des réunions publiques dans les quartiers ». D’autant que si privilégier le tri est « dans l’air du temps », reste à savoir comment les déchets disparaissent. Il est en tout cas sûr que ce n’est pas « comme ça ». D’autant aussi que les personnes qui pâtiront de ce nouveau mode de collecte, qui prévoit une tarification au poids, pénalisera les assistantes à domicile, les familles nombreuses, ainsi que, les personnes âgées, les moins mobiles dans la population. Bref, ce sujet qui fait que porter ses déchets pour plus cher à un container situé plus loin, « ce ne sont pas des paillettes ».

« Si je suis élu, je proposerai que le Département soit actionnaire ou partenaire de l’abattoir »

« L’abattoir, on n’en parle plus. Il ne s’est rien passé… mais Arcadie et Univia sont partis avant le délai promis. Les employés ont reçu leurs courriers. Les orientations sont prises, ça tombe clairement ». Pour Nicolas Platon, le sujet valait évidemment qu’un conseil municipal se tienne -en visio- quand il n’y en a pas eu un seul, depuis le 24 février. Il rappelle que le site local est un des trois derniers abattoirs que compte la Dordogne. S’il se prononce toujours en faveur de la mobilisation des producteurs, des artisans et des collectivités, Nicolas Platon veut « aller plus loin » désormais. « Je proposerai que le Département soit impliqué – en tant qu’actionnaire ou en tant que partenaire ». Une idée qui irait avec le recours accru à la cuisine collective des écoles, qu’il prône. « La SEMOP -société d’économie mixte à opération unique- c’est une usine à gaz ». Usine à gaz qui permettrait au maire sortant Patrice Favard de « dire qu’il a fait quelque chose ». En réalité, on est en droit, dit-il, de se demander, à propos de cette SEMOP, « qui fait quoi ? Qui a le pouvoir dans cette affaire ? ». D’autant que si « les chiffres ne sont pas donnés, les arriérés de loyer sont connus ». Le seul sujet de l’abattoir justifiait bien un conseil municipal extraordinaire, insiste Nicolas Platon, sans compter le sujet de l’épidémie de Covid-19. Si Patrice Favard « s’attend à des attaques », qu’il ne s’en plaigne pas. « Il faut arrêter, on est des adultes ». L’opposition municipale a demandé qu’un conseil municipal se réunisse. Elle n’a pas été entendue, mais c’est vrai qu’ « il y a une telle diaspora dans la majorité municipale, qu’il est très difficile d’avoir le quorum… ».

« Les membres de la liste de Philippe Chotard sont d’excellents pro’… mais, question chose publique, ce sont des béotiens »

« Certes, pour la couverture de la piscine, la compétence est intercommunale. Mais c’est 2 M€ avec un déficit chronique de 4 à 500 000 € ». Total : « si les colistiers de la liste Agir pour Ribérac sont d’excellents pro’, sur la chose publique, ce sont encore des béotiens ». Situation que Nicolas Platon juge « scandaleuse ». À propos d’expérience, Patrice Favard, en déclarant que Nicolas Platon n’avait pas l’expérience de l’exécutif, a oublié qu’il avait été « élu 19 ans à la mairie de Ribérac » et, en ayant occupé la fonction d’adjoint, qu’il bien fait partie de celui-ci.

Information

Alors que Patrice Favard annonce sur la page Facebook de sa liste qu’un Facebook live « finances » doit avoir lieu ce lundi 8 juin, à 18h30, la chambre régionale des comptes a indiqué que l’instruction du dossier qui porte sur la gestion de Ribérac « étant en cours », elle n’indiquerait pas la date de publication de son rapport d’observations définitives. En outre, la chambre doit observer « une neutralisation 3 mois avant le scrutin » et respecter « l’impact des mesures Covid ».



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