Abattoir de Ribérac : Nicolas Platon s’interroge : « qu’a-t-on fait jusqu’au 17 mars ? »… et répond

Nicolas Platon

Nicolas Platon (© territoire-magazines.com)

À Ribérac, Arcadie s’était bien engagé à retarder de 2 mois son départ de l’abattoir, qu’il avait brutalement annoncé le 14 février. Engagement pris auprès du président du Département Germinal Peiro en premier, pointe Nicolas Platon, candidat qui a viré en tête au 1er tour des municipales 2020, scrutin que la crise sanitaire Covid-19 a mis provisoirement entre parenthèses. Le retournement récent de Arcadie, qui, finalement, retire son activité de l’abattoir tout de suite et maintenant emballe nécessairement la situation… d’autant que Nicolas Platon se demande ce qui a été fait pour sauver la structure avant le confinement, décrété le 17 mars. Toutefois, il veut encore croire que l’abattoir a un avenir, d’autant que « paradoxalement » la crise sanitaire lui paraît enclencher « une prise de conscience de ce qui se fait chez soi ».

« Sans doute » que Arcadie a réitéré son engagement à différer de deux mois son départ « dans les réunions qui ont suivi » la toute première, qui s’est tenue au conseil départemental de la Dordogne. En reprenant le calendrier, c’est en effet « à l’issue » de cette rencontre de Nicolas Platon et du maire de Ribérac Patrice Favard avec le président de la collectivité Germinal Peiro -le président de la communauté de communes du Pays ribéracois Didier Bazinet était aussi présent- que la demande est formulée par courrier à Arcadie. La promesse initiale de l’entreprise ruthénoise « a dû faire l’objet d’un courrier au Département ». Quand, de son côté, le maire Patrice Favard se souvient d’une promesse « orale » devant le préfet de la Dordogne Frédéric Perissat. Oral ou écrit, toujours est-il que, depuis le 6 avril, l’engagement en question ne tient plus et que l’abattoir de Ribérac est cette fois plongé dans une tourmente qui pourrait lui être fatale. Pourtant, Nicolas Platon veut croire à une solution pour que le site échappe à la fermeture. Après avoir dressé l’inventaire des pistes de travail ignorées et souligné une annonces restée… à l’état d’annonce.

« Sans faire du tout de polémique, on a vraiment perdu du temps »

« Je ne veux surtout pas faire de polémique. Simplement, on a vraiment perdu du temps. Avant le 17 mars, il était possible de mettre conseil d’administration, éleveurs, élus, artisans autour de la table ». Avec son équipe de campagne Ribérac, l’avenir avec vous, Nicolas Platon avait aussi proposé que « les intercommunalités rejoignent » ladite table. Force est de constater que l’idée n’a rencontré aucun écho. Sans pour autant qu’une autre semble se concrétiser. « Pourquoi ne s’est-il rien passé entre mi-février et le 17 mars ? ». En prévenant qu’il prenait ses distances avec la campagne car le sujet de l’abattoir primait sur tout, le maire Patrice Favard n’aurait fait que déplier des « éléments de langage ».

« Le sénateur Bernard Cazeau a sollicité le ministre Didier Guillaume… et quelle est la réponse ? »

« Le sénateur Bernard Cazeau, qui est, semble-t-il, à tu et à toi avec le ministre de l’Agriculture Didier Guillaume, a indiqué qu’il lui avait demandé d’intervenir » -c’était le 4 mars. Nicolas Platon souligne au passage que le sénateur Cazeau souhaitait voir « abonder les caisses de la SEMOP (société d’économie mixte à opération unique) … alors que la Région avait voté une aide » -Bernard Cazeau, lui, parle d’ « aides à la restructuration de l’abattoir ». L’idée ne convainquait en tout cas pas du tout Nicolas Platon, d’autant qu’à ses yeux, la constitution de la fameuse SEMOP est revenue à un « montage juridique qui n’a strictement rien apporté ». Et il observe en l’occurence qu’il « n’a jamais vu la réponse de Didier Guillaume ».

« Des administrateurs n’avaient pas de réponse directe à leurs questions, ils le diront »

« L’abattoir, c’est une vieille histoire… Arcadie a fait tomber le couperet ». Car, de fait, « si », il existe un motif pour revenir sur ses engagements : « quand les difficultés sont insurmontables ». Pourtant, « les parts de Arcadie, c’est marginal, même si l’entreprise apportait presque 50% de l’activité ». L’actionnaire AVL Périgord (l’activité transformation de Arcadie Sud-Ouest) a beau être en effet sur la 2e marche du podium derrière la Ville, il ne pèse que 12,5% du capital de la SEMOP, soit 28 125 €. C’est dire qu’ « être à Ribérac » se traduisait par un coût « en termes d’emploi », uniquement. Tandis qu’« à Thiviers, il est chez lui ». Alors certes, la manière de l’entreprise de Rodez choque. « Ce n’est pas élégant et c’est assez affligeant de profiter de la crise sanitaire actuelle ». D’autant que Nicolas Platon a le sentiment que « les consommations de viande n’ont pas dû trop chuter », malgré des amplitudes horaires réduites chez les bouchers. « Ils travaillent toujours ! ». Mais l’important est déjà de convenir que « tout le monde savait que Arcadie n’allait pas bien ». Dans la SEMOP même, « il y a un flottement ». L’heure d’en témoigner arrivera d’ailleurs, chez des administrateurs, dont Nicolas Platon sait qu’ « ils n’ont pas eu les réponses directes à leurs questions ». Un sort qui aurait aussi été réservé à la Région. Alors, stop, « il ne faut pas voiler la face ».

« Ne pas demander conseil, c’est du nombrilisme » (et c’est malvenu)

« On ne va pas demander conseil, ni accompagnement… ». Nicolas Platon juge que « c’est une preuve de nombrilisme », mais que, pire, c’est s’empêcher d’appréhender le dossier comme il devrait l’être. C’est qu’ « il ne s’agit pas seulement d’un montage juridique et financier » : il faut aussi considérer son « aspect technique ». Pour rappel, « il y a 20 contrats aujourd’hui à l’abattoir » -même si aujourd’hui, des salariés ont fait valoir leur droit de retrait. Or, précisément, leur sort   pourrait être un sujet sur lequel se pencher… Mais rien ne se fera vraiment, juge Nicolas Platon, si l’on n’a pas répondu à une question : veut-on, oui ou non, de l’abattoir ? Si c’est oui, il s’agit dare-dare d’ « aller voir tous les utilisateurs de l’abattoir et les élus ». Sans oublier conjointement de regarder « à quel jeu joue aujourd’hui la coopérative Univia », autrement dit d’y voir clair dans « sa relation avec Arcadie ». Sans omettre non plus de se demander « pourquoi ne pas aller à l’abattoir de Chalais (à 28 km de Ribérac) plutôt qu’à celui de Thiviers, (à 61 km) ». Avec le temps, les données à disposition pour apprécier la situation vont s’enrichir. C’est que, « cette fois, on connaîtra forcément le rapport de la chambre régionale des comptes ». Plus de « secret » qui vaille, prochainement. « C’est un élément nouveau » qui va s’inviter dans la réflexion. « Dans ce rapport, il y a forcément des éléments d’analyse » – l’abattoir fait en effet l’objet d’un budget annexe.

« La crise sanitaire n’empêche pas le débat… et ne doit pas faire écran, même si ça arrange beaucoup de monde »

« La crise sanitaire n’empêche pas le débat, la vie continue ». Nicolas Platon refuse qu’ « on laisse disparaître un outil, comme ça ». Si la crise sanitaire du SARS-CoV-2 complexifie la tâche, elle ne doit pas servir d’écran de fumée. Même si « ça arrange beaucoup de monde ». Sur le montage juridique, Nicolas Platon le répète : « il n’a strictement rien apporté ». Alors qu’à ses yeux, « il fallait repositionner l’abattoir ». Maintenant, la crise sanitaire précisément est en train de démontrer que c’est dans cette direction que l’histoire se tourne. Or, avec sa liste Ribérac, l’avenir avec vous, le candidat Platon « prône les circuits courts » tout en ayant déjà « pointé les difficultés de l’abattoir ». Or, « le paradoxe, c’est que l’on va certainement avoir davantage besoin de l’abattoir demain ». En effet, il y aurait une prise de conscience. « S’il y a une leçon à tirer de tout ça, c’est qu’on perçoit mieux ce qui se fait chez soi ». Oui, il est à parier que le retour aux 2 000 tonnes de production est désormais inenvisageable, mais oui, Nicolas Platon espère qu’une solution va être trouvée. Et il maintient que « la seulec’est que les intercommunalités voisinent avec celle de Ribérac, ainsi qu’avec les communes ». En menant un effort de « sensibilisation » auprès des élus, des éleveurs et de la population. Histoire « de ne pas manger de la saucisse de Hollande ». Oui, la crise de la vache folle a marqué le début de la diminution de la consommation de viande, mais elle ne l’a pas stoppée. En outre, la viande est, somme toute, « dans les gènes du territoire ».



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