Covid-19 : et si l’immobilier échappait au crash économique ? Près de Périgueux, l’hypothèse se défend

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Plutôt épargnée par le covid-19, la Dordogne va-t-elle faire figure d’eldorado ? (© moerschy / pixabay)

Et si l’immobilier échappait au crash économique consécutif à la crise sanitaire du SARS-CoV-2 ? C’est l’hypothèse d’une agence immobilière sise près de Périgueux. Si elle n’a pas valeur générale, le raisonnement qui la sous-tend rappelle au moins les contraintes objectives qui pèsent aujourd’hui sur ce marché. Dans le même temps donc qu’il propose de penser que leur impact sera dépassé et que la Dordogne pourrait même voir son attractivité dopée par les effets de cette période douloureuse.

« Avec la survenue de la crise sanitaire, il y a eu un arrêt immédiat ». Et pour première cause, rappelle Cécile Blay, depuis l’agence immobilière Elite : de visites de biens, soudain, il n’y a plus eu. De leur côté, « les notaires n’ont plus eu de contact avec le public ». Et de deux. Sur ces empêchements radicaux, s’est greffée la suspension des affaires en cours. « Les signatures prévues n’ont pas pu se concrétiser ». Le moyen de pallier l’évitement des contacts physiques imposé par la lutte contre la pandémie de SARS-CoV-2 est toutefois « à l’étude entre banques ». Une validation 2.0 qui, au demeurant était, chez les notaires, acquise… mais « encore faut-il qu’ils l’utilisent ». En tout état de cause, la faisabilité d’un déménagement reste aujourd’hui un point de blocage. « Les conditions d’autorisation restent floues ». Une règle prévaut néanmoins… de fait. « Un particulier ne peut pas louer un véhicule… donc il ne peut pas réaliser son déménagement ». De sorte que, même si une transaction était conclue avant le confinement, sa concrétisation reste empêchée… et les biens ne sont pas libérés. Cécile Blay espère naturellement des « éclairages » des pouvoirs publics à ce sujet.

« L’acquisition d’un bien pourrait apparaître comme l’investissement le plus sûr dans une période incertaine »

« Les gens continuent de s’intéresser à l’immobilier… s’ils ne s’y intéressent pas même davantage car ils ont plus de temps ». À savoir s’il s’agit d’occuper les heures de confinement, de les égayer en formant des rêves… ou si c’est bien des projets que l’on échafaude. Cécile Blay penche pour cette dernière option. « À terme, je pense que l’immobilier, y compris professionnel, ne va pas pâtir de cette période ». Mieux, poursuit-elle, il n’est pas exclu que le secteur se muscle : dans un environnement économique incertain, « à ceux qui ont des liquidités », l’acquisition d’un bien pourrait plus que jamais apparaître comme un investissement plus sûr qu’un placement. Surtout si, au vu du plafond de garantie des banques, on se prend de réaliser ses réserves de peur de les perdre. Total : « les gens se préparent à moyen terme ». Pas question pour autant, pour la professionnelle, de s’affranchir de la réalité. Les particuliers pourraient aussi avoir à reconsidérer leurs plans de financement. « Les banques vont-elles demander un apport personnel plus important ? Les taux des prêts, sachant qu’ils étaient notablement bas, vont-ils remonter ? ». Pour mémoire, avant le covid-19, on empruntait sur 20 ans à 1 ou 2%.

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« Le cas des commerçants est le plus épineux. D’autant que beaucoup sont locataires »

« En Dordogne, avant le confinement, on était sur une dynamique immobilière, même s’il y a beaucoup d’acteurs ». Mais, l’immobilier d’entreprises ne pourrait-il pas marquer le pas ? C’est qu’il va falloir que « les trésoreries tiennent » le temps du confinement. Que vont, en particulier, devenir les commerces, totalement privés de chiffre d’affaires depuis la mi-mars ? Tout dépend, selon Cécile Blay, dans quelle santé la structure se trouvait. « Aujourd’hui, tout est vraiment lié à la personne qui les tient, à sa manière de les gérer ». La santé d’un commerce est, selon celle-ci, fortement liée « à la présence de son gérant dans la boutique, même s’il y a beaucoup de personnel ». Être sur place est un gage de réactivité, sans laquelle on ne peut pas consolider son entreprise. « Car les modes de consommation sont en train de beaucoup évoluer », à l’image de la nouvelle importance des achats en ligne, tendance que le confinement a accentuée. Toutefois, même si, en rouvrant, les restaurateurs tournent assez vite, ils ne rattraperont pas les couverts perdus. Quant aux commerçants de la vente de vêtements, il leur faudra régler la collection achetée depuis un an, même si elle n’a pas été écoulée… Pour ceux qui sont simplement locataires de leurs murs, va s’ajouter la charge de loyers. « Même si l’État nous demande de reporter leur encaissement… que vont faire les propriétaires particuliers ? ».

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L’hypothèse de la résistance du secteur immobilier est défendue par l’agence Elite immobilier (DR)

« La Dordogne a été plutôt épargnée par le covid-19… les gens pourraient s’en souvenir »

« La Dordogne a plutôt été épargnée par le covid-19. Les gens pourraient s’en souvenir ». Cécile Blay juge probable que la clientèle des futurs retraités augmente encore. Elle envisage aussi que l’envie de campagne qui se manifeste pendant le confinement perdure quand il sera levé. « Si, en Dordogne, les salaires sont moins élevés que dans les zones urbaines, on est moins pollué. Les choix seront peut-être plus éclairés ». L’expérience douloureuse du confinement, aussi, rappellera peut-être que ce n’est pas si mal d’aller visiter les grands-parents retirés à la campagne… alors, pourquoi ne pas précisément s’en rapprocher durablement ?



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