Innovation : Dr Vincent Lacoste : « la valise médicale se déploie en Dordogne dans le cadre de la lutte contre le covid-19 »

Dr Vincent Lacoste

L’urgentiste du centre hospitalier de Périgueux Vincent Lacoste est à l’origine, avec ALRENA TECHNOLOGIES, d’un outil de « télémédecine mobile » unique au monde (© ALRENA TECHNOLOGIES)

La CPAM de Dordogne a entendu l’urgentiste du centre hospitalier de Périgueux Vincent Lacoste, qui, avec la start-up ALRENA TECHNOLOGIES, a mis au point une « valise médicale » intelligente. Cette solution de télémédecine mobile, unique au monde, va participer à affronter la « deuxième vague » de la pandémie de SARS-CoV-2. Le bagage -de son vrai nom SmartMedicase – met en effet en relation un infirmier, aux côtés du patient, avec un médecin spécialiste, y compris dans les zones blanches. La téléconsultation audio et vidéo est complète avec la transmission instantanée des examens type électrocardiogramme. Les tests biologiques sont aussi réalisables… mais il revient au législateur de réfléchir à les autoriser.

« Dans les premiers jours, un de nos collègues a été contaminé ». Pourtant, face au SARS-CoV-2, le médecin urgentiste Vincent Lacoste acte aujourd’hui qu’en Dordogne, le centre hospitalier de Périgueux « a eu de la chance ».  En effet, « le confinement était en place avant l’arrivée de la vague épidémique ». De sorte qu’ « on n’a jamais dépassé notre capacité d’accueil » : les lits de réanimation et de surveillance continue n’ont à aucun moment manqué. L’équipe hospitalière a alors disposé d’un temps précieux pour « se préparer ». Reste qu’elle a encore dû défendre son choix stratégique, en enjambant les résistances, pour que cette contamination d’emblée ne signe pas le début de la mise en difficulté de l’établissement, au plus mauvais moment.

« L’effectif covid-19 est resté au complet parce qu’on a enjambé des résistances »

« On a identifié le circuit sanitaire ». Dans le service, dix soignants avaient été en contact avec leur collègue contaminé. « On a décidé de mettre des masques chirurgicaux ». S’ils ne permettaient pas de protéger les soignants, ils permettaient en revanche de protéger les autres, explique le Dr Lacoste. « Ça a été le bras de fer avec nos hygiénistes ». L’équipe s’attache toutefois à prendre le large avec les mesures NRBC -comme nucléaires, radiologiques, biologiques, chimiques- du plan blanc, précisément codifiées. Conjointement, elle forme une équipe de soignants aux gestes courants pour faire en permanence barrière au risque de contamination intra-hospitalière. Ceux-ci apprennent par exemple à enfiler en urgence et alors systématiquement des vêtements de protection. Et, de fait, « on a tenu ». Contre l’épidémie de Covid-19, l’effectif mobilisé est resté à « à 100% » sur le front. Par ailleurs, la Dordogne a semblé avoir un ange sur l’épaule, à l’image, globalement, de la région Nouvelle-Aquitaine : la faible concentration des habitants liée à sa ruralité, l’absence de recours massif aux transports en commun, aussi, ont très probablement empêché que le virus s’y répande comme une traînée de poudre. « Dans l’immédiat, je pense que l’on n’aura ici pas trop de problèmes ». Face au seul SARS-CoV-2, s’entend.

« Le danger, c’est l’arrivée de la 2e vague, celle des patients aux pathologies sérieuses… hors covid-19, qui n’ont plus consulté »

« Où sont passés les AVC ? Où sont passés les infarctus ? ». Le Dr Vincent Lacoste redoute aujourd’hui le surgissement d’une « deuxième vague » de patients, menacés par un danger qui n’est pas le virus. Au centre hospitalier de Périgueux, il y a, en routine, « 2 à 3 alertes thrombolyses » par jour. Pendant la crise, des jours se sont écoulés sans qu’il y en ait une seule… Au CHU de Bordeaux, le nombre de ces « alertes AVC » a chuté de… moitié. Dans les deux établissements, on observe également une baisse massive des appels au secours pour des douleurs thoraciques. Aussi, les patients victimes d’infarctus qui ont fini par arriver sur la table de coronarographie avaient souvent le cœur déjà nécrosé : beaucoup de dégâts hélas étaient déjà faits, quand les médecins n’ont pas été réduits à déplorer un cas de « stade dépassé ». L’explication à cette situation particulièrement alarmante est désarmante de simplicité. « Les gens ont attendu le bout du bout ». Ainsi, sans surprise, le Dr Lacoste s’alarme aussi en pensant aux personnes dont les pathologies nécessitent une surveillance constante… qui a été ces dernières semaines mise entre parenthèses. Sans compter qu’à l’hôpital comme dans les cliniques, on a commencé, par déprogrammer les interventions. Il est alors revenu à chaque médecin spécialiste d’apprécier l’urgence du geste opératoire qu’il avait prévu, pour chaque patient.

« Dommage qu’il faille être dedans pour que l’on se souvienne de notre capacité d’innovation »

« On n’est pas dans un pays qui a la culture de l’anticipation. En revanche, on y a une capacité d’invention, d’innovation. Dommage qu’il faille être dedans pour que l’on s’en souvienne ». Des signes qu’une pandémie pouvait se déclarer, il y en a eu : première épidémie de SRAS en 2002, puis déferlante de la grippe aviaire, en 2003. En 2009, c’est le virus H1N1 qui fait trembler, avant que le fléau du MERS ne s’abatte en 2015, sans encore s’étendre non plus à l’échelle de la planète. Des chercheurs n’ont cessé d’envisager des réponses à l’hypothèse de la généralisation ; des personnalités politiques, également. « Toutes ces études étaient considérées comme des dépenses » avant tout… et sont restées en bas du classement de l’ordre des priorités des pouvoirs publics. Le Dr Vincent Lacoste avait été de ceux qui tiraient la sonnette d’alarme quand on a craint que le virus H1N1 fasse des ravages en France. « On sentait alors un genre de défiance… Du coup, les efforts de sensibilisation ont fait pschitt ». Pire à dire vrai car, à l’exemple sidérant du niveau des stocks de masques qui, « fin 2014, n’ont pas été renouvelés », du départ progressif de l’appareil de production du territoire national, « on le paie aujourd’hui » -et faut-il rappeler que le montant de la facture est colossal. Le risque pandémique nous a surpris comme celui des attentats, faute qu’on se donne les moyens de s’en protéger.

« La crise covid-19 fait sauter les verrous administratifs qui avaient résisté à… 10 ans de discussions »

« Après dix ans de discussions, cette crise sanitaire fait sauter les verrous administratifs ». Le tragique épisode de la pandémie de Covid-19 a remis les soignants en première ligne. Or, force est de constater qu’ « ils ont tenu » -… à quel prix, certes. Mais il a aussi rappelé le rôle que la télémédecine pouvait occuper, pour ne pas dire qu’il l’a mise irréversiblement sur les rails. Or, en Dordogne, le Dr Vincent Lacoste y croit depuis des lustres. Au point de co-fonder la start-up ALRENA TECHNOLOGIES (et, oui, sans oublier de se désengager de la chefferie des urgences de Périgueux). C’est la seule entreprise au monde capable de proposer le volet cruellement manquant à celle qui existe, sans remettre en cause celle-ci, du tout (voir encadré ci-dessous). Sobrement appelée « valise médicale » -d’ailleurs en passe parfois de devenir « sac à dos médical » par commodité- ce bagage, officiellement baptisé SmartMedicase, est arrivé au point où « la démonstration de son utilité n’est plus à faire ».  Au demeurant, ALRENA TECHNOLOGIES voit « une demande mondiale arriver ». Logique… le bagage en question est en mesure de créer un réseau wifi sécurisé partout sur le territoire… y compris dans les zones où ça ne passe pas, y compris via un réseau cellulaire. La « valise » est équipée des moyens de de mise en relation audio, vidéo et des équipements indispensables à des prises en charge de patients sur le terrain. En présence d’une personne présentant des douleurs thoraciques, un électrocardiogramme peut être instantanément effectué et interprété à distance par un spécialiste ; idem pour la pratique d’une rétinographie, sachant que les patients diabétiques risquent des rétinopathies éponymes (or, si, dans sa forme « proliférante », il faut « 2 semaines à 1 mois pour tenter de lui sauver la vue », dans celle qui ne l’est pas, il faut aussi bigrement se hâter : agir en « quelques mois » : voir encadré ci-dessous). À ce jour, des tests ont été effectués dans des services d’urgences et leurs homologues de cardiologie (comme au CHU de Toulouse) sont en train de s’emparer de cette « télémédecine mobile ». Très vite, des services d’ophtalmologie vont leur emboîter le pas. Or, au moment où la « deuxième vague » de patients va inévitablement arriver, l’assurance maladie de la Dordogne a décidé d’apporter son soutien à SmartMedicase, et le déploiement de cette solution 2.0 commence. Une contribution éminemment précieuse à la lutte contre la pandémie de covid-19, « confinement ou pas ».

« La valise médicale permettra aussi d’effectuer des tests biologiques… quand ils seront autorisés »

« Avec la valise, on peut aussi pratiquer des tests biologiques, et obtenir leurs résultats sous 3 minutes ». Reste qu’à ce jour… « la réglementation ne le permet pas ». De plus, de tests sérologiques… il n’y a pas encore, quoique l’on s’accorde à dire qu’ils sont absolument nécessaires. De son côté, le Dr Lacoste a en tête que « la médecine est un art » quand on l’aborde au contraire comme une science exacte. « La biologie doit prendre en compte à la fois la sensibilité et la spécificité ». C’est, en termes plus accessibles aux candides, « être en mesure de détecter les choses » et acquérir la certitude qu’un test positif est dû au virus SARS-CoV-2 alors qu’il y a de « multiples autres causes possibles ». À l’inverse, poursuit l’urgentiste, pour un infectiologue, « un test sérologique instantané négatif alors que le patient présente les signes cliniques d’une contamination… est un test positif ». En somme, le raisonnement « en pourcentages » bute sur la limite des faits : les individus sont différents et il faut en sorte « personnaliser » l’interprétation. C’est un argument supplémentaire en faveur de l’utilisation de SmartMedicase. Parce que le bagage va pouvoir se concentrer sur les pathologies lourdes classiques que la pandémie de covid-19 a laissées à l’écart, mais, si le feu vert biologique est un jour donné, il pourra aussi participer au repérage des personnes contaminées.

« Si l’utilité de notre valise était démontrée, nous étions une start-up… donc prière d’attendre »

« Avec le covid-19, le déploiement de SmartMedicase a pris du retard à l’allumage -3 semaines ». Alors qu’en temps ordinaire, 48 h suffisaient pour récupérer des cartes SIM, les délais sont passés… à 2 semaines, et elles sont arrivées par petites poignées. « Nous étions identifiés comme une start-up, donc nous n’étions pas prioritaires… ». Même si l’utilité de cette « télémédecine mobile » était démontrée. S’est ajoutée la difficulté à obtenir des autorisations pour le déplacement de techniciens. Total : « ce ne sera pas forcément opérationnel au moment idéal, comme prévu ». Reste que ce qui va être fait avec la solution développée par ALRENA TECHNOLOGIES sera exemplaire.

Miser sur les infirmiers, le pari du Dr Lacoste

« Ce sont des rencontres qui ont finalement été décisives ». En Dordogne, un sapeur-pompier a permis au Dr Lacoste de procéder à la première expérimentation… et la valise a été adoptée dans le Nontronnais. Puis, arrivée du covid-19, direction l’assurance maladie départementale pour une réunion dont l’objet est administratif. Le Dr Lacoste en est. Contre toute attente, il est amené à évoquer la « valise médicale ». Un interlocuteur de poids l’écoute attentivement. « On avait informé la sécurité sociale depuis 3 ans… et l’information n’était pas remontée au sommet ! ». Dès qu’il est mis au courant, l’interlocuteur adopte, agit. Depuis le 1er janvier 2020, jour où la téléconsultation a été actée, aucun obstacle réglementaire ne contrarie plus la concrétisation de la solution. Le Dr Lacoste a fait le pari de miser sur les infirmiers en pratique avancée. Une quinzaine d’entre eux sont déjà partants. Ils ont toutes les compétences requises pour, depuis « le pied du lit du patient », être les correspondants d’un médecin spécialiste –les médecins généralistes aussi peuvent avoir recours à la « valise médicale ». On l’a vu plus tôt, le spécialiste à distance voit l’infirmier, le patient et réceptionne les examens instantanément. De quoi « améliorer la qualité de la décision, qui, de fait, sera collégiale ». Sachant qu’en outre, on évite l’écueil des jours de fatigue, où le médecin décideur est aussi seul… avec ses erreurs d’appréciation. Alors que le savoir médical évolue  à une vitesse jamais vue, « sur les cas complexes », cette mise en réseau des professionnels est la réponse la mieux adaptée. Oui, les compétences des infirmiers, qui naviguent souvent dans une zone grise, « sont en train d’être valorisées ».

« Administrativement, ça fonctionne ; au plan de la rémunération aussi »

« La CPAM de Dordogne est donc le point central de référence des infirmiers et leur ligne a bien été créée pour qu’ils puissent faire de la télémédecine ». Le maillage du territoire ne laisse pas de place au doute : ce sont les infirmiers qui, avec les ambulanciers, sont au plus près des patients. Le Dr Lacoste indique qu’il faut « identifier une dizaine de zones » : le temps n’est plus à la réflexion par établissements. Ensuite, il s’agira d’établir « une cartographie des infirmiers par spécialité ». Par exemple, le cardiologue à distance demandera à ses collègues référencés sur le terrain de passer faire une téléconsultation chez un patient présentant une pathologie cardiaque chronique. « On a besoin au minimum d’un cardiologue dédié à cette prise en charge à distance ». Mais, ce que l’on peut d’ores et déjà retenir, c’est qu’ « administrativement, ça fonctionne  et qu’au plan de la rémunération des téléconsultations, aussi ». L’obstacle des déplacements est lui aussi levé, avec l’accompagnement de l’agence spatiale (CNES) pour l’assistance satellitaire.

Après les arguments médicaux, l’avantage économique

« Un autre argument a été convaincant : le point de vue économique ». Au terme d’une étude de 3 ans au sein du services des urgences, le Dr Lacoste a établi que « dans 90% des cas, il n’y avait pas besoin d’un médecin pour intervenir ». Or, si, pour chaque alerte pour des douleurs thoraciques, qui sont potentiellement des infarctus, l’urgentiste joint à distance par l’infirmier sur place peut conjointement consulter un cardiologue, avec électrocardiogramme en main, prescription instantanée et adaptée des médicaments, on gagne 2 heures de déplacement… et leur coût.

« La start-up à la croisée des chemins : il faut augmenter la capacité de production et embaucher »

« La clé, ce sont les infirmiers ». Le Dr Vincent Lacoste imagine d’ailleurs que de « nouveaux métiers vont émerger » : les uns devenant plutôt spécialisés en « cardio », les autres plutôt en « ophtalmo ». C’est une « reconnaissance » de la profession. « Et si ça lui permet de gagner un peu plus d’argent, c’est tant mieux ». Cependant, au niveau de la start-up ALRENA TECHNOLOGIES, « il faut maintenant se muscler aux plans des finances et de la capacité de production ». Pour démarrer, les associés ont sollicité leurs environnements respectifs… après avoir asséché leurs propres ressources sonnantes et trébuchantes, permettant une levée de fonds de 470 000 €. Puis il a fallu démontrer la pertinence de « la valise ». Cette fois, la start-up est « à la croisée des chemins ». La dernière marche à gravir exige une levée de fonds de 2 M€. D’autant qu’ « il nous faut embaucher ». ALRENA TECHNOLOGIES va avoir besoin de référents sur tout le territoire, d’ingénieurs réseaux, de commerciaux… « Des gens bienveillants sont en train de relire la partie commerciale de notre dossier final ». Ultime étape : « aller voir les investisseurs ».

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Avec la crise du SARS-CoV-2, le Dr Vincent Lacoste voit les verrous administratifs sauter… ce que 10 ans de discussions n’avaient pu obtenir (© ALRENA TECHNOLOGIES)

Contact : ALRENA TECHNOLOGIES – 01 49 57 10 34 – contact@alrena.net

« Nous avons pris le contrepied de la télémédecine actuelle »

« Quand, fin 2014, j’avais présenté la valise au ministère de la Santé, cette autre télémédecine était manifestement trop compliquée -à la différence d’aujourd’hui, où nous n’avons plus besoin de convaincre les gens. C’est que nous avions pris le contrepied de la conception de la télémédecine qui prévalait. Au lieu de voir les patients aller de point fixe à point fixe, on la pensait mobile. En effet, nous étions partis de l’idée que les personnes âgées, celles qui sont isolées et celles qui vivent en zones rurales n’avaient pas accès à cette télémédecine fixe. Or, nos campagnes représentent 70% du territoire français. Dans le même temps, nous tenions également à conserver la relation humaine : il fallait quelqu’un physiquement auprès du patient »

« Dès 2007, la haute autorité de santé avait recommandé un examen par an aux patients diabétiques… »

« Un examen par an pour les patients diabétiques, c’est ce que la haute autorité de santé avait recommandé, dès 2007. Le risque de rétinopathies diabétiques est sérieux et leurs conséquences, sévères. Or, si l’on compte 4 millions de diabétiques en France, seuls 2 millions sont effectivement suivis… sachant qu’ils le sont en réalité une année sur deux, au vu de l’attente pour obtenir un rendez-vous. Avant la survenue du covid-19, nous attendions en octobre les premiers résultats de notre expérimentation avec un ophtalmologiste du CHU de Nice. En effet, en 2007, on a délégué les rétinographies aux orthoptistes. Sauf que ceux-ci se sont rapprochés des cabinets d’ophtalmologistes. Par conséquent, pour 30% du territoire, ils ont en effet permis aux médecins de se reconcentrer sur leurs compétences, mais pas sur les 70% du territoire restant. Nos premiers résultats devraient nous confirmer que l’utilisation de SmartMedicase permettrait d’économiser 90% de leur temps, de sorte qu’ils se redirigent vers le bloc opératoire ou vers la technologie laser. Le temps de consultation de routine serait bien réaffecté opportunément… et l’attente pour un rendez-vous, tomber à environ 2 mois. En pratique, sur le terrain toujours, le référent SmartMedicase réalise la rétinographie, expédie l’examen au médecin spécialiste, qui indique s’il est normal ou pas. Avec l’intelligence artificielle, à terme, c’est même un ordinateur qui sera en mesure de repérer les problèmes, dégageant d’autant plus de temps pour que l’ophtalmologiste se recentre ».



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