Municipales à Ribérac : Philippe Chotard a une équipe « libre » face aux « hommes d’appareils » Nicolas Platon et Patrice Favard

Philippe Chotard 3

Philippe Chotard (© territoire-magazines.com)

À Ribérac, trois candidats sont en lice pour les municipales 2020 : le maire sortant Patrice Favard, Nicolas Platon et Philippe Chotard. Après avoir été conviés à débattre au micro de France Bleu Périgord jeudi 06 mars 2020, les deux premiers cités ont donné leur sentiment d’après-match. Au tour de Philippe Chotard d’indiquer les réflexions que les échanges lui ont inspiré.

Les trois candidats aux municipales à Ribérac ont débattu sur le plateau de France Bleu Périgord, jeudi 06 mars 2020. Après que le maire sortant Patrice Favard, candidat à sa réélection, qui emmène la liste Continuons ensemble pour Ribérac puis que le candidat Nicolas Platon, numéro Un de la liste Ribérac, l’avenir avec vous aient émis leurs avis et/ou impressions sur les échanges, c’est au candidat Philippe Chotard, qui conduit la liste Agir pour Ribérac de s’exprimer.

« On est soi-même le plus mal placé pour apprécier sa prestation ». Non pas que Philippe Chotard, qui emmène la liste Agir pour Ribérac, se défende d’avoir un point de vue sur la manière dont il a pesé dans la confrontation radio avec ses deux concurrents aux municipales Patrice Favard, numéro Un de la liste Continuons ensemble pour Ribérac et Nicolas Platon, qui conduit la liste Ribérac, l’avenir avec vous. Non, pas de pudeur posturale derrière ce préalable, bien sûr que Philippe Chotard a un avis. Simplement, il prévient qu’être à la fois juge et partie introduit naturellement un biais, qui vide l’exercice de son intérêt (et peu importe l’estime dans laquelle on se tient). Il préfère un feed back sur les conditions dans lesquelles la confrontation s’est déroulée. Or, il a vu peu de place pour « porter son programme, ses projets ». Une peine suffit. Aussi revient-il sur les propos tenus par Patrice Favard et par Nicolas Platon.

« Le seul projet de Patrice Favard… c’est d’être élu »

« Patrice Favard n’a aucun projet. Il veut être maire… mais pour quoi faire ? ». Ce n’est pas faute, souligne Philippe Chotard, que le premier magistrat sortant ait « parlé de l’avenir », mais, bigre, qu’est-ce donc qu’un « avenir… sans projet » ? Le candidat Favard ne s’est en outre pas contenté de défendre ce qui ne pouvait pas l’être, il a également mis la machine à « contre-vérités » en route. Avec « assurance » qui plus est -asséner « vous n’y connaissez rien », c’est décidément, en restant courtois, un peu court. « À Bergerac, le fonctionnement de la maison de santé est, toutes dépenses comprises, équilibré », le team de la liste Agir pour Ribérac s’est d’ailleurs déplacé pour le vérifier. Et le ton de Monsieur Favard pour prétendre le contraire ne pouvait rien changer au constat. En revanche, il témoignait d’ « irrespect » pour son interlocuteur.

« Reparlons des affirmations à l’emporte-pièce de Patrice Favard… »

« Le Mac Do’ qui concurrence les commerces de centre-ville, c’est Patrice Favard ». Et nul besoin de retourner les archives municipales pour que Philippe Chotard s’en souvienne. Idem pour « l’extension du Leclerc maison, c’est sous son mandat ». Conclusion : le maire sortant aurait été bien avisé d’éviter « les affirmations à l’emporte-pièce ». Si la technique du « revers de main » a démontré son aplomb, pour le candidat Chotard, l’air a été brassé à bien mauvais escient.

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« Dans un contrat avec un apporteur privé qui bénéficie d’investissements publics, si, le contrat peut empêcher son retrait sec ! »

« Dire que les garanties d’apport n’existent pas, c’est une autre contre-vérité flagrante ». À propos de la récente annonce du départ de l’actionnaire Arcadie de l’abattoir, « décalque de ce qui s’est passé à Hagetmau dans les Landes », Philippe Chotard maintient que « quand les apporteurs privés bénéficient d’investissements publics -le cas d’Arcadie- des contrats sont passés ». Si « des fluctuations du marché » du secteur concerné sont prises en compte dans ceux-ci, évidemment que l’ « on peut y faire figurer qu’un apporteur ne peut pas se retirer tout à trac ! ». À cette réalité-là, la technique du revers de main ne peut rien non plus.

« Patrice Favard est un homme seul »

« Patrice Favard est-il intervenu une seule fois pour sauver un commerce ? Pour réhabiliter un seul logement ? J’attends toujours la réponse ! ». Celui que le candidat Chotard juge bien occupé à « démonter le programme des autres » compte pourtant toujours, à défaut d’en avoir un aussi, défendre son bilan. Alors, quand « il y a 450 logements vacants à Ribérac » -la rue du 26 mars étant à ce sujet, hélas exemplaire- Philippe Chotard s’attèle à l’inventaire lui-même. « J’estime que la responsabilité de Patrice Favard est lourde ». Et si les dotations de l’État aux collectivités ont baissé, « toutes les collectivités ont été concernées », sans que tous les maires aient décidé de ne plus rien entreprendre. D’autant que, tout de même, le maire sortant disposait d’un budget « de plus de 8 M€ ». C’est dire les limites de l’opération « glorification » à laquelle cèderait le candidat Favard, à propos des travaux d’aménagement du centre-ville à 1,2 M€ qui, de surcroît, posent assez de problèmes pour que « quelle que soit l’équipe municipale élue », le recalibrage de la circulation s’impose. Alors certes, « il n’y a pas d’autre réalisation » qui puisse inspirer au premier magistrat sortant des roulements de tambour… « Patrice Favard a complètement occulté le déclin de Ribérac. J’ai été frappé par sa conclusion : c’est un homme seul. Alors, c’est vrai qu’il ne lui reste que la moitié de son équipe… ».

« Patrice Favard et Nicolas Platon sont des hommes d’appareils politiques »

« J’ai été content de rappeler mon positionnement politique, la pluralité de mon équipe, son souci de travailler pour Ribérac, ça a clarifié les choses ». Patrice Favard est « toujours ancré à droite », Nicolas Platon « a rappelé avec précision qu’il était au PS depuis 30 ans ». Pour Philippe Chotard, il s’agit bien d’ « hommes d’appareils ». Sa liste Agir pour Ribérac s’inscrit donc bien en contrepoint. « Nous, on est des candidats libres et apolitiques ». Qui n’ont pas d’investiture au demeurant. Pourtant, ses deux concurrents ont leur petite idée sur le vrai positionnement du candidat Chotard. Nicolas Platon a d’ailleurs récemment souligné sur la page Facebook de sa liste que la liste Agir pour Ribérac avait été étiquetée DVC, en apportant sa justification à ce classement : la circulaire Castaner. Cette attribution, Philippe Chotard « ne sait pas où elle a été cherchée ». En tout état de cause, il le répète encore, il « ne veut pas polémiquer », il « n’est pas LREM »… et il serait bienvenu qu’on l’enregistre enfin. Si l’on s’y refuse, c’est, dit-il, que « dès que l’estampille soutien de Bernard Cazeau est évoquée, l’étiquette LREM clignote ».

« Il est rare d’entendre des critiques de Bernard Cazeau… sauf par ceux qui lui ont rendu service »

Or, le candidat Chotard observe que « Bernard Cazeau a 50 ans de vie politique au PS derrière lui, qu’il a été maire PS et président du Département… PS ». Il est « rare » d’ailleurs qu’il entende, chez les habitants, des critiques de Bernard Cazeau… « sauf par ceux à qui il a rendu service ». Et sur ses choix politiques de la période récente, il revient à l’intéressé de s’expliquer. En tout état de cause, Philippe Chotard juge que « ce n’est respectueux de dire qu’on part avec un parti politique, c’est exclure une partie des Ribéracois ». Et de rappeler la composition plurielle de la liste qu’il conduit. « Il y a des gens encartés au PS -qui ont d’ailleurs eu des responsabilités au sein de la section de Ribérac- d’autres proches d’EELV, d’autres engagés dans des mouvements féministes, dans la défense des droits de l’homme… Il y a même des gens de la droite modérée ». Philippe Chotard l’a aussi déjà dit : il a lui-même « travaillé dans des collectivités de gauche pendant 30 ans ». Bref, et si l’on gardait en tête qu’il s’agit d’élections mu-ni-ci-pales ?

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« Je trouve surréaliste que Patrice Favard et Nicolas Platon soient obsédés par le positionnement politique : c’est un programme que les habitants attendent et des élus proches et disponibles »

« Je trouve surréaliste que Patrice Favard et Nicolas Platon soient obsédés par le positionnement politique quand c’est un programme qu’on attend de vous ». Des « élus proches et disponibles », aussi, les habitants le disent au candidat Chotard. « Aux prochaines élections, certains de mes co-listiers voteront peut-être PC ; en tout cas assurément PS, LR, EELV, et peut-être même LREM ». Si le vote aux sénatoriales -car c’est bien de ce scrutin-là dont il s’agit n’est-ce pas- est « une question importante », elle ne peut pas prédominer comme Nicolas Platon veut le faire croire. Dans le même temps, ladite question montre quelles préoccupations son concurrent Platon notamment place en premier. « Chez Nicolas Platon, ça signifie Je suis en service électoral commandé ». D’autant qu’ « en plus, demander pour qui vous voulez voter alors que les candidats aux sénatoriales, leurs projets pour le monde rural, ceux pour les villes moyennes ne sont pas connus… ». Que ceux à qui « la politique politicienne » fait tourner la tête se rassurent. « Notre liste a de potentiels grands électeurs différents. Ils diront publiquement pour qui ils votent ».

« Nicolas Platon est en service commandé pour le PS… voire pour le Département »

« Après la grande déception de 2008, de 2014, Nicolas Platon est en service commandé » Si d’évidence aux yeux de Philippe Chotard, c’est « pour le PS… », il se demande -prévention qui paraît émise pour la forme- s’il ne n’est pas aussi « pour le Département ». Qu’il n’ait « pas été solidaire des délibérations qui ont été prises quand il était lui-même élu au conseil municipal » est ce qui l’a « le plus choqué ». Par ailleurs, force est de constater qu’ « il n’a manifestement plus de projet de cité scolaire ». Pour rappel, le candidat Platon avait fait part de son étonnement en entendant Philippe Chotard, comme Patrice Favard, estimer son projet à 6 M€. « C’est le prix moyen, tout simplement ». Mais allez, « imaginons que ce soit moins cher… ». Eh bien… « ce sera toujours trop cher ». Sachant que si le candidat Chotard a bien compris, aux dernières nouvelles, avec les écoles maternelle et primaires, « une partie du collège est également concernée »… soit l’assurance, en contrepartie, que la facture s’élève à « plusieurs millions d’euros ». Aucun des parents d’élèves que Philippe Chotard a rencontrés n’a jamais réclamé pareil projet. Il y a une explication à cela. « C’est peut-être plus logique de déplacer la circulation des camions que de déplacer les écoles ! ». Sachant qu’il faudrait se résoudre à voir des bâtiments patrimoniaux – notamment Les Beauvières- devenir des friches. Voir ces équipements sortir du centre-ville ? « Pour nous, il n’y a pas de sujet ». En revanche, oui, Nicolas Platon est en droit d’ « abandonner un projet auquel il tenait » –Rémy Terrienne, vice-président en charge des affaires solaires à la communauté de communes du Pays Ribéracois est d’ailleurs « le premier à ne pas en voir l’intérêt, surtout au regard de la tendance baissière des effectifs scolaires ». Reste qu’une fois mis de côté, « qu’a-t-il de plus à proposer ? ». Chez lui, répliquer qu’ « il est contre dès lors que je fais état d’un projet », tourne à la manie.

« L’important, c’est d’avoir un programme et des gens compétents dans son équipe… et, précisément, on en a »

« L’important, c’est d’avoir un programme et des gens compétents dans son équipe. On en a, en matière d’urbanisme, d’environnement, de santé, de culture, de sport… ». Alors, oui, il y a de ces co-listiers qui n’ont pas usé leurs premiers fonds de culotte sur les bancs de l’école à Ribérac… mais « ce qui compte, c’est l’attachement à la ville, la qualité des propositions, celle de l’équipe et les six années de travail qui viennent ». Philippe Chotard souligne que son team constitué de manière équilibrée -ce qui n’est pas, au passage, le cas de la liste du candidat Platon, avec, notamment, ses « 2/3 de fonctionnaires »- est précisément apparu, au cours du débat organisé par France Bleu comme « le seul à avoir un programme détaillé ».

Prochain rendez-vous de Philippe Chotard, qui conduit la liste Agir pour Ribérac : 3e réunion publique mercredi 11 mars 2020, à l’espace André Malraux, à 20h.



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