Municipales : Nicolas Platon se sent légitime pour ressusciter Ribérac… en dézinguant tout de même

Nicolas Platon

Nicolas Platon, à la tête de la liste de gauche Ribérac l’avenir avec vous (© territoire-magazines)

Ribérac devrait être un des points chauds des municipales en Dordogne. Au dernier scrutin, la ville avait rompu avec la tradition, en tournant le dos au PS : c’est l’alors UMP Patrice Favard qui s’installait aux commandes. En mars prochain, le maire sortant repart. Il va trouver sur sa route deux concurrents, Philippe Chotard (SE) et Nicolas Platon (PS). Aujourd’hui, la parole est à Nicolas Platon, qui conduit la liste Ribérac, l’avenir avec vous.

Le socialiste Nicolas Platon conduit la liste Ribérac, l’avenir avec vous, celle « des familles de gauche » dans le scrutin des municipales à Ribérac. De ses deux concurrents -le maire sortant DVD Patrice Favard et Philippe Chotard – un seul suscite son exaspération : Philippe Chotard, qui emmène la liste sans étiquette (SE) Agir pour Ribérac. La charge qu’il lui réserve sert   de renfort (brut de décoffrage) à son analyse de la situation de Ribérac et aux thèmes du programme de la liste Ribérac l’avenir avec vous (page Facebook) qu’il emmène.

Revendication d’un ancrage

« Gosse, j’ai connu Ribérac dynamique et je le vois moribond ». Si, sur ses motivations à entrer dans la course à la mairie de Ribérac, tout semble dit, le PS Nicolas Platon… le redit quand même : s’il s’engage dans ces municipales, c’est qu’il est Ribéracois ; s’il s’engage dans la bataille, c’est qu’il fait « un constat assez alarmant » de l’état dans lequel la ville se trouve aujourd’hui -« Par rapport aux villes de sa strate, Ribérac est isolé depuis plusieurs années ». Le candidat Platon en a laissé, « en août dernier », sa fonction de directeur de la communication au sein du Département de la Dordogne -aujourd’hui, il y est devenu « conseiller culture et éducation » – le code électoral prévoit en effet l’incompatibilité de la candidature d’un fonctionnaire territorial avec un titre de directeur ou de chef de service et/ou le pouvoir d’une délégation de signature au sein de la collectivité qui l’emploie. « En 2008, la loi est passée et j’avais dû laisser mon mandat ».

« La campagne sera vive » 

… et j’allume l’incendie

« La campagne sera vive ». Le candidat Nicolas Platon affiche d’ailleurs lui-même d’emblée une tendreté toute relative, en mettant de nouveau en avant la légitimité de sa candidature. Il pointe à la fois qu’il a 52 ans… et que l’âge n’est pas un argument : « bref », conclut-il, « (son) engagement peut servir ». Tendreté relative aussi en dévoilant un des axes principaux de son projet. « Je veux changer de méthode car on a besoin d’un maire sur sa commune ». Tout en précisant qu’aucun de ses adversaires n’habite « vraiment » Ribérac –avec des circonstances aggravantes à ses yeux : « Patrice Favard n’est pas inscrit sur les listes électorales de Ribérac et Philippe Chotard descend de Paris ». Tendreté relative encore de Nicolas Platon quand il relate sa campagne de terrain. « Depuis octobre, je fais du porte-à-porte. L’accueil qu’on me réserve est très positif. Les habitants n’ont pas forcément vu grand-monde depuis ces dernières années ».

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« Les habitants ne demandent pas d’investissements pharaoniques »

Des attentes simples et économes

« Les habitants ne demandent pas d’investissements pharaoniques ». Les « priorités » qu’ils ont exprimées, le candidat Platon les étudie avec son équipe de la liste Ribérac, l’avenir avec vous. Ce sont celles-ci : présence médicale –« nous avons plusieurs pistes, dont la maison de santé départementale– pourquoi réinvestir ? »-, voirie, sécurité de la circulation, gestion des ordures ménagères. Le dernier sujet s’explique d’autant mieux, de l’avis de la tête de la liste Ribérac, l’avenir avec vous, qu’il y aura « le passage à la redevance incitative dans deux ans ».

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Pas grand argent public investi dans les commerces !

« Il faut repenser la dynamisation du centre-ville de Ribérac, que deux zones commerciales ont vidé ». Les bâtiments vacants se voient comme le nez au milieu de la figure car, « en plus », insiste le candidat Platon, « les commerçants retraités n’habitent plus leur logement qui était souvent situé au-dessus de leur magasin ». Cette vacance… omniprésente est l’occasion d’une réflexion plus générale. « Aujourd’hui, l’argent public sert à minéraliser les centres-bourgs mais il n’y a pas grand-chose d’investi dans les commerces, dans la vie ». Et la solution de Nicolas Platon est de « s’inscrire avec les collectivités qui vont bien ». Sachant que « la commune n’est pas compétente en tout ». Il juge donc qu’ « il faudra expliquer l’intercommunalité, le Département, la Région ». D’autant qu’ « à Ribérac, tout se fait chichement sans tenir compte de l’autre ». Alors que son équipe « a déjà le Département, la Région ». La nécessité de ressusciter « un centre-ville moribond », qui repousse les habitations dans ses pourtours, implique conjointement que son programme intègre la question de la mobilité, qui, à son tour, s’emboîte avec une autre, celle de l’environnement. Au passage, le candidat Platon glisse qu’il entend « réaffirmer (l’) engagement de son équipe dans la charte zéro pesticide, qui va au-delà zéro herbicide » pour l’entretien des espaces verts communs.

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Les vertus de « l’esprit de proximité »

« J’ai l’esprit village et clocher. Aussi, je veux adopter une méthode participative de gestion ». Dans la même ligne, le candidat Platon croit aux vertus de l’ « esprit de proximité ». Ce qu’il exprime aussi par le projet de « remettre de la démocratie à la démocratie ». De quoi permettre d’assurer « une attribution équitable des subventions aux associations ». C’est qu’il se sent « assez peiné de voir que les associations qui viennent en aide aux plus démunis ne sont pas forcément aidées à Ribérac ». Au demeurant, cette « proximité » sert également un dessein symbolique -mais le symbole profite à la cohésion de la vie en commun. Et, des actions qui relèvent de ce registre, Nicolas Platon en a à son agenda. « Ma première action sera d’ajouter sur le monument commémoratif le nom d’une des premières femmes déportées pendant la Seconde guerre mondiale ».  Ainsi que, dans un registre moins grave, de faire en sorte qu’ « à chaque fois qu’un enfant naîtra, un arbre sera planté ». L’action numéro 2 programmée par le candidat Platon s’il est élu premier magistrat est « plus terre à terre » : entreprendre « la démolition du silo à grain, rempli d’amiante, à l’entrée de la ville ». En précisant que l’accord du Département est déjà « acquis ».

Écoles, cuisine centrale, abattoir au cœur du menu

« J’ai le projet d’un regroupement des écoles ». C’est, avec la redynamisation du centre-ville, une autre réalisation d’ampleur que Nicolas Platon met à son programme, qui y associe celui de « travailler avec l’intercommunalité pour le périscolaire ». Il y en a encore un troisième : faire en sorte d’ « optimiser la fonctionnement de la cuisine centrale » -et il promet qu’il « a plusieurs pistes ». La question de la compétitivité de l’abattoir se situe également au cœur des prévisions de réflexion du candidat Platon. « Si, après le rapport de la chambre régionale des comptes, on avait travaillé sur la transformation, il me semble qu’on aurait pu le rendre un peu plus compétitif ». Un sujet qui ferait « se battre davantage » le candidat socialiste que « les 20 M€ pour le contournement de Ribérac » (voir plus loin).

« Notre équipe ressemble aux Ribéracois » 

 « Oui, notre liste peut l’emporter ». Un premier motif donne à Nicolas Platon l’espoir de voir la victoire atteignable. « Notre liste ressemble aux Ribéracois ». Si la tête de la liste Ribérac, l’avenir avec vous est socialiste, il souligne que celle-ci réunit « les familles de gauche ». Pas de calcul derrière ce rassemblement. « Je n’ai pas demandé d’esprit partisan, ça s’est fait spontanément ». Bref, le candidat Platon revendique la formation sans effort d’une équipe « pluraliste »… à gauche.

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« Je ne suis pas en service commandé » 

« La campagne se fera à trois et se terminera à trois ». Pour appuyer ce pronostic, Nicolas Platon, qui estime qu’ « il ne faut pas se laisser bouffer par la politique », plante le paysage tel qu’il le voit, le « contexte », dit-il. « On a un maire sortant qui était arrivé avec l’envie farouche de ravir Ribérac à la gauche, puis qui a été abandonné par les siens ». Voilà pour la besace de son adversaire Patrice Favard. Son autre rival Philippe Chotard, lui, « a forcément été appelé » – là aussi, le sac commence à se remplir… même s’il semble qu’il y reste beaucoup de place. « Appelé » par celui qui, avec l’étiquette PS, a tenu les rênes de la mairie pendant trente ans, été président du conseil général de la Dordogne plus de 20 ans et qui est aujourd’hui sénateur, avec l’étiquette LREM, maintenant.

« Vers un mandat de sénateur » 

« J’ai du mal à croire que Philippe Chotard soit sans étiquette ». La charge de Nicolas Platon ne fait que commencer, comme quand un orage se prépare : le fracas se devine, même s’il est encore éloigné. Non seulement le candidat socialiste « imagine mal » Bernard Cazeau « engager un socialiste », mais il y a à ses yeux un autre signe qui ne trompe pas sur les accointances de son rival avec LREM. « Pour moi, Philippe Chotard s’inscrit dans les pas de Castaner : dans les communes de 9 000 habitants, on est sans étiquette… ». Nicolas Platon n’imagine pas une seconde qu’en cas de victoire, le rival auquel il adresse un feu nourri de reproches, puisse, au regard des « gros postes » qu’il a occupés, se contenter d’être maire. Nicolas Platon a d’ailleurs son idée sur ce qui motive le « retour » de Philippe Chotard à Ribérac : « prendre la suite du sénateur Bernard Cazeau ». Logique qu’ensuite, le candidat Platon change d’angle pour finaliser l’attaque. « On sous-estime peut-être le candidat sortant… ».

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« Je suis agacé par les contre-vérités de Philippe Chotard »

« Je suis très surpris d’entendre (Philippe Chotard) affirmer que toutes les acquisitions foncières sont faites pour le projet de déviation : ce n’est pas le cas ! ». Le candidat Platon est sûr que « cinq parcelles au maximum ont été acquises et qu’il en reste environ 70 à acquérir ». Alors, pour Nicolas Platon, « ou bien Philippe Chotard n’est pas indépendant » -de Bernard Cazeau, s’entend- comme il l’avance … « ou bien il est mal informé ». Il se trouve qu’en plus, « la question de l’intérêt de ce contournement de Ribérac mérite d’être posée avant d’engager 20 M€ a minima »… et à l’heure où Ribérac est « moribond ». Autrement dit, il est, selon lui, « antinomique » de vouloir à la fois la réalisation de la déviation et la dynamisation du centre-ville. Sachant que, conjointement, « on doit se demander si le tracé envisagé est opportun ». Comme avoir en tête que, si ce projet devait être mené à son terme, « ce ne serait pas pour l’année prochaine ». Ainsi que, peut-être et surtout, se souvenir d’une ultime question : « pourquoi Bernard Cazeau n’a pas réalisé cette déviation ? ».

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« Bienvenue ! »

« Nul n’est prophète en son pays, mais Philippe Chotard arrive… Bienvenue ! ». Nicolas Platon n’ignore bien sûr pas la rivalité qui oppose Bernard Cazeau à son successeur aux commandes de pilotage du Département Germinal Peiro, qui est donc aussi le nouveau boss du conseiller culture et éducation dans la vie professionnelle. Toutefois, il jure « ne pas être en service commandé ». Simplement, ajoute-t-il, « il y en a un qui me soutient, et pas l’autre ».

Prochain rendez-vous de la liste Ribérac, l’avenir avec vous : samedi 15 février 2020, à 9h30, devant la permanence de Nicolas Platon pour une déambulation dans Ribérac, sur l’itinéraire des thèmes du programme de campagne ; réunion publique jeudi 12 mars à 20h30 salle polyvalente André Malraux.



Catégories :municipales2020

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