Covid-19 et initiative :  trio Philippe d’Eaubonne – la Malle aux costumes – Didier Aymar égale 2 000 masques chirurgicaux !

2000 masques

La fabrication de 2 000 masques à La Malle aux costumes, c’est parti ! (DR)

Face à la pénurie cruelle de masques de protection en pleine crise sanitaire du Covid-19, la volonté de se rendre concrètement utile se concrétise aussi en Dordogne. Environ 2 000 masques sont en cours de confection. Bonne volonté, expérience des interventions d’urgence ont été réunies avec trois habitants du Périgord Noir. Le particulier Philippe d’Eaubonne, la PME pilotée par Alain et Cathy Ingrassia La Malle aux costumes et l’infirmier Didier Aymar vont permettre la confection et la distribution d’environ 2 000 masques à des professionnels de santé, sur-exposés à la contamination, ainsi qu’à des gendarmes, qui continuent à travailler au contact de la population, et à des personnes de supermarchés à Sarlat. Pas de mandat du Rotary club de Sarlat, dont Philippe d’Eaubonne est membre. « Servir d’abord », c’est bien, reste qu’il préfère « servir plus rapidement que d’abord ».

« Et si ces alèses thérapeutiques destinées aux services des grands brûlés pouvaient contribuer à pallier le manque de masques ? ». Par le passé, Philippe d’Eaubonne a défendu l’utilisation d’alèses qui garantissaient un environnement plus sain et plus confortable aux grands brûlés. Au sein de l’AP-HP notamment, on se montre alors très enthousiaste. En effet, les plaies des malades transpirent. Or, ces alèses absorbent l’humidité, tout en bloquant les bactéries -la contamination en clair. Sauf que, malgré « une certification d’excellence dans ces services dédiés aux grands brûlés », patatras, l’absence de marquage CE va obliger à… les remiser dans une grange. Tant pis pour la France, qui s’est privée de cette technologie, ailleurs dans le monde, nombre de pays ne passeront pas à côté.

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« La Malle aux costumes est en train de fabriquer des masques lavables et réutilisables plus de 100 fois »

Pénurie cruelle de masques pour se protéger du Covid-19, stock dormant de tissu médical de haute qualité, lavable, réutilisable… et stérilisable. « Et s’il y avait moyen de transformer les alèses pour contribuer à pallier d’urgence la pénurie de masques ? » La fabrication d’un prototype, assurée par un proche, démontre que la reconversion tient la route : le feu est au vert, en route pour la suite. Reste, premièrement, à trouver une entreprise en mesure d’assurer la fabrication en nombre. Appels téléphoniques tous azimuts. À La Malle aux costumes, entreprise sise à Audrix spécialisée dans la confection de costumes médiévaux, Cathy Ingrassia, qui dirige la PME avec son époux Alain Ingrassia, est spontanément partante : elle va se mettre bénévolement à l’ouvrage. Préalable toutefois : « le réglage de ses machines à coudre ». L’affaire n’est encore pas simple, mais Cathy y parvient au terme de plusieurs heures. Oui, mais… « Il fallait trouver une autre structure, en mesure de fournir 4 km de ruban… ». Nouveau phoning tous azimuts. Chez les distributeurs, dans les supermarchés, au sein du quartier emblématique du textile du Sentier dans le 2arrondissement de Paris, la réponse est, las, inchangée : zéro stock disponible. Mais cette fois, c’est un duo qui se démène. Avec ses contacts professionnels, La Malle aux costumes déniche des rubans. De son côté, Philippe d’Eaubonne finit par trouver l’entreprise qui va bien, dans l’Orne : Fantex Industrie est d’accord pour lui vendre 3 200 mètres de ruban. C’est parti, « La Malle aux costumes entame la confection à la main des masques ». Objectif : en fabriquer environ 2 000. « Ils sont donc lavables et réutilisables, et à la cadence d’une rotation de plus de 100 usages ». Seulement, un dernier obstacle se dresse :  leur distribution. « L’effectif des bonnes volontés va grimper à trois personnes ». En effet, à Sarlat, l’ami infirmier libéral Didier Aymar est, sans hésiter une seconde non plus, d’accord pour s’en charger : en priorité, les personnels les plus exposés à la contamination –aides-soignants, personnels des EHPAD, infirmiers, médecins locaux, mais aussi des gendarmes du Périgord Noir, qui demeurent au contact de la population, vont pouvoir abaisser le risque encouru.

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« Au Rotary, notre devise, c’est servir d’abord ; là, il s’agit de servir plus rapidement que d’abord »

« Non, je n’ai pas été mandaté par mon président ». S’il est membre du Rotary club de Sarlat, Philippe d’Eaubonne a préféré « agir sous (sa) propre responsabilité, de sorte de faire urgemment ». Autrement dit, si « au Rotary, notre devise, c’est servir d’abord ; là, il s’agit de servir plus rapidement que d’abord ». Cathy Ingrassia va abattre 200 heures de travail bénévole, Philippe d’Eaubonne investit plus de 12 000 €, Didier Aymar assure bénévolement la distribution des masques chirurgicaux, sous contrainte d’urgence. Un effectif de trois personnes a permis de mettre sur pied l’opération masques. Sachant que le pilote d’Eaubonne a l’expérience des interventions humanitaires à réaliser en moins de 24 h. De quoi garder en mémoire que « les rouages hiérarchiques constituent souvent des freins : la vitesse pour agir diminue… avec les chances de succès ».

Contact appels secours : sosmasques24@gmail.com



Catégories :politique

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