Municipales 2020 : à Périgueux, Delphine Labails se sent à deux doigts de la victoire

Delphine Labails

Delphine Labails travaille à la synthèse de son projet et de ceux de François Carême et Hélène Reys (© Petite Souris Photographie)

À Périgueux, le déroulement de la campagne des municipales semble suivre un chemin tortueux. Les résultats du 1ertour ont confirmé que la gauche avait peu à gagner d’une multiplication de ses candidats, sauf à rêver d’autodestruction. Conjointement, ils ont crédibilisé l’idée que la cité confiée à Antoine Audi (LR) en 2014 était prenable. Pourtant, l’ex PS Michel Moyrand a annoncé que son équipe allait rejoindre le candidat LREM-MoDEM Patrick Palem quand la composition de l’échiquier politique laissait croire qu’il pousserait plutôt la candidature de la socialiste Delphine Labails. Arrivée en 2e position derrière le maire sortant, qui a fait, dans cette catégorie, « le plus petit score de l’histoire de la Ville », celle-ci continue de penser la victoire à portée de deux doigts.

En annonçant que sa liste fusionnait avec celle de Patrick Palem (LREM-MoDEM), l’ex PS Michel Moyrand n’a pas fait les choses à moitié. Non seulement il a pris l’électorat de gauche à revers, mais il a émis des commentaires peu amènes à l’endroit de la socialiste Delphine Labails qu’il boudait. Ce deuxième effort aurait été fourni en vain : Delphine Labails ne se donnera pas la peine « d’en prendre connaissance ».  Au moins peut-on comprendre qu’elle n’y répondra pas. Quels motifs ont pu amener l’ancien « fédéral du PS » à formuler pareil ressentiment ? L’intéressé « ne voit guère l’intérêt de s’exprimer » sur un 2e round auquel il ne participe pas. « Inutile d’insister » prévient-il.

« Michel a voulu s’offrir une seconde chance après avoir eu le sentiment de s’être fait voler la victoire en 2014 »

« C’était très, très bien organisé ». Delphine Labails salue la méticulosité avec laquelle ceux qui, dans l’équipe de Michel Moyrand, ont tiré les ficelles de l’entre-deux tours, en espérant ouvrir une trappe sous ses pieds. En revanche, la candidate socialiste ne voit pas la dernière volte-face de Michel Moyrand comme la suite logique de son départ solitaire dans la bataille des municipales.  En clair, l’ancien maire de Périgueux se serait présenté « sans intention » de la torpiller pour la simple raison qu’il y a eu un « long compagnonnage » entre eux deux. « Il y a des liens difficiles à dissoudre ». En revanche, Delphine Labails a vu « l’évolution » de Michel Moyrand. La défaite de 2014 lui serait restée en travers de la gorge. Après « un problème technique » autour des bulletins de vote, « il a eu le sentiment que Antoine Audi lui avait volé la victoire ». C’est la volonté de s’offrir « une seconde chance » qui expliquerait qu’il se soit lancé dans une course perso à la mairie de Périgueux… « au moins au départ ». L’idée de jouer un match retour aurait été encouragée par « l’effet sondage du marché ». Des signes de popularité, Delphine Labails entend qu’il en a trouvés lors de ce rendez-vous hebdomadaire. Reste qu’il a fallu que Michel Moyrand « ait envie d’y croire » : à elles seules, les poussettes entre les étals ne suffisent pas.

« Michel Moyrand a été énormément déçu ne pas arriver en tête de la gauche le 15 mars »

« Michel ne s’imaginait pas ne pas arriver en tête de la gauche au soir du 1er tour ». Sa déception aurait été « énorme ». D’ailleurs, dès ce soir du 15 mars, il confie à Delphine Labails qu’il « quitte la vie publique ». Son directeur de campagne Thomas Sarlat a, poursuit la candidate du PS, une toute autre réaction. « Il se charge des négociations ». L’équipe de campagne l’a désigné, avec deux autres personnes. Quand Delphine Labails retéléphone le mardi 17 mars à Michel pour « en appeler à son soutien »… il lui dit « non ». Toutefois, elle a le sentiment qu’il répercute une décision; avant tout, il lui semble qu’ « il a lâché l’affaire ». Et dès le lundi 16 mars. C’est après deux mois de tractations et « le délitement de sa liste » que Michel Moyrand se fend de commentaires acerbes sur son ancienne 1ère adjointe, qui n’est pas du tout curieuse de les lire. Elle retient que Michel Moyrand « s’était engagé à soutenir le candidat qui arriverait en tête de la gauche au 1er tour »…

« J’abhorre les techniques qui ne sont pas assumées publiquement »

« J’ai un projet clair élaboré de manière transparente ». Voilà ce qui compte pour Delphine Labails et merci de l’oublier si l’on cherche des volontaires pour  « être dans la manœuvre ». Les « techniques qui ne sont pas assumées publiquement », elle « abhorre ». C’est, martèle-elle, « l’intérêt général » qu’il s’agit de servir quand on brigue la fonction de maire, pas « l’inscription d’un titre sur une carte de visite »; ce sont des « responsabilités » qu’on se prépare à endosser, pas une position de « faire-valoir » pour exister. La liste très remaniée que Patrick Palem emmène au second tour lui donne une impression de déjà-vu… pendant le mandat de Antoine Audi. Comment pareil équipage peut-il « tenir au-delà de 18 mois ? ». Sans oublier qu’il « ne fait pas trop nouveau monde ». De son côté, Delphine Labails est trop occupée à « construire » pour soutenir le commerce local, les associations, la transition écologique… pour avoir une seconde à consacrer aux « états d’âme des uns et des autres » qui ne font pas un projet pour Périgueux. De son côté, elle est absorbée par le « travail synthétique de trois programmes », à mener avec l’écologiste François Carême et la liste du collectif citoyen de Hélène Reys. « Je suis plutôt sereine ». Delphine Labails retient que « jamais un maire sortant n’avait fait un aussi petit score dans la capitale périgourdine » et que le candidat LREM Patrick Palem va devoir convaincre qu’une liste qui tire à hue et à dia est en capacité de durer.



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