Municipales à Ribérac : Philippe Chotard enclenche le mode « offensif »

Philippe Chotard 3

Philippe Chotard (© territoire-magazines.com)

À Ribérac, l’ambiance de la campagne des municipales est-elle en train de tourner vinaigre ? Le candidat Philippe Chotard, qui emmène la liste Agir pour Ribérac, juge en tout cas que le tour qu’elle prend mérite qu’il change de ton -« en toute sérénité ». Les candidats Patrice Favard, maire sortant à la tête de la liste Continuons ensemble pour Ribérac et Nicolas Platon, à la tête de la liste Ribérac, l’avenir avec vous apprécieront.

Si, à Ribérac, la bataille des municipales s’emballe, le candidat Philippe Chotard, tête de la liste Agir pour Ribérac, assure qu’il reste tout à fait serein. Simplement, il s’autorise à répondre aux « attaques » du maire sortant Patrice Favard, qui emmène la liste Continuons ensemble pour Ribérac, et à celles de Nicolas Platon, qui conduit la liste Ribérac, l’avenir avec vous . En souhaitant calmer le jeu de ses deux concurrents, entre lesquels il constate « une alliance objective ».

« On demande à être jugés sur la tenue des engagements que l’on prend »

« La seule préoccupation de la liste Agir pour Ribérac, c’est comment sortir de l’immobilisme ». Aussi –petit a) en somme- le candidat Philippe Chotard invite ses homologues à cesser de chercher des personnes « encartées » sur la liste Agir pour Ribérac qu’il conduit -et si tout le monde se recentrait n’est-ce pas. Car, à ses yeux, en matière de gestion municipale, non seulement « le replâtrage » a montré ses limites, mais il est grand temps de témoigner d’un soupçon de « hauteur de vue ». Le candidat Chotard se sent contraint de répéter que sa campagne n’est dirigée contre personne -ni contre le maire sortant Patrice Favard, qui emmène une liste « de rassemblement », ni contre le socialiste Nicolas Platon, à la tête d’une liste d’union, sur la gauche. Le numéro Un de la liste Agir pour Ribérac, lui, est entré en campagne « pour un projet ». Et, à raison d’un « engagement » publié chaque jour sur les réseaux sociaux, l’ensemble devrait être rendu public avant fin février. Conjointement, le dépliement de ce programme s’effectue in real life, en porte à porte. Là où, en direct, les Ribéracois font part des questions qui les occupent, comme ils ont pu répondre aux questionnaires thématiques sur le site web de campagne. « On a adopté une démarche participative et on se tient à cette méthode ». Par ailleurs, le candidat Chotard pointe que son équipe a été « la seule » à tenir deux réunions publiques. Autre observation, plus trapue, c’est du fond dont il s’agit. « Des engagements ne sont pas des promesses ». Non, c’est « un contrat » que son équipe veut passer avec les Ribéracois. « On demande à être jugés sur la tenue des engagements que l’on prend ». Elle a d’ailleurs prévu, en cas de victoire, d’organiser un point annuel avec les habitants.

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« Et les façades ? Et la crèche ? Patrice Favard se présente comme s’il était à l’aube d’un 1er mandat »

« On nous reproche de multiplier les engagements ». Derrière la critique d’un nombre pléthorique, c’est la question du financement qui est posée, selon Philippe Chotard. « Non seulement des engagements ne sont pas des promesses, mais ils sont techniquement réalisables sans augmenter les taux fiscaux, notamment fonciers. Oui, ils sont compatibles avec les finances de la Ville ». Reste qu’à l’entendre, dans les camps de ses concurrents, la question revient, sans relâche… avec la réponse contraire assortie. « Je ne sais pas sur quel ton il faut le dire… ». Sur cette maîtrise de la fiscalité, Philippe Chotard salue toujours « la bonne idée » que le maire Patrice Favard avait eue « en début de mandat » : abaisser de 7,5% les taux fonciers. En revanche, « l’objectif de la réduction de la fiscalité n’est pas un objectif en soi, ça ne fait pas un projet ». À ses yeux, le maire sortant a été, depuis 2014, « l’homme d’un projet » – un seul projet s’entend : les travaux de requalification du centre-ville. « Je ne le critique pas sur l’idée ». Cependant, la facture de 1,2 M€ lui paraît plus discutable, d’autant que l’opération a impliqué que « des arbres aient été coupés place Jules Brunet » et qu’il pointe que « les conditions de réalisation des travaux n’ont pas été idéales ». Sur ce dernier chapitre, les Ribéracois seraient d’ailleurs nombreux à estimer qu’ « il y aurait des choses à dire »… et eux aussi se montreraient incapables de citer la réalisation d’un deuxième projet sous le mandat Favard qui s’achève. Conclusion de Philippe Chotard : « Aujourd’hui, Patrice Favard se présente comme s’il était à l’aube d’un premier mandat ». Il a en tête les termes de son programme pour l’élection de 2014. « Et les façades ? Et la crèche ? ». Perdues de vue, en clair.

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« Est-ce que Nicolas Platon travaille à Ribérac ? »

« Pour constituer une liste, il faut une diversité réelle ». Ce n’est pas demain que Philippe Chotard « se laissera distraire » par le reproche que Nicolas Platon lui fait de ne pas habiter pour de bon Ribérac -dans le même temps que le candidat socialiste reproche à Patrice Favard de ne pas y habiter du tout. « J’ai du respect pour les personnes qui ont toujours vécu à Ribérac ». Mais, à parts égales, le candidat Chotard est aussi fier que son équipe compte des co-listiers que leur profession emmène ou a emmené hors des murs de la ville. Comme ce médecin spécialiste, par ailleurs créateur du festival Itinéraire baroque en Périgord, qui, « depuis près de 20 ans », coupe sa semaine en deux, entre Paris et Ribérac. Ou ce spécialiste en économie d’énergie marié à une Ribéracoise. Avant d’en venir à son propre cas. Oui, il passé des concours administratifs avec succès et il en conçoit même de la fierté : son parcours professionnel, il ne le doit qu’à lui-même. Et il observe qu’ « il y en a d’autres à travailler dans des structures administratives ». En tout état de cause, il sait « beaucoup d’habitants sensibles au fait de revenir pour mettre son expérience au service de Ribérac ». Sachant que, « sans faire de promesse, le retour s’effectue également avec son réseau de chefs d’entreprise… parce que, les emplois -le taux de chômage à Ribérac s’établit autour de 18 ou 19%- il ne faut pas les attendre… ». Alors, oui, la ville « a des atouts », mais « il y a une image » qui lui laisse accroire qu’« il faut un environnement favorable » pour que des entrepreneurs aient envie de s’y installer. Autrement dit, les carnets d’adresse peuvent se révéler bigrement utiles, dès lors que l’on a dans le même temps conscience qu’ « il faut envoyer des signaux ». Enfin, « à (sa) connaissance, il n’y a encore pas de visa à solliciter pour entrer à Ribérac… ». Avant de s’interroger. « Est-ce que Nicolas Platon travaille à Ribérac ? Est-ce que, s’il est élu maire, il cessera de travailler ? ».

« Nous faisons figure de trublions dans un espace où les concurrents sont animés par des préoccupations politiques »

« La volonté des deux autres candidats, c’est ou bien de conserver Ribérac, ou bien de reconquérir Ribérac ». Bref, pour Philippe Chotard, en toile de fond, Patrice Favard et Nicolas Platon sont animés par « des préoccupations politiques ». De quoi expliquer que l’un et l’autre « veuillent absolument nous prêter un étiquette politique ». C’est que l’équipe de la liste Agir pour Ribérac « joue les trublions » dans un espace où l’on jouait entre soi. Parce que les personnes qui composent ladite liste « n’ont pas d’objectif personnel » dans ce scrutin. Ce sont « des citoyens engagés sans contrôle » quand Patrice Favard et Nicolas Platon –« et ce n’est pas une injure »- sont « des hommes d’appareil ». Aussi, le candidat Chotard « aimerait bien qu’ils assument leurs engagements passés et actuels ». Oui mais, de leur côté, les concurrents en question voient un signe qui ne trompe pas : le sénateur Bernard Cazeau soutient Philippe Chotard. « C’est vrai et c’est tant mieux, je ne m’en priverai pas, au regard de ce qu’il a fait pour Ribérac et pour le département. Ce soutien est un encouragement ». Doit-il lui-même « attaquer » Jérôme Peyrat –« qui a été appelé à être conseiller d’État »- au motif qu’il soutient le maire sortant ?

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« Ici, la permanence des soins n’est pas assurée… alors que c’est une obligation légale »

« Aujourd’hui, à Ribérac, trois médecins généralistes ont plus de 65 ans ». De quoi faire voir « d’un excellent œil » le projet de pôle de santé : les questions de santé sont « prioritaires ». Reste que, « dans un premier temps », la structure laissera l’effectif des médecins généralistes « inchangé ». Autrement dit, l’équipe de Philippe Chotard défend mordicus son projet de maison médicale municipale avec des docteurs salariés. « Il est prêt et finançable. Nous sommes à ma connaissance les seuls à avoir travaillé sur ce projet avec des professionnels et à avoir recherché des expériences dans d’autres collectivités. Nous nous sommes assurés que son financement était possible… Sachant que, pour autant, la communauté de communes, le Département, la Région, l’État ne doivent pas se sentir empêchés de nous aider… ». L’équipe est allée à Bergerac, à Barbezieux (Charente) où il existe des maisons de santé de ce type. Elle a aussi retenu que « beaucoup de jeunes médecins veulent être salariés, qu’ils boudent le statut libéral ». Un co-listier médecin est bien placé pour juger que « Ribérac a perdu trop de temps ». Le Dr Jacques Mazurier rappelle en effet qu’ « ici, il n’y a pas de système de garde -la permanence des soins- alors que c’est une obligation légale ». C’est qu’il est impossible, poursuit-il en substance, de « demander à trois médecins d’être de garde une nuit sur deux… d’autant que le bassin de population est d’environ 20 000 habitants ».

« Malaise » à l’EHPAD

« À l’EHPAD, il y a 46 patients sans médecin ». Un médecin coordonnateur vient d’arriver, « tant mieux ». C’est, précise le Dr Mazurier, que le personnel et les résidents ont dû faire sans… « pendant deux ans ». Or, si l’ « on a mis les médecins libéraux à l’écart du centre hospitalier intercommunal Ribérac Dronne Double (CHICRDD), les médecins salariés pourront au moins travailler à l’EHPAD ». Cet établissement est gangréné par un « malaise » et la liste Agir pour Ribérac projette de s’en préoccuper, ainsi que « plus globalement », du CHICRDD. « Une douche par semaine pour les résidents de l’EHPAD », c’est inacceptable. Si l’équipe du candidat Chotard a identifié un « problème de personnel », son dévouement n’est pas en cause. En revanche, elle a relevé un autre « problème », au plan de la « coordination ». Alors, bien enregistré, « Patrice Favard a choisi de démissionner du conseil d’administration ». L’équipe Chotard, elle, « ne pense pas que le niveau local soit celui auquel les questions se règlent ». Non, mieux vaut, analyse-t-elle, s’adresser à l’agence régionale de santé, voire au ministère de la Santé.

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« Comment le montage financier de l’abattoir peut-il être empêché ? »

« Le maire nous avait garanti qu’une solution avait été trouvée avec des investisseurs privés et la Région ». Si le team Chotard s’alarme pour l’abattoir de Ribérac, dont l’assise financière est en train de vaciller, il n’entend pas « en faire un sujet de polémique ». Certes, il « attend au minimum des explications », mais « surtout », il estime qu’ « une solution doit être trouvée ». Reste que, comme l’origine des difficultés de l’abattoir ne tient pas à « une baisse brutale des tonnages »- la tendance existe bien, mais elle est « progressive »- l’équipe du candidat Chotard est sidérée. « Comment le montage financier de septembre ne peut-il pas être finalisé en février ? ».

« Oui à une maison d’assistantes maternelles »

« Des assistantes maternelles sont allées à la mairie présenter une demande de maison d’assistantes maternelles (MAM) et… c’est tout ». Autrement dit, à Ribérac, pareille structure n’existe pas. Or, dans le team Chotard, on estime qu’avec 450 logements vacants et des bâtiments patrimoniaux inoccupés, « un local pour une MAM, ça se trouve ». En revanche, « pour l’instant », pas question de se risquer à promettre une crèche : trop de dépenses de fonctionnement à la clé –« même une mini crèche de 10 berceaux, c’est quatre emplois ».

« Qui veut d’une cité scolaire à 6 M€ qui laissera deux nouvelles friches ? »

« Aucun parent d’élève(s) ne nous a dit qu’un nouveau groupe scolaire était une priorité ». Le projet de « cité scolaire à 6 M€ » du candidat Nicolas Platon constitue, pour l’équipe du candidat Chotard, un sujet de perplexité, voilà l’idée à retenir. « Qui a soufflé à Nicolas Platon l’idée de faire un nouveau groupe scolaire ? ». À moins d’aspirer à ce que l’école des Beauvières et l’école Jules Ferry laissent derrière elles deux nouvelles friches, le mystère reste entier au sein de la liste Agir pour Ribérac. « On préfère une amélioration qualitative des bâtiments existants en termes d’aménagement ».

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« À Ribérac, le projet de déviation ne rencontre pas de protestation chez les riverains »

« Le Département a fait 65% des acquisitions foncières ». Le candidat Chotard s’étonne donc un peu d’apprendre que le candidat Platon « veut modifier le tracé du contournement ». À ses yeux, c’est tout simplement « y renoncer ». Aussi a-t’il dans l’idée de remettre les choses à plat, histoire de remettre le sujet de la déviation de Ribérac à l’endroit. En une « seule question », toute simple : « Est-ce que les deux candidats Nicolas Platon et Patrice Favard sont d’accord sur le tracé actuel ? ». Parce que, de son point de vue, « si quelqu’un veut aller plus vite… il suffit d’accélérer l’achat des parcelles ». Bref, stop au bavardage, exit une prétendue complexité, ce projet de contournement est « affaire de volonté et de budget ». Sachant qu’ « à Ribérac, il n’y pas de contestation des riverains ». En effet, ici « on n’est pas à Beynac ».



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