Philippe d’Eaubonne : « la traversée de Beynac ne nécessitait pas un investissement de plus de 40 M€ »

le président de l'ASVD Philippe d'Eaubonne

Le président de l’association Sauvons la Vallée de la Dordogne (ASVD) Philippe d’Eaubonne, un des chefs de file de l’opposition au projet de contournement de Beynac, a diffusé samedi 23 novembre 2019, un communiqué (daté de mercredi 20). Il y estime en substance qu’à une encablure de l’audience de la cour d’appel administrative de Bordeaux, qui devra se prononcer au fond sur le bien-fondé de ce projet de déviation de Beynac (mardi 26 novembre 2019), « il est temps de faire le point » sur ce que la Dordogne vit « depuis quelques semaines et d’essayer d’y voir clair ».

« Faire le point ». C’est la vocation du communiqué qu’a diffusé samedi 23 novembre 2019 le président de l’association Sauvons la Vallée de la Dordogne Philippe d’Eaubonne, opposant patenté au projet de contournement de Beynac. Le « rassemblement citoyen » auquel avait appelé le Département samedi 16 novembre sur les allées Tourny de Périgueux en faveur au contraire du projet de déviation de Beynac est apparu aux opposants le point d’orgue d’une campagne qui relève du genre électoral. Pour Philippe d’Eaubonne, le président du Département Germinal Peiro est le chef d’orchestre de celle-ci.

Le président de l’ASVD est à tout le moins las d’entendre le président Peiro assimiler publiquement les opposants à ce que l’on appelle en Dordogne « la déviation de Beynac » à « une poignée » d’individus qui font valoir des « intérêts particuliers » aux dépends de « l’intérêt des Périgourdins ». Et de fustiger le « refrain politique » de l’élu à la tête du Département, qui revient à dire que « TOUTES les instances ministérielles ont donné leur accord, que tous les maires sont d’accord, y compris celui de Sarlat, que Beynac est l’exemple parfait de la ruralité en mal d’autonomie ». Le président Peiro oublierait  « volontairement » de livrer « des détails sur les fameuses commissions qui représenteraient les ministères évoqués ».

D’autant que, poursuit le communiqué, cette « saturation » médiatique inédite aurait « des effets inversement proportionnels à l’effet escompté ». Avant de contester les chiffres des mobilisations pro-déviation de Beynac avancés par le président de la collectivité. Au pont du Pech, l’ASVD a compté 1 080 personnes (avec une marge d’erreur de plus ou moins 100), quand M. Peiro en évoque 3 000. A Périgueux, les allées de Tourny n’auraient pas réuni plus de 300 manifestants « maximum », quand le président du Département en a dénombré un millier.

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Germinal Peiro « exagère volontairement l’avancement du chantier pour imposer son choix, il exagère les montants de remise en état afin de faire une fois encore porter la responsabilité de ses actes par les opposants, qui voulaient seulement lui demander de respecter la loi et la procédure de droit. Il a commencé (les travaux) avant la fin des recours ». Sans surprise, la conclusion tombe : le président Peiro « porte la responsabilité de ce gaspillage d’argent public ».

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L’intitulé de la mobilisation du 16 novembre (la défense du projet de déviation et celle de la ruralité) sonne comme une ultime provocation aux oreilles de l’ASVD. « La ruralité n’a rien à voir avec la déviation de Beynac ». Philippe d’Eaubonne revient alors sur l’ « organisation de bouchons » quand les travaux réalisés dans le bourg de Beynac ont, insiste-t-il, grandement normalisé la circulation. « En aucun cas », la traversée du village médiéval « ne nécessitait un investissement de plus de 40M € sur des fonds publics départementaux ». Simplement parce que c’est « détruire l’environnement et le patrimoine historique et culturel de cette partie de la Dordogne ».

Et « l’opposition s’insurge » encore de se voir ramenée à « une poignée de personnes ». Le président de l’ASVD fait, lui, état de « milliers de soutiens reçus » et pointe les positions « extrêmement critiques » prises par des ministres et l’UNESCO.

Cette opposition au contournement de Beynac « reste ferme dans sa volonté de faire respecter le droit, la justice, les certifications, les traités ». Et « dénonce avec force un montage qui s’est réalisé depuis des dizaines d’années pour qu’enfin une déviation vienne faire mourir le village de Beynac pour une querelle de clochers ». L’affaire reviendrait, poursuit le communiqué, à une idée ancienne qui voudrait « faire de la commune de Vezac un centre européen avec une colonne occitane ». Le président d’Eaubonne a ainsi exhumé un papier de l’Essor sarladais qui évoque cet édifice.

Enfin, le communiqué reproche au président du Département de la Dordogne de « distiller un esprit populiste, en accusant pêle-mêle les châtelains, les étrangers, les habitants de la vallée de tous les maux, alors que ceux-ci ont développé le tourisme, qui a lui-même développé l’économie », en créant des emplois, du travail.

Non, décidément, il n’y a pas de place pour des « politiques de grandeur » dans un territoire aussi attentif à son histoire et à son environnement, conclut en résumé Philippe d’Eaubonne. En revanche, « il est grand temps de s’asseoir autour d’une table, d’envisager un département accueillant et harmonieux, où l’économie sera partout prospère ». Aussi, le président de l’ASVD exhorte-t-il à ce qu’ « on attende le jugement » que rendra la cour administrative d’appel de Bordeaux, tout en formulant un vœu : « que la Dordogne retrouve son calme après l’orage ».



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