Covid-19 et EHPAD : en Dordogne, Christophe Lamaud a couru un marathon pour adoucir le confinement des résidents

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Les résidents assistent à la course de Christophe (DR).

Le 11 avril, un salarié d’un EHPAD de Dordogne Christophe Lamaud annonçait qu’avec le soutien de sa direction, il allait courir un marathon dans l’enceinte de l’établissement. L’initiative de cet exsapeur-pompier volontaire, qui travaille depuis 23 ans au sein de la structure Marcel Cantelaube de Salignac-Eyvigues, visait à adoucir le confinement des résidents lié à l’épidémie covid-19, en créant un évènement qui les distraie. Conjointement, une cagnotte en ligne destinée à doter l’EHPAD d’équipement(s) qui améliore(nt) leur quotidien était ouverte (… et le reste) -le projet de faciliter la connexion Internet de cet EHPAD rural tient la corde.

« Puisse cette crise sanitaire faire enfin comprendre que les personnes âgées méritent toute notre attention ». C’est, en résumé, le vœu que forme Christophe Lamaud, qui travaille depuis 23 ans au sein de l’EHPAD Marcel Cantelaube au sud de la Dordogne – il y est agent de maintenance ; sa « chère » compagne Claire, animatrice. Christophe, qui salue l’engagement du personnel soignant pour nos Aînés, celui de leurs collègues des autres professions, déplore le peu de cas fait des personnes âgées. Le confinement lié à l’épidémie du nouveau coronavirus, en privant même les résidents de contact physique avec leurs proches, constitue une épreuve douloureuse, sachant qu’il ne leur échappe pas qu’ils vivent déjà à l’écart de notre quotidien commun. Alors Christophe, qui a été sapeur-pompier volontaire à Sarlat, a cherché quelle initiative il pouvait prendre pour adoucir le quotidien des résidents de l’EHPAD Marcel Cantelaube… et il a trouvé. Ce sportif aguerri, adhérent du Périgord Noir Athlétisme, a proposé de courir un marathon dans l’enceinte de l’établissement pour « créer une animation », et il a suggéré d’ouvrir conjointement une cagnotte pour le doter de moyens qui améliorent leur quotidien. Le 24 avril, jour où Christophe a couru son « marathon solidaire », a été une véritable respiration dans cette période de confinement : le spectacle de sa performance sportive a duré 4h37, temps pendant lequel Christophe a aligné plus de 42 km.

Un résident s’est chargé de compter les tours (DR)

« L’espace d’un temps, on n’était plus dans le confinement »

« L’espace d’un temps, on n’était plus dans le confinement ». En entendant cette résidente, Christophe Lamaud a su qu’il avait réussi son pari. Ses 138 tours (au lieu des 128 prévus) d’un circuit au sein de l’enceinte de l’EHPAD de Salignac-Eyvigues avaient bien eu l’effet balsamique escompté. Vendredi dernier, Christophe a eu le vent dans le dos avec une météo « idéale », même s’il allait avoir chaud, très chaud. Les résidents ont suivi parfois activement sa course, en comptant les tours, en donnant du sifflet. Ambiance inédite dans une contexte que l’actualité sanitaire rend si morose, avec de la musique diffusée au mégaphone, tandis que le coureur enchaînait les foulées. Le voisinage de l’EHPAD s’est mis lui aussi à suivre la course.

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Le confinement mis un temps entre parenthèses (DR).

Les soignants rejoignent Christophe pour boucler le dernier tour

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Les soignants rejoignent Christophe pour boucler le dernier tour (DR).

« Dans les 10 derniers kilomètres, j’ai été dans le dur ». C’est que, tout sportif aguerri qu’il est, Christophe « n’avait pas de préparation marathon ». En revanche, ce fondu de trail « avait du volume ». Il avait aussi anticipé que les conditions de sa course n’auraient précisément rien de celles d’un marathon. Il ne s’est pas trompé. « Tourner en rond, encaisser les virages, une côte qui revient très vite… », l’affaire n’a pas été simple du tout. Les soignants ont accompli le dernier tour à ses côtés, derrière une banderole sur laquelle « merci » était inscrit en lettres capitales. La directrice de l’établissement Sylvie Roussel (que Christophe remercie) a remis une médaille en papier à Christophe. Un clin d’œil puisque qu’il était… seul à courir, le moyen d’exprimer avec pudeur un coup de chapeau général et la démonstration de l’application à ce que pas un acte ne manque au spectacle sportif.

Alors, le marathonien solidaire pose maintenant une question à la cantonade : « qu’est-ce qu’une maison de retraite dans la tête des gens ? ».



Catégories :politique

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