Municipales : Philippe Chotard veut que Ribérac s’affranchisse d’une gestion municipale « clanique »

Philippe Chotard 2020

Philippe Chotard est candidat aux municipales à Ribérac, à la tête de la liste SE Agir pour Ribérac (© territoire-magazines).

Ribérac devrait être un des points chauds des municipales en Dordogne. Au dernier scrutin, la ville avait rompu avec la tradition, en tournant le dos au PS : c’est l’alors UMP Patrice Favard qui s’installait aux commandes. Le maire sortant repart. Il va trouver sur sa route deux concurrents, Philippe Chotard (SE) et Nicolas Platon (PS). Aujourd’hui, la parole est à Philippe Chotard, qui conduit la liste Agir pour Ribérac.

Intéressé par la « gestion locale » au lieu de la « politique locale »

« A mon retour à Ribérac, je me suis vite intéressé à la gestion locale -et non à la politique locale. C’est que j’ai vu le déclin de la ville… ». Philippe Chotard, que sa carrière professionnelle a emmené loin du Périgord, jure qu’il n’a jamais coupé le cordon avec Ribérac : 45 ans, voilà 45 ans qu’il y passe systématiquement son été. « J’ai toujours eu un attachement profond pour Ribérac ». À la retraite, celui qui a toujours servi les collectivités territoriales –« PS, PC, écolo »- a aspiré à se placer au centre du jeu : des dossiers, il en a portés des tas; il était logiquement bigrement tenté d’assumer la responsabilité de leur réalisation.

« Je ne suis pas en service commandé »

« J’ai réfléchi à mon engagement au printemps dernier. Et je suis allé voir Bernard Cazeau à sa permanence ». Philippe Chotard assure qu’avec le sénateur LREM, qui a été trente ans le premier magistrat de Ribérac, il avait « perdu le contact depuis quelques années ». En tout état de cause, celui-ci a été renoué. Aujourd’hui Philippe Chotard est candidat, et Bernard Cazeau est derrière lui. Ce dernier ne lui a donné « aucune instruction ». Ni sur sa liste, ni sur sa campagne. Bref, que les choses soient claires. « Je ne suis pas service commandéBernard Cazeau n’est pas venu me chercher ». Et pour ceux qui en douteraient encore, l’ex sous-préfet puis surtout secrétaire général de collectivités rappelle que, si, sa liste Agir pour Ribérac n’est pas apolitique puisqu’elle réunit des gens de la gauche et de la droite républicaines, il n’a pas réclamé l’investiture LREM. Au demeurant, Philippe Chotard insiste : il ne se présente ni contre Patrice Favard, ni contre Nicolas Platon. Non, lui, il court pour l’ensemble des Ribéracois.

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Stop aux querelles de personnes

« A Ribérac, même si le cas n’est pas unique, on souffre d’une opposition systématiquement partisane. Il y a beaucoup de querelles de personnes. Je trouve cet état d’esprit clanique détestable ». Pire, l’affaire paraît « totalement pernicieuse » au candidat Chotard quand « il existe ici beaucoup de difficultés sociales ». D’autant que ladite affaire aurait tourné à la sale manie. « Depuis une vingtaine d’années, la gestion municipale entretient les oppositions ». En allant frapper aux portes des habitants pendant cette campagne, Philippe Chotard a le sentiment que ceux-ci « veulent une équipe municipale qui reflète la diversité ». Or, précisément, en étant « déconnectée des appareils politiques », la liste Agir pour Ribérac qu’il conduit « rencontre un bon accueil ».

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« Il faut sortir Ribérac de son splendide isolement »

« Agir pour Ribérac, ça veut dire sortir d’une phase de déclin, essayer de redonner de la confiance ». Avec son équipe, Philippe Chotard a défini des priorités, parmi lesquelles le développement des emplois arrive en premier. Certes, les collectivités n’en créent pas directement, mais elles sont en mesure de « favoriser leur possibilité ». Le candidat Chotard a déjà rencontré des chefs d’entreprise locaux. S’il se félicite qu’ils se soient « mis en réseau » pour se serrer les coudes, il déplore qu’ils l’aient fait « seuls ». La revalorisation du centre-ville est une autre priorité parmi les priorités de la liste Agir pour Ribérac. Il n’y a qu’à penser à la liste des commerces fermés, longue comme un jour sans pain, pour s’en convaincre. « Il faut redonner à Ribérac son statut de ville-centre du Ribéracois, il faut sortir Ribérac de son splendide isolement ». Pour cela, il faut « travailler avec la communauté de communes – ce que l’équipe en place ne fait pas aujourd’hui ». À cet effet, Philippe Chotard rafraichît les mémoires : les élections municipales sont aussi les élections à l’intercommunalité. Ce n’est pas tout : il serait également temps de se rapprocher de nouveau des échelons supérieurs -le Département, la Région.

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Nécessité absolue d’une déviation et d’un allègement de la fiscalité locale

« La réalisation de la déviation de Ribérac est impérative ». Autant dire que les propositions de la liste de Philippe Chotard se disputent le caractère d’urgence. « Tout le trafic poids-lourds passe devant les écoles et l’EHPAD ! ». En outre, le candidat souligne qu’il n’y a plus qu’à plaider l’absolue nécessité d’un projet de mise en sécurité de la population auprès du Département puisque « Bernard Cazeau a veillé à réaliser les acquisitions foncières ». Par ailleurs, comment peut-on laisser la fiscalité locale en l’état ? « En début de mandat, Patrice Favard s’est penché sur le sujet… ». À entendre Philippe Chotard, le maire sortant aurait manqué de persévérance… Pourtant, le niveau des taux des impôts fonciers -su le bâti, sur le non bâti- serait assez dissuasif pour priver Ribérac de l’installation de nouveaux arrivants, malgré des prix de vente peu élevés. De surcroît, ce niveau fiscal surdimensionné pèserait trop lourd sur les comptes des entreprises en place.

Des investissements pour regagner de la confiance

« Je ne fais de procès à personne ». Reste que Philippe Chotard entend revoir la gestion financière de la Ville. La passation des marchés retiendrait alors son attention. « Il faut des investissements qui redonnent confiance ». Et il en est un qui, même s’il concerne aujourd’hui un équipement utilisé deux fois l’an, « a du sens » : la piscine. Le candidat rappelle qu’elle est communautaire et qu’elle sert donc officiellement à 44 communes. Envisager un bassin couvert permettrait d’éviter d’être obligé de gagner Périgueux ou Saint-Astier pour se baigner.

« Mon équipe veut être absolument irréprochable »

« Il faut davantage faire participer les citoyens ». La tête de liste de Agir pour Ribérac tient conjointement à s’attaquer au mode de gouvernance de la Ville. Avec son équipe, il a d’ailleurs préparé des questions qu’il soumet aux habitants sur le site web de la liste pour ajuster son programme. « J’entends la perception d’une inégalité de traitement des associations. Je pense qu’il existe des considérations partisanes et personnelles pour définir le montant de leurs subventions ». C’est dire que Philippe Chotard s’est renseigné… mais aussi qu’il préfère qu’on se contente de savoir qu’il est sûr de ce qu’il avance -jouer les déplaisants, non merci. Il se dit aussi « favorable à signer les 30 propositions d’Anticor ». L’association la tend en effet aux candidats au scrutin 2020. « Dans mon équipe, nous avons envie d’être les plus irréprochables »… et de faire savoir cette forte inclination pour la transparence.

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La chambre régionale des comptes va-t-elle publier son analyse de la gestion de Ribérac ?

« Avoir connaissance du rapport de la chambre régionale des comptes sur la gestion de Ribérac ne nous gênerait pas, ça pourrait même nous aider ». Le temps de la phase contradictoire doit expirer autour de début février. Reste à savoir si les magistrats s’autoriseront à publier leurs conclusions définitives à une encablure du scrutin. La loi ne prévoit en tout cas rien sur la gestion de leur calendrier.

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 La guerre des chefs va-t-elle s’inviter ?

« Au deuxième tour, si l’on peut se retrouver sur des éléments de programme et de méthode -sur les mêmes valeurs républicaines bien sûr- avec l’objectif de travailler sur les 6 ans en toute transparence… ». À ces seules conditions, Philippe Chotard n’exclut pas d’alliance dans la dernière ligne droite. Reste à savoir si, derrière sa candidature et celle du PS Nicolas Platon, la guerre des chefs le permettrait : depuis le congrès des maires 2019, l’inimitié du sénateur Bernard Cazeau, ex président du conseil général de la Dordogne (et passé du PS à LREM) avec son successeur PS au Département Germinal Peiro est connue de tous les Périgourdins. Par-dessus le marché, c’est un clash portant sur la déviation de Beynac qui l’a rendue fameuse. Quand celle de Ribérac s’invite dans les discussions de la campagne .

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Prochaine réunion publique de la liste Agir pour Ribérac : jeudi 16 janvier à 18h30 à l’espace André Malraux (salle polyvalente) – thèmes au programme : éducation, sports, vie associative.



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