Covid-19 et bâtiment : pour Alexis Mapas, « les chefs d’entreprise relèvent la tête », une « surprise » pour le gouvernement ?

Alexis Mapas

Le chef d’entreprise Alexis Mapas.

Alexis Mapas est le chef d’une entreprise du bâtiment à Périgueux, trentenaire et doté d’une expérience de plus de 15 ans. Face au risque de l’épidémie du Covid-19, il a fermé son entreprise de peinture. Après qu’un protocole avec le gouvernement a, semble-t-il, apaisé, samedi 21 mars 2020, la colère des fédérations professionnelles (FFB, FNTP, CAPEB) -mais manifestement pas celle des architectes…- Alexis Mapas espère que l’État aura réalisé que, dans le bâtiment, les chefs d’entreprise sont « soucieux du bien-être de leur salariés ». À ses yeux en effet, le temps des patrons des années 60 est révolu.

« Mes confrères sont tous fermés ». Le chef d’entreprise du bâtiment Alexis Mapas a lui aussi décidé de suspendre ses chantiers. Le trentenaire, membre (après avoir été président) du club de ses Jeunes dirigeants de la fédération du bâtiment de la Dordogne (FFB 24), a un carnet de contacts étoffé, qui lui donne le sentiment qu’aujourd’hui, « en Dordogne, 80% des entreprises du secteur du BTP sont fermées », sachant qu’il attend lui aussi les chiffres officiels pour vérifier cette proportion. Très ponctuellement, il a entendu des confrères se demander s’ils allaient assurer de rares chantiers sur sites inoccupés. Le risque d’écoper d’une « image déplorable » dans la corporation a balayé leurs dernières hésitations. L’épidémie de Covid-19 est une épreuve, pas question, entre frères de peine, de se lâcher. Au contraire, insiste-t-il, le cercle se soude comme rarement. C’est d’une seule voix que les fédérations du bâtiment (FFB), des travaux publics (FNTP), la confédération des artisans et petites entreprises du bâtiment (CAPEB) ont réclamé cohérence des messages de l’État, prise en compte de la réalité du terrain, respect des salariés et ses représentants en Dordogne n’étaient pas en reste. « Cette union est assez historique ». Un accord entre le gouvernement et les fédérations samedi 21 mars a été trouvé. Il reste toutefois à connaître le contenu du guide des bonnes pratiques de tenue d’un chantier annoncé… et à s’accorder… sachant que le conseil national de l’ordre des architectes (CNOA) a publié un communiqué pour émettre, dès lundi 23 mars, ses réserves -et elles sont notables– sur le principe de la reprise de chantiers, redémarrage que le CNOA redoute de surcroît « éphémère ». Et, côté Union nationale des syndicats français d’architectes, plus de réserve du tout : l’organisation s’y oppose.

« Les maîtres d’ouvrage parfois à cran, les clients particuliers compréhensifs »

« Vous désertez les chantiers ! Vous avez pris les propos du Président comme vous voulez ! ». Voilà comment des maîtres d’ouvrages se sont adressés à Alexis Mapas -au demeurant à rebours de la manière de ses clients particuliers. Il veut croire que, si « le business » était vissé en tête des priorités des premiers, « certains ont prononcé des mots qui dépassaient leur pensée ». L’un d’eux lui a d’ailleurs présenté ses excuses, après son coup de sang.

LIRE AUSSI : Covid-19 : la préfecture de la Dordogne rappelle l’existence du site « mobilisation citoyenne »

« Allez bosser ! C’est ce que chefs d’entreprise auraient dit à leur salariés… dans les années 60 »

« Dans les années 60, les chefs d’entreprise auraient dit à leurs salariés : Allez bosser ! ». Alexis pense que leurs homologues 2020 ont donc sans doute « un peu surpris le gouvernement ». En effet, quand la crise sanitaire s’est déclarée, les patrons du bâtiment ont « pris les devants », tout simplement parce que « la santé des salariés passe avant tout ». Bien sûr que des chantiers sont « urgents », notamment en plomberie, en électricité. Alors, oui, bien sûr qu’il faut les assurer, impossible par exemple de laisser tomber un EHPAD.

Chômage partiel : pas d’inquiétude, mais il faudra être réactif sur le fil

« La mise en place du chômage partiel, c’est très compliqué ». Alexis Mapas pointe en effet que toutes les plates-formes ne sont pas encore « mises à jour ». L’urgent est de s’armer de patience. Si le jeune chef d’entreprise ne se dit pas inquiet à ce sujet, en revanche, il pronostique qu’« il faudra faire vite » quand les dispositifs seront actifs, et peut-être… au dernier moment, « autour du 30 mars ».

LIRE AUSSI : Covid-19 et EHPAD : n°2 de FO Santé en Dordogne, Pascal Letang constate « l’accès difficile aux informations »

Demain, vigilance sanitaire maintenue

« D’ores et déjà, avec mon chef d’équipe, on pense à l’après-crise sanitaire ». Sur les chantiers, Alexis Mapas prévoit de « laisser le panneau Covid-19 implanté, de mettre masques, gel hydroalcoolique pour sécuriser le travail de ses salariés ». Il prévoit également de continuer à veiller à ce que les gestes barrière continuent d’être observés sur ses chantiers.



Catégories :politique

Tags:, , , ,

Vous souhaitez laisser déposer un commentaire ?

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

%d blogueurs aiment cette page :