Covid-19 et Région : pour Francis Wilsius, « la simplification des procédures de soutien, gage d’efficacité »  

Francis Wilsius

Le conseiller régional Francis Wilsius, délégué restructuration économique.

« Délégué restructuration économique » (1). Avec cette charge, Francis Wilsius pourrait être des conseillers régionaux de Nouvelle-Aquitaine fort sollicités dans les jours prochains. La Dordogne identifie bien l’élu girondin : il a représenté le président Alain Rousset à la réunion de l’ensemble des partenaires du dossier des Papeteries de Condat à la préfecture à Périgueux, début septembre dernier. Alors, oui, le conseiller régional confirme qu’il s’attend à ce que son « petit service » connaisse une surchauffe… … sachant qu’il est déjà « à saturation ». Toutefois, la collectivité devrait « réajuster ses effectifs » pour qu’il fasse front. Dans cette période qui s’annonce « difficile », Francis Wilsius a un impératif : « être efficace », dès la publication des textes réglementaires.

« Les conseillers régionaux aussi sont confinés… D’ailleurs, le prochaine commission permanente, lundi 06 avril 2020, se tiendra en visio ». Le conseiller régional délégué à la restructuration économique Francis Wilsius précise que 15 élus vont siéger -à distance, donc- au lieu d’« environ 40 » en temps ordinaire. Chaque groupe restera représenté. C’est qu’il ne faut pas trop tirer sur Internet… ou, du moins pas partout. « À côté de Bordeaux, ça tient. Mais dans les zones rurales… ».

« Il faudra simplifier les procédures, pour aller plus vite »

« Une entreprise en difficulté, c’est plus complexe que quand tout va bien ». Pour la période hors du commun qui pointe, Francis Wilsius explique qu’ « il va falloir simplifier les procédures, pour aller plus vite ». En clair, hors de question de prévoir « une usine à gaz ». L’aide sonnante et trébuchante de la Région se matérialisera ainsi suivant un modèle « différent » de celui des fonds européens, qui demandent deux ans à être débloqués… s’il ne faut pas alors fournir de nouveaux documents… Mais « répondre » ne reviendra pas non plus à « distribuer de l’argent comme ça ».

LIRE AUSSI : Coronavirus : Nadine Angely redoute les effets du confinement sur les « enfants placés »… et les assistants familiaux

Les modalités d’intervention de la Région bientôt votées

« La Région a débloqué une enveloppe de 50 M€ pour pallier les répercussions économiques inévitables de cette crise sanitaire ». Exactement, la Nouvelle-Aquitaine a mis au pot commun, en abondant de 20 M€ le fonds d’urgence mis en place par l’État, et, conjointement, elle a décidé de consacrer 30 M€ à des dispositifs qui lui sont propres. La ventilation s’opère selon les grands besoins des acteurs économiques et des critères qui sont connus. « Maintenant, il nous faut le décret d’application ». Les élus ont en outre jusqu’au 30 mars pour adresser leurs avis sur les interventions prévues par la collectivité, « les grandes lignes définies par le président Rousset et les comités de crise ».

LIRE AUSSI : Covid-19 : le président de la CAPEB 24 Frédéric Liogier refuse que ses entreprises soient « tenues responsables de mettre le pays à terre »

La Région au secours des petites et moyennes structures

« C’est l’État qui a les chiffres qui évaluent précisément la situation des entreprises en Nouvelle-Aquitaine ». Pour l’heure, leur connaissance n’est pas « ce qui préoccupe » Francis Wilsius : en effet, peu importe les statistiques quand le plus urgent est d’agir -elles auront leur utilité, mais plus tard. « Dès qu’on aura voté les règlements d’intervention, ce que je veux, ce sont les outils qui vont bien ». Bien sûr que, d’ores et déjà, le conseiller régional sait que « les entreprises qui ont fait le plus de bénéfices n’auront pas droit aux aides de la Région ». De même, « quand la Région a dégagé une aide exceptionnelle -les Papeteries de Condat sont un cas emblématique en Dordogne- elle ne ré-interviendra pas dans les prochains mois ». Certes, lesdits tout prochains règlements « ne seront pas parfaits ». Reste que des commerces, des petites entreprises, des artisans… vont bénéficier de solutions pour échapper au dépôt de bilan. D’où la nécessité de « réagir le plus vite possible ». D’autant que le paysage économique manque de visibilité. « Certains iront apparemment mieux grâce à la mise en place du télétravail… mais est-ce que leurs clients seront toujours en capacité de les régler ? ». C’est en soutien « de la plus petite unité à celles de taille moyenne » que la Nouvelle-Aquitaine va se positionner.

LIRE AUSSI : Covid-19 et bâtiment : pour Alexis Mapas, « les chefs d’entreprise relèvent la tête », une « surprise » pour le gouvernement ?

« De la main d’œuvre pour les récoltes, oui, mais au taux horaire français »

« Fixer les règles du confinement, ce n’est pas la compétence de la Région ». Sur la fermeture des marchés, aujourd’hui mal comprise par les producteurs, clivante dans l’opinion, le conseiller régional Wilsius accepte de répondre, en insistant : c’est son point de vue. « Je trouve cette mesure complètement aberrante quand, à l’inverse, les supermarchés vendent des légumes ». Las, oui, il redoute des « conséquences » sur les producteurs. Alors, précisément, que pense-t-il de l’appel du ministre Didier Guillaume pour encourager à aller travailler à leurs côtés en cette période de récoltes (fraises, asperges…) ? « Pour que les producteurs aient une main d’œuvre, il faudra les rémunérer au taux horaire français, pas au taux roumain. Après, pourquoi ne pas répercuter la dépense supplémentaire sur le consommateur ? ». En tout état de cause, les employeurs devront alors, « condition première », garantir un équipement aux employés -gants, masques…- et veiller à ce qu’ils respectent les gestes barrière.

LIRE AUSSI : Covid-19 et EHPAD : n°2 de FO Santé en Dordogne, Pascal Letang constate « l’accès difficile aux informations »

« Le critère financier régit nos vies »

« Les hauts-fonctionnaires sont déconnectés ». Le temps du bilan de cette crise sanitaire viendra, mais, d’ores et déjà, Francis Wilsius constate pour sa part que « le critère financier » régit nos vies. « Un directeur d’hôpital, notamment, doit être un directeur financier, soucieux de la productivité… ». Il est aussi stupéfait que l’on puisse, en pleine épidémie de Covid-19, se poser la question de la distribution des dividendes : on recherche bien davantage des aménagements pour les verser qu’on y renonce. « Et l’être humain ? ». La réponse de l’élu est dans sa question.

(1) Exactement, Francis Wilsius est délégué restructuration économique et sécurisation des parcours professionnels associés.


Categories: politique

Tags: , , , , ,

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.