Covid-19 en Dordogne : l’entreprise de désinfection Allô 3D s’étonne fort du silence des EHPAD

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Allô 3D 1
Tenue de cosmonaute pour les techniciens de Allô 3D (© DR)

À Ribérac, dès l’arrivée du covid-19 en Italie, l’entreprise Allô 3D a envisagé que l’une de ses activités, très marginale d’ordinaire, allait passer au premier plan. Sur le fil, elle s’est approvisionnée en virucide. Réflexe opportun : aujourd’hui, la demande de désinfection des bâtiments éclipse celles de désintectisation et, surtout, celle de dératisation. Toutefois, chez Allô 3D, on juge « très étrange » qu’aucun EHPAD de Dordogne ne se manifeste, alors qu’on sait que le SARS-CoV-2 y a déjà sévi. Et on enrage à constater que la pénurie de masques FFP2 perdure.

« La désinfection représente moins de 1% de notre activité en temps ordinaire ». À Ribérac, la nature de l’activité de l’entreprise familiale Allô 3D est pourtant identifiable, dès son appellation, qui signale qu’elle a obtenu toutes les certifications réglementaires « 3D » requises -3D comme dératisation, désintectisation, désinfection. Et ces structures ne courent pas les rues. En outre, l’activité désinfection précisément est « très méconnue ». Sylvie Cornu, qui occupe, avec sa fille Élodie, la fonction d’administration de l’entreprise se souvient de la dernière intervention de ses techniciens certifiés sur ce créneau. « C’était… il y a environ 2 ans, quand une bactérie véhiculée par une perruche avait infecté le logement d’un particulier ».  Une opération menée sous surveillance de la direction départementale de la cohésion sociale et de la protection des populationsDDCSPP, les anciens services vétérinaires.

« On a réagi dès l’arrivée du virus en Italie, et on s’est procuré du virucide. C’était le dernier stock »

Julian, technicien (© DR)
Julian, technicien (© DR)

« Quand j’ai vu que l’épidémie covid-19 arrivait en Italie, j’ai demandé à ma fille l’état de nos stocks de virucide ». Ils sont bas. Allô 3D décide aussitôt de s’approvisionner. « On a eu le dernier stock disponible ». Ce sont 15 bidons de 5 litres qui sont rentrés. Une quantité qui donne du champ car « le produit est hyper-concentré ». L’entreprise ribéracoise va vite être sollicitée en Dordogne, en Charente : un réseau d’agences bancaires va régulièrement faire appel à ses services. Maintenant, c’est, en sous-traitance de l’entreprise Onet, au tour de la délégation de la société des auteurs compositeurs et éditeurs de musique SACEMde Périgueux, également, pour sa réouverture. Reste que les deux activités principales initiales de Allô 3D ont très fortement ralenti, en raison surtout de la fermeture des restaurants. Plusieurs contrats avec le Département continuent toutefois d’être assurés, à l’image de celui pour la société d’économie mixte Semitour-Périgord, qui gère notamment Lascaux. Viennent en plus quelques interventions chez des particuliers. Occasion pour Sylvie Cornu de souligner qu’une invasion de punaises de lit peut rendre le confinement autrement difficile qu’il ne l’est déjà. Et de signaler au passage que la colonisation des logements par des blattes constitue « un vrai problème en Dordogne, partout ». Sachant que Allô 3D rappelle sans cesse aux propriétaires que l’on ne traite pas un seul appartement dans un immeuble… car les cafards, en quête de nourriture, vont migrer dans le logement voisin ou situé à un autre étage. Et merci pour nombre d’entre eux de cesser de faire porter abusivement la responsabilité de la présence de ces insectes à leurs locataires : c’est injuste, insiste Sylvie.

« Le virus disparaît en 1 heure. En revanche, il n’y a pas de rémanence »

Antoine, technicien (© DR)

« C’est très étrange, aucun EHPAD ne nous a contactés ». Pourtant, des cas de covid-19 y existent. « Nous sommes autorisés à y intervenir car ce ne sont pas des zones blanches, comme un bloc opératoire par exemple ». De plus, le virucide que nos techniciens utilisent est conforme à la norme européenne EN14476. En bref, il est aussi homologué pour la lutte contre la famille des coronavirus. « En revanche, il n’a pas de rémanence ». C’est-à-dire que si, après l’intervention de désinfection, « il suffit d’une heure pour que le virus soit détruit », qu’une personne porteuse du virus ou bien contaminée s’introduise dans le bâtiment… et il faut tout recommencer. En l’occurrence, à ce stade, Allô 3D n’a donc pas eu à procéder à une première désinfection dans un EHPAD… Pourtant, des EHPAD font appel à des entreprises de nettoyage… qui, souvent, refusent d’intervenir, faute d’équipements de protection sanitaire pour leurs salariés.

 

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« Impossible d’acheter 1 000 masques FFP2 à 2,73 € HT l’unité »

Allô 3D technicien Alexandre
Alexandre, technicien (© DR)

Chez Allô 3D, pour assurer les demandes de désinfection, les techniciens revêtent des combinaisons étanches, portent des masques à cartouche et enfilent deux paires de gants en nitrile. Après un usage unique, la tenue sera jetée à la déchetterie, suivant une procédure codifiée. Les vêtements des techniciens seront lavés après chaque intervention. « On a reçu un stock de tenues hier mercredi. En revanche, on manque cruellement de masques FFP2. Aujourd’hui, il nous en reste… 8 ». Son stock de masques FFP3, Sylvie Cornu les a donnés à la maison de santé. Sauf que « la législation impose le port d’un FFP2 ou d’un FFP3 pour aller chez les clients ». Sylvie s’est alors rapprochée d’un contact qu’elle a au Département. « Il m’a dit qu’il essayait de m’en avoir 100 ». En effet, inenvisageable pour l’entreprise d’acheter ces fameux masques, tant les prix ont flambé. Elle n’a trouvé à ce jour qu’une offre disponible : « un stock de 1 000 unités, à 2,73 € HT la pièce ». Total : elle espère que le groupement d’entrepreneurs du Pays ribéracois va parvenir à concentrer les demandes pour effectuer une commande groupée.

« On ne dort pas bien ces temps-ci. Qu’est-ce que je me bats pour mes emplois ! »

Allô 3D 1
Sylvie Cornu et sa fille Élodie (© DR)

« Comment en est-on arrivés là ? Il faudra rendre des comptes ». Chez Allô 3D, les techniciens sont tous au chômage partiel. Toutefois, il arrive que deux des trois jeunes professionnels effectuent quelques heures. Le troisième en est empêché car il est immunodéprimé. La demande de recours au chômage partiel a été faite dès l’ouverture de la plate-forme dédiée du gouvernement et elle a été acceptée. Sauf qu’ « à ce jour, on n’est toujours pas payés… ». Sylvie Cornu a assuré le paiement des salaires, fin mars… et le moment de régler ceux d’avril approche à grands pas. Sachant que Allô 3D « fait du 100% », de sorte que le montant de la paie « déjà modeste », soit maintenu. Et « pour le technicien qui fait des journées archi-remplies, avec des rendez-vous qui imposent de longs trajets », Sylvie ne se sent pas de « lui faire du partiel ». La professionnelle soupire. « On ne dort pas bien ces temps-ci… Qu’est-ce que je me bats pour mes emplois ! ». Même au plan privé, avec son époux Gilles, qui est le gérant de l’entreprise, l’angoisse a fait la loi, dès le début du confinement. Un couple d’amis a été contaminé ; le mari, encore quadragénaire, a même dû être hospitalisé 5 jours, après qu’au 10e jour à domicile, son état de santé se détériore subitement. Gilles et Sylvie se sont naturellement fait du mauvais sang… sans, conjointement, pouvoir chasser l’idée que la veille du jour où le covid-19 a ciblé leurs amis… ils étaient tous réunis… Ils ne sont pas près non plus de décolérer. « Quand notre ami est rentré chez lui, il avait un masque chirurgical… mais l’ambulancier n’était équipé que d’une paire de gants ».

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Pratique

Allô 3D Gilles
Gilles Cornu, gérant de Allô 3D (© DR)

Allô 3D 11 place Nationale 24600 Ribérac 09 50 14 44 67 contact@allo-3d.fr  

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