Covid-19 et chantiers : à la CAPEB 24, Frédéric Liogier martèle : « quelle que soit la décision du chef d’entreprise, ce sera la bonne »

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Le président de la CAPEB 24 Frédéric Liogier (© territoire-magazines.com)

Nouvelle réunion des représentants des métiers du bâtiment avec le préfet de la Dordogne Frédéric Perissat, hier en fin de journée. Le président de la CAPEB 24 Frédéric Liogier acte les éclaircissements sur les mesures gouvernementales destinées à soutenir les chefs d’entreprise du secteur que la crise sanitaire du Covid-19 impacte de plein fouet. Même si des interrogations autour du versement d’une prime exceptionnelle de 1 500 € restent en suspens. Ce jeudi 26 mars, la CAPEB 24 lance « une grande campagne » auprès de ses adhérents pour fournir au préfet une vision du paysage économique en prise avec le terrain. En tout état de cause, alors que la publication du guide des bonnes pratiques pour les chantiers qui reprendraient pourrait advenir dans la journée, le président Liogier martèle le message auquel il tient : « quelle que soit la décision du chef d’entreprise -reprendre ou pas les chantiers- ce sera la bonne ».

« Le dispositif du chômage partiel concerne bien nos entreprises et les versements des salaires leur seront bien remboursés à 100% ». De quoi rassurer le président de la CAPEB de Dordogne Frédéric Liogier « Une intervention sur le site dédié du gouvernement était prévue la nuit dernière ». De la sorte, les chefs d’entreprise pourront s’inscrire rapidement -ils ont toutefois 30 jours pour le faire. Un code d’accès leur sera délivré. Sans réponse du gouvernement sous 48h, leur demande sera validée -le ministre du Travail Muriel Penicaud a indiqué que les contrôles s’effectueraient a posteriori. Par ailleurs, oui, la mesure s’appliquera de manière rétroactive. À ceux qui en douteraient encore, Frédéric Liogier rappelle que « le chômage partiel n’arrange personne ». Le salarié pas davantage que le chef d’entreprise qui a recours à cette mesure : « le salarié ne touchera que 70% de son salaire » -rémunération brute horaire; l’entreprise percevra une allocation de 7,74 € par heure chômée (à partir de 251 salariés, l’allocation sera de 7,23€). Il semble également utile au président de la CAPEB 24 d’attirer l’attention des chefs d’entreprise sur la constitution de leurs dossiers. « Il ne faut pas se contenter d’inscrire « coronavirus » pour motiver sa demande, il faut expliquer ». Autrement dit détailler les raisons liées au Covid-19 qui empêchent la poursuite des chantiers. Et de citer l’exemple des professionnels en peinture, pour illustrer les différences entre les chantiers, selon qu’ils se tiennent en extérieur ou à l’intérieur d’une habitation ou d’un établissement.

« La CAPEB 24 lance une grande campagne auprès de ses adhérents. Pour avoir des informations. Et éviter les « brèves de comptoir » »

« Ce jeudi 26 mars, nous lançons une grande campagne auprès de nos adhérents ». Dix questions sont adressées à l’ensemble des 700 adhérents (plus en réalité) de la CAPEB Dordogne. « Nous aurons ainsi des outils à communiquer au préfet ». Les retours lui seront communiqués lors des prochaines réunions hebdomadaires programmées. Et avec précision. « Nous avons eu tant de réponses et voici leurs contenus ». C’est qu’il faut, aux yeux de Frédéric Liogier, se préserver de la tentation de céder aux « brèves de comptoir » pour au contraire s’appliquer à restituer au mieux la réalité. « Une entreprise, c’est une entreprise ». Autrement dit, il n’y a pas d’extrapolation qui vaille. Il est crucial de ménager petites et grandes structures, qui ont en commun d’être inquiètes. « Derrière, il y a de l’humain ».

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« Les chantiers du bâtiment, ce ne sont pas que des grues, ce sont aussi les travaux d’électricité réalisés dans la chambre du petit »

« J’ai posé hier en réunion une question qui a pu paraître bête : combien de temps le confinement va-t-il durer ? Bref, quand est-ce que ça s’arrête ? ». La qualification de l’interrogation appartient à Frédéric Liogier, dont l’entreprise a fermé mardi 17 mars, à 12h. Il l’a soulevée parce qu’il « téléphone tous les jours à (ses) salariés… et que (ses) gars la lui posent ». Sans surprise, aucune réponse n’a pu lui être fournie. Mais la glisser dans la discussion était aussi manière de signifier que, décidément, non, le président Liogier ne veut plus entendre qu’ « en suspendant les chantiers, le bâtiment va mettre le pays à terre ». Il fonde l’espoir qu’en se reconnectant au sol, ceux qui sont aux affaires puissent tirer un meilleur profit de leurs grandes capacités d’analyse. « Les chantiers du bâtiment, ce ne sont pas que des grues, ce sont aussi les travaux d’électricité réalisés dans la chambre du petit ».

« Un seuil de 70% pour la prime de 1 500 € ? Un seuil de 50% aurait été plus réaliste »

« La prime de 1 500 € est prévue pour être accordée aux entreprises qui ont perdu 70% de leur chiffre d’affaires entre 2019 et 2020 ». Côté CAPEB 24, ça grince. Son président aurait trouvé « plus logique » de tenir compte de la date à laquelle nombre de chantiers ont été arrêtés : le 17 mars. Une perte de 50% lui aurait paru plus réaliste -et ce n’est pas le premier bilan d’ensemble que publie l’INSEE ce jeudi qui devrait dissiper son sentiment. En outre, « si la crise sanitaire perdure », impossible encore de savoir si « cette prime sera reconduite ».

« Arrêter ou poursuive son activité : le chef d’entreprise prend sa décision en âme et conscience »

« Je tiens à bien faire comprendre que, quelle que soit la décision que prendra le chef d’entreprise -reprendre les chantiers, ou pas- ce sera la bonne décision ». Frédéric Liogier ne veut pas qu’ « on montre du doigt tel ou tel ». Son choix, le chef d’entreprise le fera en fonction des conditions qui lui sont propres, tant professionnelles -a-t-il l’accord du maître d’ouvrage ? de l’architecte ? ses salariés sont-ils partants ?- que privées – lui, son entourage. Il peut retourner travailler à 100%, y retourner partiellement ou bien stopper. C’est à « un acte de gestion » auquel il doit procéder. « Qu’il arrête ou qu’il poursuive son activité, c’est sa décision à lui, il la prend en âme et conscience ». Sachant que de toutes les manières, « il engage sa responsabilité ». De son côté, Frédéric Liogier ne fait pas redémarrer son entreprise.

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« Quand le Président de la République s’exprime, il s’adresse à tous les Français » (n’est-ce pas ?)

« Le chef d’entreprise restera toujours responsable ». Même quand le guide des bonnes pratiques sera établi. Le président Liogier ne voit pas comment il pourrait constituer « une solution à toutes les grandes questions ». Il serait prévu d’y inscrire le nettoyage des outils, la recommandation de faire tourner les véhicules –« à condition d’en avoir plusieurs… »- la prévision du temps en embauchant pour s’équiper de dispositifs de protection… « Quand le Président de la République s’exprime, il s’adresse à tous les Français ». Comment appliquer le #enmêmetemps ? Enjoindre les particuliers de rester chez eux… et conjurer les entreprises de mettre leurs salariés au travail ? « Il faut que le gouvernement ait une communication claire ». Et, si l’heure est à « la guerre », un Chef d’État doit « prendre des décisions » qu’ « une communication au jour le jour » ne saurait remplacer.



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