Covid-19 et religion : avocat à Périgueux, le citoyen Hervé Benichou plaide pour que la pandémie nous « bascule de l’avoir dans l’être »

Me Hervé Benichou

L’avocat de Périgueux Hervé Benichou est aussi… un citoyen. Il est croyant (DR).

Me Hervé Benichou est avocat… et citoyen de Périgueux (Dordogne). Il croit. Dans sa foi, il trouve du réconfort, malgré la fermeture des lieux de culte pour cause de pandémie de Covid-19. Sa religion lui explique la tourmente, elle lui donne donc un sens… effet balsamique garanti. À la veille de Pessah -la Pâque juive– le citoyen Benichou est en effet convaincu que l’épreuve que nous traversons va nous amender. Et qu’elle n’advient pas « par hasard »… puisque, selon lui, il « n’existe pas ».

« Au-delà des réductions budgétaires drastiques dans les centres hospitaliers, c’est la question de nos modes de vie dans une société de consommation qui est posée. Tout n’est pas facturable ». Hervé Benichou pense que la pandémie du Covid-19 est « une chance » pour la collectivité : si ce coronavirus tue, abîme, il devrait aussi accoucher d’une rupture salvatrice dans l’évolution de notre état d’esprit -individuel, collectif. C’est qu’il lui apparaît inévitable que ce désastre sanitaire « change notre mode de relation aux autres ». Une interrogation ancienne ressurgit, avec un sentiment de sidération réactivé : « Pourquoi devons-nous en arriver à des situations de guerre pour inventer la solidarité ? ». S’il renonce à attendre une réponse, il fonde en revanche l’espoir que « nous basculions de l’avoir dans l’être ». Ce basculement pourrait déjà s’enclencher, là, tout de suite, en pleine épreuve. De sorte qu’ « un nouvel ordre éthique mondial », auquel il « aspire », émerge.

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« La Torah a prévu ce nouveau Déluge »

« Que dit le Déluge de Noé ? Que le Créateur en a eu marre ». Hervé Benichou a lu la Torah, à l’endroit et à l’envers. « La Torah a prévu ce nouveau Déluge, qui ne viendrait pas par l’eau ». Avertissant aussi que « les jeunes seraient les moins touchés ». Comme dans la première édition du récit biblique, il s’agit de « sauvegarder l’humanité ». Hervé Benichou retient qu’ « il ne faut plus jamais que nous soyons comme avant ». L’homme de foi s’imbrique avec le professionnel, rompu à « la nécessité de l’écoute de l’autre ». Or, en faisant « partie des sachants », les avocats occupent une position privilégiée pour passer le mot. Qu’ils ne s’en privent pas.

Le confinement a déjà fait la leçon à l’avocat 

« Jamais il ne me serait venu à l’idée d’aider mes voisins âgés… ». Le confinement lié à pandémie du Covid-19 a déjà fait la leçon à l’avocat qui prend soin des justiciables. Le voilà aujourd’hui affairé à veiller sur les plus fragiles de son environnement privé, des personnes avec lesquelles il n’avait encore pas parlé, dont il ne savait rien. « La compétence, c’est bien plutôt ce qu’on est que ce qu’on fait (comme métier) ». Dans l’usage, on est, à tort, habitué à « ramener » le citoyen à son statut social.

« La pandémie de Covid-19 sévit à la veille de Pessah : un message qui renvoie aux Dix plaies d’Égypte »

« Le judaïsme est une pratique avec 613 commandements » que la Torah édicte. On est autorisé à prier seul ou bien ensemble, à condition qu’un quorum soit respecté – dix adultes, au moins. Pendant la lutte contre la propagation du Covid-19, comme tous les lieux de culte (même s’il est possible, si l’on est seul, de prier dans les églises), les synagogues sont fermées. D’aucuns se rejoignent pour exprimer leur foi, sur Facebook, où « des prières juives sont diffusées ». Ce n’est pas le cas du croyant Benichou, qui refuse d’utiliser un réseau social qui incarne à ses yeux « le culte de soi ». En tout état de cause, l’empêchement, de fait, de se réunir pour prier intervient à la veille de Pessah, la Pâque juive, « le mois de Nissan, le mois de la libération des Hébreux de l’esclavage (dans lequel Pharaon les tenait) ». Or, si celui qui ne croit pas relève éventuellement une fâcheuse coïncidence, celui qui croit pointe l’intercession de la Providence. En somme, Hervé Benichou reconnaît dans le surgissement du Covid-19 l’épisode fondateur des Dix plaies d’Égypte. Puisse, poursuit-il, cette grave crise sanitaire provoquer « une espèce de fusion des religions, pour se concentrer sur l’essentiel ». Entraîner « une prise de conscience » des courants spirituels. Qu’en la matière, on ne puisse plus revendiquer son appartenance, que l’on réfléchisse à nouveau à l’utilité des schismes.

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« Dans un silence assourdissant, vivre l’instant »

« Pas de rendez-vous avec mes clients, pas de sonnerie de téléphone… c’est à la fois angoissant et apaisant ». Dans ce « silence assourdissant », Hervé Benichou, comme tous les citoyens confinés, « vit l’instant ». En pensant que, peut-être, voire sûrement, au terminus de la pandémie, un changement de paradigme va s’opérer, qu’un « nouvel ordre éthique mondial » va s’installer.



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1 réponse

  1. Me Hervé BENICHOU… je partage vos ressentis et votre verbe… Tout est dit ; il faut maintenant en remontant des abysses, apprendre à ouvrir les yeux sur un nouveau monde, ouvrir nos oreilles aux appels du coeur…KNOX OM PAX Claude JdL

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